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Cantique des cantiques 2

JE suis la fleur des champs, et je suis le lis des vallées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La plupart des Pères attribuent les paroles contenues dans le verset à l’Epoux et non à l’Epouse ; le verset suivant, qui se lie parfaitement à celui-ci, nous a semblé démontrer que ce sentiment est le véritable.

Tel qu’est le lis entre les épines, telle est ma bien-aimée entre les filles.

Tel qu’est un pommier entre les arbres des forêts, tel est mon bien-aimé entre les enfants des hommes. Je me suis reposée sous l’ombre de celui que j’avais tant désiré, et son fruit est doux à ma bouche.

Il m’a fait entrer dans le cellier où il met son vin ; il a mis dans moi son amitié.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans son cellier. Voir Cantique, 1, 3. ― Il a réglé (ordinavit) en moi la charité ; c’est-à-dire comme l’exprime saint Thomas d’Aquin, il a mis en moi un amour bien réglé, en sorte que je ne m’aimasse moi-même, et que je n’aimasse le prochain que pour Dieu, et que j’aimasse Dieu lui-même par-dessus toutes choses.

Soutenez-moi avec des fleurs, fortifiez-moi avec des fruits ; parce que je languis d’amour.

Il met sa main gauche sur ma tête, et il m’embrasse de sa main droite.

Filles de Jérusalem, je vous conjure par les chevreuils et par les cerfs de la campagne, de ne point réveiller celle qui est la bien-aimée de mon âme, et de ne la point tirer de son repos, jusqu’à ce qu’elle le veuille.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je vous conjure, etc. L’Epoux, sortant de grand matin de la chambre de son épouse, la laisse endormie, et conjure qu’on ne le l’éveille pas. ― Par les chevreuils et les cerfs. Ces animaux sont l’image de tout ce qui est beau et gracieux.

J’entends la voix de mon bien-aimé : le voici qui vient, sautant sur les montagnes, passant par-dessus les collines.

Mon bien-aimé est semblable à un chevreuil, et à un faon de biche. Le voici qui se tient derrière notre mur, qui regarde par les fenêtres, qui jette sa vue au travers des barreaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au travers des barreaux. Voir Proverbes, note 7.6.

Voilà mon bien-aimé qui me parle et qui me dit : Levez-vous, hâtez-vous, ma bien-aimée, ma colombe, mon unique beauté, et venez.

Car l’hiver est déjà passé, les pluies se sont dissipées, et ont cessé entièrement.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’hiver est passé, la pluie est partie. Les pluies cessent ordinairement en mars en Palestine et leur cessation marque la fin de l’hiver.

Les fleurs paraissent sur notre terre ; le temps de tailler la vigne est venu ; la voix de la tourterelle s’est fait entendre dans notre terre ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les fleurs ont paru sur notre terre. En mars, la Palestine est un tapis de fleurs. ― La voix de la tourterelle a été entendue dans notre terre. Les tourterelles sont dans la Terre Sainte des oiseaux de passage qui y reviennent au printemps : leur voix annonce le retour de cette saison agréable entre toutes, car elles arrivent les premières parmi les oiseaux de passage et se font entendre partout et sans cesse.

le figuier a commencé à pousser ses premières figues ; les vignes sont en fleur, et elles répandent leur agréable odeur. Levez-vous, ma bien-aimée, mon unique beauté, et venez :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses figues vertes, les premières figues. Le figuier en Palestine produit deux ou même trois récoltes, en juin, en août et à l’entrée de l’hiver. Dès que l’hiver finit, les premières figues commencent à pousser sur l’arbre.

vous qui êtes ma colombe, vous qui vous retirez dans les creux de la pierre, dans les enfoncements de la muraille : montrez-moi votre visage ; que votre voix se fasse entendre à mes oreilles : car votre voix est douce, et votre visage est agréable.

Prenez-nous les petits renards qui détruisent les vignes : car notre vigne est en fleur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les petits renards, proprement les chacals. Ces animaux font de grands ravages dans les vignes.

Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui, et il se nourrit parmi les lis,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui se repaît parmi les lis ; qui répand une odeur aussi agréable que s’il était nourri de lis, et que s’il avait passé la nuit parmi les fleurs les plus odorantes. Ce membre de phrase est détaché de ce qui précède et de ce qui suit ; voilà pourquoi nous l’avons mis entre parenthèses.