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Cantique des cantiques 6

MON bien-aimé est descendu dans son jardin, dans le parterre des plantes aromatiques, pour se nourrir dans ses jardins, et pour y cueillir des lis.

Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi, lui qui se nourrit parmi les lis.

Vous êtes belle, ô ma bien-aimée ! et pleine de douceur ; vous êtes belle comme Jérusalem, et terrible comme une armée rangée en bataille.

Détournez vos yeux de moi : car ce sont eux qui m’ont obligé de me retirer promptement. Vos cheveux sont comme un troupeau de chèvres, qui se sont fait voir venant de la montagne de Galaad.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tes cheveux, etc. Comparer à Cantique, 4, 1.

Vos dents sont comme un troupeau de brebis qui sont montées du lavoir, et qui portent toutes un double fruit, sans qu’il y en ait de stériles parmi elles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tes dents, etc. Comparer à Cantique, 4, 2.

Vos joues sont comme l’écorce d’une pomme de grenade, sans ce qui est caché au dedans de vous.

Il y a soixante reines, et quatre-vingts femmes du second rang, et les jeunes filles sont sans nombre.

Mais une seule est ma colombe, et ma parfaite amie : elle est unique à sa mère, et choisie préférablement par celle qui lui a donné la vie. Les filles l’ont vue, et elles ont publié qu’elle est très-heureuse ; les reines et les autres femmes l’ont vue, et lui ont donné des louanges.

Quelle est celle-ci, ont-elles dit, qui s’avance comme l’aurore lorsqu’elle se lève, qui est belle comme la lune, et éclatante comme le soleil, et qui est terrible comme une armée rangée en bataille ?

Je suis descendue dans le jardin des noyers, pour voir les fruits des vallées, pour considérer si la vigne avait fleuri, et si les pommes de grenade avaient poussé.

Je n’ai plus su où j’étais : mon âme a été toute troublée dans moi à cause des chariots d’Aminadab.

Commentaire (versets 10 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 10 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Si c’est l’Epoux qui parle dans ces deux versets, nous pensons qu’ils doivent s’expliquer ainsi : Bien que je sois descendu dans le jardin des noyers, afin de voir les fruits des vallées, c’est-à-dire si la vigne avait fleuri et si les grenades avaient germé, je n’ai pu m’en assurer, parce que j’ai été troublé par la rapidité avec laquelle m’entrainaient les quadriges du cocher Aminadab. Si c’est l’Epouse qui parle, rien ne s’oppose à cette même explication. Enfin, si on ne met que les paroles du verset 10 dans la bouche de l’Epouse, et qu’on attribue à l’Epoux celles du verset 11, le nescivi ou je n’ai pas su signifiera : Je ne me suis pas aperçu que tu fusses descendue dans le jardin, parce que j’ai été troublé par la rapidité, etc. ― Aminadab ; au lieu de ce mot qui se lit dans la Vulgate et les Septante, l’hébreu porte hammi nâdî, c’est-à-dire mon peuple, spontané ou prompt, noble, généreux, chef, prince, qui pourrait bien être un nom propre synonyme de Hamminâdâb, qui se trouve lui-même comme nom propre dans plusieurs endroits du texte sacré. Cependant quelques anciennes versions grecques portent : peuple, conducteur, chef.

Revenez, revenez, ô Sulamite ! revenez, revenez ; afin que nous vous considérions.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sulamite, la pacifique, nom correspondant à Salomon, qui signifie le pacifique.