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Cantique des cantiques 5
QUE mon bien-aimé vienne dans son jardin, et qu’il mange du fruit de ses arbres. Je suis venu dans mon jardin, ma sœur, mon épouse : j’ai recueilli ma myrrhe avec mes parfums ; j’ai mangé le rayon avec mon miel ; j’ai bu mon vin avec mon lait. Mangez, mes amis, et buvez ; enivrez-vous, vous qui êtes mes très-chers amis.
Je dors, et mon cœur veille : j’entends la voix de mon bien-aimé qui frappe à ma porte, disant : Ouvrez-moi, ma sœur, ma bien-aimée, ma colombe, vous qui êtes mon épouse sans tache ; parce que ma tête est toute chargée de la rosée du soir, et mes cheveux des gouttes d’eau qui tombent pendant la nuit.
Je me suis dépouillée de ma robe ; comment la revêtirai-je ? J’ai lavé mes pieds ; comment pourrai-je les salir de nouveau ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai lavé mes pieds. Comme les Orientaux portent ordinairement des sandales, ils se lavent souvent les pieds pour en enlever la poussière.
Mon bien-aimé passa sa main par l’ouverture de la porte, et mes entrailles furent émues au bruit qu’il fit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par le trou de la porte, pour l’ouvrir.
Je me levai alors pour ouvrir à mon bien-aimé : mes mains étaient toutes dégouttantes de myrrhe, et mes doigts étaient pleins de la myrrhe la plus précieuse.
J’ouvris ma porte à mon bien-aimé, en ayant tiré le verrou ; mais il s’en était déjà allé, et il avait passé ailleurs. Mon âme s’était comme fondue au son de sa voix : je le cherchai, et je ne le trouvai point ; je l’appelai, et il ne me répondit point.
Les gardes qui font la ronde par la ville, m’ont rencontrée : ils m’ont frappée et blessée. Ceux qui gardent les murailles, m’ont ôté mon manteau.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mon manteau. Le manteau des femmes orientales, qui leur sert en même temps de voiles, les couvre complètement.
Je vous conjure, ô filles de Jérusalem ! si vous trouvez mon bien-aimé, de lui dire, que je languis d’amour.
Quel est celui que vous appelez votre bien-aimé entre tous les bien-aimés, ô la plus belle d’entre les femmes ? Quel est votre bien-aimé entre tous les autres, au sujet duquel vous nous avez conjurées de cette sorte ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu’est-ce, etc. ; littéralement : Quel est ton bien-aimé en dehors d’un bien-aimé ? A quel signe pourrons-nous le reconnaître pour ton bien-aimé particulier ?
Mon bien-aimé éclate par sa blancheur et par sa rougeur : il est choisi entre mille.
Sa tête est comme un or très-pur ; ses cheveux sont comme les jeunes rameaux des palmiers, et ils sont noirs comme un corbeau.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme les jeunes pousses de palmiers, qui sont toutes au haut de l’arbre et y forment une couronne.
Ses yeux sont comme les colombes qu’on voit auprès des ruisseaux, qui ont été comme lavées dans du lait, et qui se tiennent sur le bord d’un grand courant d’eaux.
Ses joues sont comme de petits parterres de plantes aromatiques, qui ont été plantées par les parfumeurs ; ses lèvres sont comme des lis qui distillent la myrrhe la plus pure.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La première myrrhe ; c’est-à-dire la meilleure, la plus pure.
Ses mains sont comme si elles étaient d’or et faites au tour, et elles sont pleines d’hyacinthes ; sa poitrine est comme d’un ivoire enrichi de saphirs.
Ses jambes sont comme des colonnes de marbre posées sur des bases d’or. Sa figure est comme celle du mont Liban, et il se distingue entre les autres, comme les cèdres parmi tous les arbres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Distingué comme les cèdres ; parmi tous les autres arbres.
Le son de sa voix a une admirable douceur ; et enfin il est tout aimable. Tel est donc mon bien-aimé, tel est celui que j’aime, ô filles de Jérusalem !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son gosier ; c’est-à-dire, le son de sa voix, sa parole.
Où est allée votre bien-aimé, ô la plus belle d’entre les femmes ? Où s’est retiré votre bien-aimé ? et nous irons le chercher avec vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Enivrez-vous (inebriamini). Dans ce passage, comme dans plusieurs autres, le verbe inebriare ne signifie pas boire au point de troubler le cerveau, il veut dire seulement boire autant que la soif et la nécessité le demandent, ou bien encore faire grande chère, se réjouir.