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1 Rois 20

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Benhadad, roi de Syrie, rassembla toute son armée ; il y avait avec lui trente-deux rois, des chevaux et des chars. Il monta et, ayant mis le siège devant Samarie, il l’attaqua.

Il envoya dans la ville des messagers à Achab, roi d’Israël,

pour lui dire : « Ainsi dit Benhadad : Ton argent et ton or sont à moi, tes femmes et tes plus beaux enfants sont à moi. »

Le roi d’Israël répondit : « Comme tu le dis, ô roi, mon seigneur ; je suis à toi avec tout ce que j’ai. »

Les messagers revinrent et dirent : « Ainsi dit Benhadad : Je t’ai envoyé dire : Tu me livreras ton argent et ton or, tes femmes et tes enfants.

Or quand demain, à cette heure, j’enverrai mes serviteurs chez toi, ils fouilleront ta maison et les maisons de tes serviteurs, et tout ce qui est précieux à tes yeux, ils le prendront de leurs mains et ils l’emporteront. »

Le roi d’Israël convoqua tous les anciens du pays, et il dit : « Reconnaissez et voyez que cet homme veut notre malheur ; car il m’a envoyé demander mes femmes et mes enfants, mon argent et mon or, et je ne lui avais pas refusé.

Tous les anciens et tout le peuple dirent à Achab : « Ne l’écoute pas et ne consens pas. »

Achab répondit donc aux messagers de Benhadad : Dites à mon seigneur le roi : Tout ce que tu as envoyé demander à ton serviteur la première fois, je le ferai, mais pour cette chose, je ne puis la faire. » Les messagers s’en allèrent, et lui portèrent la réponse.

Benhadad envoya dire à Achab : « Que les dieux me traitent dans toute leur rigueur, si la poussière de Samarie suffit pour remplir le creux de la main de tout le peuple qui me suit ! »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que les dieux, etc. Voir Ruth, 1, 17.

Et le roi d’Israël répondit et dit : « Dites-lui : Que celui qui revêt son armure ne se glorifie pas comme celui qui la dépose ! »

Lorsque Benhadad entendit cette réponse, — il était à boire avec les rois sous les huttes, — il dit à ses serviteurs : « Prenez vos positions ! » Et ils prirent leurs positions contre la ville.

Mais voici qu’un prophète, s’approchant d’Achab, roi d’Israël, lui dit : « Ainsi dit Yahweh : Tu vois toute cette grande multitude ? Voici que je vais la livrer aujourd’hui entre tes mains, afin que tu saches que je suis Yahweh. »

Achab dit : « Par qui ? » Et il répondit : « Ainsi dit Yahweh : Par les serviteurs des chefs des provinces. » Achab dit : « Qui engagera le combat ? » Et il répondit : « Toi. »

Alors Achab passa en revue les serviteurs des chefs des provinces, et il s’en trouva deux cent trente-deux ; après eux, il passa en revue tout le peuple, tous les enfants d’Israël : ils étaient sept mille.

Ils firent une sortie à midi, pendant que Benhadad buvait et s’enivrait sous les huttes, lui et les trente-deux rois, ses auxiliaires.

Les serviteurs des chefs des provinces étaient sortis les premiers. Benhadad envoya aux informations, et on lui fit ce rapport : « Des hommes sont sortis de Samarie. »

Il dit : « S’ils sortent pour la paix, prenez-les vivants ; s’ils sortent pour le combat, prenez-les vivants. »

Lorsque les serviteurs des chefs des provinces, ainsi que l’armée qui venait après eux, furent sortis de la ville,

ils frappèrent chacun son homme, et les Syriens prirent la fuite. Israël les poursuivit. Benhadad, roi de Syrie, se sauva sur un cheval, avec des cavaliers.

Le roi d’Israël sortit, frappa les chevaux et les chars, et fit éprouver aux Syriens une grande défaite.

Alors le prophète s’approcha du roi d’Israël et lui dit : « Va, fortifie-toi, examine et vois ce que tu as à faire ; car, au retour de l’année, le roi de Syrie montera contre toi. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le prophète, dont il a été parlé au verset 13.

Les serviteurs du roi de Syrie lui dirent : « Leurs dieux sont des dieux de montagnes ; c’est pourquoi ils ont été plus forts que nous ; mais combattons-les dans la plaine, et sûrement nous serons plus forts qu’eux.

Fais encore ceci : ôte chacun des rois de son poste, et mets des chefs à leur place,

et forme-toi une armée égale à celle que tu as perdue, avec autant de chevaux et autant de chariots. Nous les combattrons alors dans la plaine, et sûrement nous serons plus forts qu’eux. » Il écouta leur parole et fit ainsi.

Au retour de l’année, Benhadad passa les Syriens en revue, et monta vers Aphec pour combattre Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Aphec. Il existait plusieurs Aphec en Palestine. Celui dont il est question ici était situé à l’est du Jourdain, sur la grande route de la Palestine à Damas, et son nom s’est probablement conservé dans l’el-Fik actuel, avec lequel on l’identifie communément. El-Fik est à peu de distance, à moins d’une heure de marche et vis-à-vis du milieu du lac de Tibériade à l’est, à l’endroit où commence l’ouadi et le ruisseau du même nom, qui se dirige à l’ouest vers le lac. Ce ruisseau est alimenté par trois sources, qui jaillissent d’un rocher. C’est autour de ce rocher qu’est bâti le village, en forme de croissant. Burckhardt l’a trouvé habité par deux cents familles. Cette localité a toujours été une station importante pour les caravanes. On remarque encore dans les alentours de grandes plantations d’oliviers. Sa situation, ses sources d’eau vive et les arbres des environs nous expliquent comment les armées, de même que les voyageurs, y fixaient volontiers leur camp.

Les enfants d’Israël furent aussi passés en revue ; ils reçurent des vivres et ils s’avancèrent à la rencontre des Syriens. Les enfants d’Israël campèrent vis-à-vis d’eux, semblables à deux petits troupeaux de chèvres, tandis que les Syriens remplissaient le pays.

Un homme de Dieu s’approcha et dit au roi d’Israël : « Ainsi dit Yahweh : Parce que les Syriens ont dit : Yahweh est un dieu des montagnes, et non un dieu des vallées, je livrerai entre tes mains toute cette grande multitude, et vous saurez que je suis Yahweh. »

Ils campèrent sept jours en face les uns des autres. Le septième jour, le combat s’engagea, et les enfants d’Israël tuèrent aux Syriens cent mille hommes de pied en un jour.

Le reste s’enfuit à Aphec, à la ville, et la muraille tomba sur vingt-sept mille hommes qui restaient. Benhadad s’était enfui et il allait dans la ville de chambre en chambre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans une chambre, qui était dans sa chambre ; c’est-à-dire dans un cabinet très retiré.

Ses serviteurs lui dirent : « Voici, nous avons appris que les rois de la maison d’Israël sont des rois cléments ; permets que nous mettions des sacs sur nos reins et des cordes à nos têtes, et que nous sortions vers le roi d’Israël : peut-être qu’il te laissera la vie. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des sacs. Voir 2 Rois, 3, 31. ― Des cordes à nos têtes. La coutume de se mettre des cordes à la tête ou au cou, dans les disgrâces, étaient anciennement commune parmi les Syriens, et même parmi les Egyptiens.

Ils se mirent des sacs sur les reins et des cordes à la tête et, s’étant rendus auprès du roi d’Israël, ils dirent : « Ton serviteur Benhadad dit : Daigne me laisser la vie ! » Achab répondit : « Est-il encore vivant ? Il est mon frère. »

Ces hommes tirèrent de là un heureux augure, et se hâtant de lui ravir cette parole, ils dirent : « Benhadad est ton frère. » Et il dit : « Allez le prendre. » Benhadad vint vers lui, et Achab le fit monter sur son char.

Benhadad lui dit : « Je te rendrai les villes que mon père a prises à ton père, et tu établiras pour toi des rues à Damas, comme mon père en avait établi à Samarie. » Et Achab répondit : « Et moi, je te laisserai aller moyennant un traité d’alliance. » Il conclut une alliance avec lui, et le laissa aller.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans Damas. Voir 3 Rois, 11, 24. ― Les places publiques qu’Achab demande à établir à Damas ne peuvent être que des emplacements de bazars, où les Israélites pussent s’établir pour faire le commerce.

Un des fils des prophètes dit à son compagnon, dans la parole de Yahweh : « Frappe-moi, je te prie. » Mais cet homme refusa de le frapper.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les fils des prophètes ; c’est-à-dire les disciples des prophètes. ― Avec la parole du Seigneur. Voir 3 Rois, 13, 1. ― Frappe-moi. Le prophète voulait paraître blessé devant Achab, afin de l’intéresser davantage par cette action symbolique, et de tirer plus facilement de sa bouche la confession de sa faute et sa propre condamnation.

Et il lui dit : « Parce que tu n’as pas écouté la voix de Yahweh, voici, dès que tu m’auras quitté, le lion te frappera. » Et l’homme s’en alla d’auprès de lui, et le lion, l’ayant rencontré, le frappa.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le lion. C’est un lion connu, puisque le texte hébreu emploie l’article déterminatif ; probablement celui dont il a été déjà question à 3 Rois, 13, vv. 24, 26-28. Cette punition semble bien sévère ; mais n’est-elle pas suffisamment justifiée par le refus formel de ce prophète d’obéir à ce qu’il savait parfaitement être la volonté de Dieu ?

Il trouva un autre homme, et il lui dit : « Frappe-moi, je te prie. » Cet homme le frappa et le blessa.

Alors le prophète alla se placer sur le chemin du roi, et il se déguisa avec un bandeau sur ses yeux.

Lorsque le roi passa, il cria vers le roi, en disant : « Ton serviteur était sorti au milieu du combat ; voici qu’un homme s’éloigna et m’amena un homme en disant : Garde cet homme. S’il vient à s’échapper, ta vie sera pour sa vie, ou tu paieras un talent d’argent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ton âme, etc. ; ta vie répondra pour la sienne. ― Tu pèseras un talent d’argent, 8 500 francs (en 1 900 ?). Il est dit, tu pèseras, dans le sens de : tu paieras, parce que l’argent n’étant pas monnayé, on le pesait.

Et pendant que ton serviteur agissait çà et là, l’homme disparut. » Le roi d’Israël lui dit : « C’est là ton jugement ; tu l’as rendu toi-même. »

Aussitôt le prophète ôta le bandeau de ses yeux et le roi d’Israël le reconnut pour un des prophètes.

Alors il dit au roi : « Ainsi dit Yahweh : Parce que tu as laissé échapper de tes mains l’homme que j’avais voué à l’anathème, ta vie sera pour sa vie et ton peuple pour son peuple. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 3 Rois, 22, 35. ― Un homme digne de mort ; c’est-à-dire Bénadad.

Le roi d’Israël s’en alla chez lui, sombre et irrité, et il arriva à Samarie.