Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Daniel 5
Le roi Baltassar fit un grand festin à mille des principaux de sa cour, et chacun buvait selon son âge.
Le roi étant donc déjà plein de vin, commanda qu'on apportât les vases d'or et d'argent que son père Nabuchodonosor avait emportés du temple de Jérusalem, afin que le roi bût dedans avec ses femmes, ses concubines, et les grands de sa cour.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nabuchodonosor son père. Baltassar est regardé comme le fils de Nabuchodonosor, soit qu’il descendit de lui par les femmes, soit qu’il fut simplement considéré comme son successeur dans le gouvernement.
On apporta donc aussitôt les vases d'or et d'argent qui avaient été transportés du temple de Jérusalem, et le roi but dedans avec ses femmes, ses concubines, et les grands de sa cour.
Ils buvaient du vin, et ils louaient leurs dieux d'or et d'argent, d'airain et de fer, de bois et de pierre.
Au même moment on vit paroître des doigts, et comme la main d'un homme qui écrivait près du chandelier sur la muraille de la salle du roi ; et le roi voyait le mouvement des doigts de le main qui écrivait,
Alors le visage du roi s'altéra, son esprit fut saisi d'un grand trouble, ses reins se relâchèrent, et dans son tremblement ses genoux se choquaient l'un l'autre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les jointures de ses reins ; c’est-à-dire de ses lombes ; car les reins proprement dits n’ont ni jointures ni articulations.
Le roi jeta donc un grand cri, et ordonna qu'on fit venir les mages, les Chaldéens et les augures ; et le roi dit aux sages de Babylone : Quiconque lira cette écriture, et me l'interprétera, sera revêtu de pourpre, aura un collier d'or au cou, et sera la troisième personne de mon royaume.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sera le troisième dans mon royaume. Baltassar ne peut donner à l’interprète de l’écriture mystérieuse que le troisième rang dans le royaume, parce qu’il n’occupe lui-même que le second, étant simplement associé au trône. ― Le texte original porte dans le royaume, et non dans mon royaume, parce que ce n’était pas le royaume de Baltassar, mais celui de son père.
Mais tous les sages du roi étant venus devant lui ne purent ni lire cette écriture, ni lui en donner l'interprétation ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils ne purent lire, etc. Voir le verset 25.
Ce qui redoubla encore le trouble du roi Baltassar ; son visage en fut tout changé ; et les grands de sa cour en furent épouvantés comme lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Extrêmement ; c’est le vrai sens du latin satis expliqué par le chaldéen.
Mais la reine, touchée de ce qui était arrivé au roi, et aux grands qui étaient près de lui, entra dans la salle du festin, et lui dit : O roi, vivez à jamais ! que vos pensées ne vous troublent point, et que votre visage ne s'altère point !
Il y a dans votre royaume un homme qui a en lui-même l'esprit des dieux saints, en qui on a trouvé plus de science et de sagesse qu'en aucun autre sous le règne de votre père c'est pourquoi le roi Nabuchodonosor, votre père, l'établit chef des mages, des enchanteurs, des Chaldéens et des augures : votre père, dis-je, ô roi, l'établit au-dessus d'eux tous ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De votre père ; c’est-à-dire de votre grand-père (voir verset 1).
Parce qu'on reconnut que cet homme appelé Daniel, à qui le roi donna le nom de Baltassar, avait reçu une plus grande étendue d'esprit qu'aucun autre, plus de prudence et d'intelligence pour interpréter les songes, découvrir les secrets, et expliquer les choses les plus obscures et les plus embarrassées. Qu'on fasse donc maintenant venir Daniel, et il interprétera cette écriture.
Aussitôt on fit venir Daniel devant le roi ; et le roi lui dit : Etes-vous Daniel, l'un des captifs des enfants de Juda, que le roi, mon père, avait emmenés de Judée ?
On m'a dit de vous que vous avez l’esprit des dieux, et qu'il s'est trouvé en vous plus de science, d'intelligence et de sagesse qu'en aucun autre.
Je viens de faire venir devant moi les sages et les mages pour lire cette écriture, et m'en donner l'interprétation, et ils n'ont pu me dire ce que ces lettres signifient.
Mais pour vous, on m'a rapporté que vous pouvez expliquer les choses les plus obscures, et développer les plus embarrassées ; si donc vous pouvez donc lire cette écriture, et m'en donner l'interprétation, vous serez vêtu de pourpre, vous porterez au cou un collier d'or, et vous serez le troisième d'entre les princes de mon royaume.
Daniel répondit à ces paroles du roi, et lui dit : Que vos présents, ô roi, soient pour vous, et faites part à un autre des honneurs de votre maison ; je ne laisserai pas de vous lire cette écriture, et de vous dire ce qu'elle signifie.
Le Dieu très-haut, ô roi, donna à Nabuchodonosor, votre père, le royaume, la grandeur, la gloire et l'honneur ;
Et à cause de cette grande puissance que Dieu lui avait donnée, tous les peuples et toutes les nations, de quelque langue qu’elles fussent, le respectaient et tremblaient devant lui : il faisait mourir ceux qu’il voulait, il détruisait ceux qu’il lui plaisait, il élevait ou il abaissait les uns ou les autres, selon sa volonté.
Mais après que son cœur se fut élevé, et que son esprit se fut affermi dans son orgueil, il fut chassé du trône, il perdit son royaume, et sa gloire lui fut ôtée ;
Il fut retranché de la société des enfants des hommes ; son cœur devint semblable à celui des bêtes, il demeura avec les ânes sauvages ; et il mangea l’herbe des champs, comme un bœuf, et son corps fut trempé de la rosée du ciel, jusqu’à ce qu’il reconnût que le Très-Haut a un souverain pouvoir sur les royaumes des hommes, et qu’il établit sur le trône qui il lui plaît.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Daniel, 4, 22. ― Fils des hommes ; expression poétique, pour hommes. ― Avec les onagres dans les lieux sauvages. Sur les onagres, voir Job, 39, 5.
Et vous, Baltassar, qui êtes son fils, vous-même n’avez point humilié votre cœur, quoique vous sussiez toutes ces choses ;
Mais vous vous êtes élevé contre le Dominateur du ciel ; vous avez fait apporter devant vous les vases de sa maison sainte, et vous avez bu dedans, vous, vos femmes et vos concubines, avec les grands de votre cour ; vous avez loué en même temps vos dieux d’argent et d’or, d’airain et de fer, de bois et de pierre, qui ne voient point, qui n’entendent point, et qui ne sentent point ; et vous n’avez point rendu gloire au Dieu qui tient dans sa main votre âme et tous les moments de votre vie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre souffle vital, votre vie, votre âme.
C’est pourquoi Dieu a envoyé les doigts de cette main qui a écrit ce qui est marqué sur la muraille.
Or voici ce qui est écrit : MANÉ, THECEL, PHARÈS.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mané, etc. Les sages du roi n’ont pu lire ces mots (voir verset 8), soit parce qu’ils pouvaient être en un caractère inconnu dans le pays, tel que l’hébreu ancien, le phénicien, le samaritain, soit parce qu’étant dépourvus de voyelles, isolés et sans suite, la lecture et par là même l’interprétation en devenaient tout naturellement impossibles ; soit enfin parce qu’ils étaient simplement exprimés par leurs lettres initiales ; hypothèse qui n’a rien d’invraisemblable, et qui exprimerait parfaitement l’embarras des sages du roi.
Et en voici l’interprétation : MANÉ, Dieu a compté les jours de votre règne, et il en a marqué l’accomplissement.
THECEL, vous avez été pesé dans la balance, et on vous a trouvé trop léger.
PHARÈS, votre royaume a été divisé, et il a été donné aux Mèdes et aux Perses.
Alors Daniel fut vêtu de pourpre par l’ordre du roi ; on lui mit au cou un collier d’or, et on fit publier qu’il aurait la puissance dans le royaume, comme en étant la troisième personne.
Cette même nuit, Baltassar, roi des Chaldéens, fut tué.
Darius, qui était Mède, lui succéda au royaume, étant âgé de soixante et deux ans.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Darius le Mède ; selon bien des savants, le même que les historiens grecs appellent Cyaxare II, fils d’Astyage ; mais ni l’histoire ni la critique ne fournissent des preuves suffisantes de cette identité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Baltassar, selon l’opinion la plus probable, est le fils du dernier roi de Babylone, Nabonide ; du moins Nabonide, dans ses inscriptions, nous apprend qu’il avait un fils appelé Baltassar. Ce dernier n’était pas roi, mais il en exerçait le pouvoir, parce que son père paraît l’avoir associé au gouvernement et l’avoir chargé de la défense de Babylone, d’où il était absent, quand Cyrus s’en empara.