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Tobie 5

Alors Tobie répondit à son père, et lui dit : Mon père, je ferai tout ce que vous m’avez commandé.

Mais je ne sais comment je pourrai retirer cet argent. Gabélus ne me connait point, et je ne le connais point aussi : comment me ferai-je connaître à lui ? Je ne sais pas même le chemin par où l’on peut aller en ce pays là.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quelle marque, etc. ; pour me faire connaître à lui.

Alors son père lui répondit : J’ai son obligation entre les mains ; et aussitôt que vous la lui ferez voir, il vous rendra l’argent.

Mais allez, cherchez présentement quelque homme fidèle qui puisse aller avec vous, en le payant de sa peine, afin que vous receviez cet argent pendant que je vis.

Tobie étant sorti ensuite, trouva un jeune homme éclatant, qui avait retroussé sa robe avec sa ceinture, étant comme prêt à marcher.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quand les orientaux se mettent en route, ils retroussent leurs longs vêtements avec une ceinture.

Et ne sachant pas que ce fût un ange de Dieu, il le salua, et dit : D’où êtes-vous, bon jeune homme ?

Il lui répondit : Je suis des enfants d’Israël. Tobie lui dit : Savez-vous le chemin qui conduit au pays des Mèdes ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’ange, ayant pris la forme d’Azarias (voir verset 18), et par conséquent le représentant, et tenant sa place, a pu sans blesser la vérité se qualifier d’enfant d’Israël. C’est ainsi qu’un autre ange disait à Jacob : Je suis le Dieu de Béthel, parce qu’il représentait le Seigneur et parlait en son nom (voir Genèse, 31, 13).

L’ange lui répondit : Je le sais ; j’ai fait souvent tous ces chemins, et j’ai demeuré chez Gabélus, notre frère, qui demeure en la ville de Ragès, au pays des Mèdes, laquelle est située sur la montagne d’Ecbatane.

Tobie lui dit : Je vous supplie d’attendre ici un peu, jusqu’à ce que j’aie rapporté à mon père ce que vous venez de me dire.

Alors Tobie étant entré, rapporta tout ceci à son père qui, admirant cette rencontre, lui ordonna de prier ce jeune homme d’entrer.

Étant donc entré, il salua Tobie, et dit : Que la joie soit toujours avec vous.

Tobie répondit : Quelle joie puis-je avoir, moi qui suis assis dans les ténèbres, et qui ne vois point la lumière du ciel ?

Le jeune homme lui répondit : Ayez bon courage ; le temps approche auquel Dieu vous guérira.

Alors Tobie lui dit : Pourrez-vous mener mon fils chez Gabélus en la ville de Ragès, au pays des Mèdes ? et quand vous serez de retour, je vous paierai votre peine.

L’ange lui dit : Je le mènerai, et vous le ramènerai.

Tobie lui repartit : Dites-moi, je vous prie, de quelle famille, ou de quelle tribu êtes-vous ?

L’ange Raphaël lui répondit : Cherchez-vous la famille du mercenaire qui doit conduire votre fils, ou le mercenaire même ?

Mais de peur que je ne vous donne de l’inquiétude, je suis Azarias, fils du grand Ananias.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Azarias veut dire Dieu aide, et Ananias, Dieu est propice, miséricordieux. L’ange pouvait d’autant mieux prendre ces deux noms, qu’ils conviennent parfaitement à la mission divine qu’il remplissait vis-à-vis de Tobie.

Tobie lui répondit : Vous êtes d’une race illustre ; mais je vous supplie de ne point vous fâcher, si j’ai désiré de connaître votre race.

L’ange lui dit : Je mènerai votre fils en bonne santé, et je vous le ramènerai de même.

Tobie lui répondit : Que votre voyage soit heureux ; que Dieu soit avec vous dans votre chemin, et que son ange vous accompagne !

Alors, ayant préparé tout ce qu’ils devaient porter dans leur voyage, Tobie prit congé de son père et de sa mère, et ils se mirent tous deux en chemin.

Aussitôt qu’ils furent partis, sa mère se mit à pleurer, et à dire : Vous nous avez ôté le bâton de notre vieillesse, et vous l’avez éloigné de nous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Tobie, 10, 4.

Plût à Dieu que cet argent, pour lequel vous l’avez envoyé, n’eût jamais été !

Le peu que nous avions nous suffisait, pour croire que ce nous était une assez grande richesse de voir notre fils.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Notre pauvreté, etc. Le peu que nous avons nous suffisait, et nous aurions dû regarder comme une richesse le bonheur de voir notre fils avec nous.

Tobie lui répondit : Ne pleurez point ; notre fils arrivera en Médie sain et sauf, et il reviendra vers nous dans une parfaite santé, et vous le verrez de vos yeux ;

Car je crois que le bon ange de Dieu l’accompagne, et qu’il règle tout ce qui le regarde, et qu’ainsi il reviendra vers nous plein de joie.

À cette parole, sa mère cessa de pleurer, et elle se tut.