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Michée 4

MAIS dans les derniers temps, la montagne sur laquelle se bâtira la maison du Seigneur, sera fondée sur le haut des monts, et s’élèvera au-dessus des collines : les peuples y accourront ;

et les nations se hâteront d’y venir en foule, en disant : Allons à la montagne du Seigneur, et à la maison du Dieu de Jacob : il nous enseignera ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers ; parce que la loi sortira de Sion, et la parole du Seigneur, de Jérusalem.

Il exercera son jugement sur plusieurs peuples, et il châtiera des nations puissantes jusqu’aux pays les plus éloignés : ils feront de leurs épées des socs de charrue ; et de leurs lances, des instruments pour remuer la terre : un peuple ne tirera plus l’épée contre un autre peuple, et ils ne s’exerceront plus à combattre l’un contre l’autre.

Commentaire (versets 1 à 3) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 1 à 3 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

La prophétie contenue dans ces trois versets se lit dans Isaïe (voir Isaïe, 2, 2-4), où nous en avons donné le sens.

Chacun se reposera sous sa vigne et sous son figuier, sans avoir aucun ennemi à craindre : c’est ce que le Seigneur des armées a dit de sa bouche.

Que chaque peuple marche sous la protection de son dieu : mais pour nous, nous marcherons sous la protection du Seigneur, notre Dieu, jusque dans l’éternité et au delà de tous les temps.

En ce jour-là, dit le Seigneur, je rassemblerai celle qui était boiteuse, et je réunirai celle que j’avais chassée et affligée.

Je réserverai les restes de celle qui était boiteuse, et je formerai un peuple puissant de celle qui avait été si affligée : et le Seigneur régnera sur eux dans la montagne de Sion, depuis ce temps jusque dans l’éternité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Sophonie, 3, 19 ; Daniel, 7, 14 ; Luc, 1, 32. ― Des restes ; c’est-à-dire, une prospérité.

Et vous, tour du troupeau, fille de Sion, environnée de nuages, le Seigneur viendra jusqu’à vous : vous posséderez la puissance souveraine, l’empire de la fille de Jérusalem.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tour du troupeau ; c’est, selon la plupart des interprètes, Jérusalem, ordinairement appelée fille de Sion, parce qu’elle était au pied et autour de cette montagne ; et selon les mêmes autorités le nom de tour du troupeau lui est donné ici, parce qu’on la considère comme ruinée par les Chaldéens et réduite à l’état des huttes de bergers, que l’Ecriture nous représente comme les plus chétives habitations (voir 4 Rois, 17, 9 ; 18, 8). ― Fille de Sion. Voir, sur cette expression, Isaïe, 1, 8.

Pourquoi donc êtes-vous maintenant si affligée ? Est-ce que vous n’avez point de roi, ni de conseiller, que vous êtes ainsi dans la douleur, comme une femme qui est en travail ?

Mais affligez-vous, et tourmentez-vous, ô fille de Sion ! comme une femme qui enfante ; parce que vous sortirez maintenant de votre ville, vous habiterez dans un pays étranger, et vous viendrez jusqu’à Babylone : c’est là que vous serez délivrée, et que le Seigneur vous rachètera de la main de vos ennemis.

Plusieurs peuples se sont maintenant assemblés contre vous, qui disent de sion : Qu’elle soit lapidée, et que nos yeux se repaissent de son malheur.

Mais ils n’ont pas connu quelles sont les pensées du Seigneur : ils n’ont pas compris que son dessein était de les assembler comme on amasse la paille dans l’aire.

Levez-vous, fille de sion, et foulez la paille : car je vous donnerai une corne de fer, je vous donnerai des ongles d’airain, et vous briserez plusieurs peuples ; vous immolerez au Seigneur ce qu’ils ont ravi aux autres, et vous consacrerez au Dieu de toute la terre ce qu’ils ont de plus précieux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je te poserai une corne de fer, etc. Je te rendrai forte comme un taureau qui aurait des cornes de fer et un sabot d’airain.