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Genèse 49
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Jacob appela ses fils et leur dit : « Rassemblez-vous, et je vous annoncerai ce qui vous arrivera à la fin des jours.
Rassemblez-vous et écoutez, fils de Jacob ; écoutez Israël, votre père.
Ruben, toi, mon premier-né, ma force, et le premier fruit de ma vigueur, supérieur en dignité et supérieur en puissance,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Plus grand en puissance. Allusion à son droit d’aînesse.
tu as bouillonné comme l’eau ; tu n’auras pas la prééminence ! Car tu es monté sur la couche de ton père, et tu as souillé ma couche en y montant !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Paralipomènes, 5, 1. ― Parce que tu es monté, etc. Comparer à Genèse, 35, 22. ― Tu t’es répandu comme l’eau. Ruben ne jouit pas, en effet, de ses droits d’aînesse. La principauté et la dignité messianique, le sacerdoce et la double portion d’héritage qui étaient les privilèges de l’aîné furent transférés à Juda, Lévi et Joseph. Dathan et Abiron, qui furent ses descendants, cherchèrent en vain à les faire prévaloir, voir Nombres, 16,1. Sa tribu fut sans importance.
Siméon et Lévi sont frères ; leurs glaives sont des instruments de violence.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sont frères ; c’est-à-dire, selon l’hébreu, ils sont bien ressemblants. Comparer à Genèse, 34, 30.
Que mon âme n’entre point dans leur conseil ! Que mon âme ne s’unisse point à leur assemblée ! Car, dans leur colère, ils ont égorgé des hommes, et, dans leur emportement, ils ont coupé les jarrets des taureaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 34, 25. ― Homme et mur sont ici des noms collectifs, pour des hommes, des murs.
Maudite soit leur colère, car elle a été violente, et leur fureur, car elle a été cruelle ! Je les diviserai en Jacob, et je les disperserai en Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Josué, 19, 1. ― Je les diviserai dans Jacob. Lévi et Siméon furent effectivement séparés en Israël. Lévi n’eut aucune part dans le partage de la Terre Promise, il ne posséda que 48 villes dispersées. Siméon ne prospéra pas ; il ne reçut point de territoire à part, mais seulement l’aride Négeb, au sud de la Palestine et quelques villes disséminées dans la tribu de Juda.
Toi, Juda, tes frères te loueront ; ta main sera sur le cou de tes ennemis ; les fils de ton père se prosterneront devant toi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La première partie de cette prophétie se rapporte à la tribu de Juda, mais la dernière à Jésus-Christ, qui descendait de Juda selon la chair. ― Tes frères te loueront ; Juda signifie louer. Jacob prend le nom de Juda, de même qu’il va le faire de celui de la plupart de ses frères, comme une sorte de présage de sa destinée future.
Juda est un jeune lion. Tu es remonté du carnage, mon fils ! Il a ployé les genoux, il s’est couché comme un lion, comme une lionne : qui le fera lever ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Paralipomènes, 5, 2.
Le sceptre ne s’éloignera point de Juda, ni le bâton de commandement d’entre ses pieds, jusqu’à ce que vienne Schiloh ; c’est à lui que les peuples obéiront.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 2, 6 ; Jean, 1, 45. ― Cette prophétie reçut son accomplissement au temps de Jésus-Christ, qui parut au moment où les Juifs venaient de perdre l’autorité souveraine, et qui prouva par ses miracles qu’il était le Messie que Dieu devait envoyer et que les nations avaient attendu.
Il attache à la vigne son ânon, au cep le petit de son ânesse ; il lave son vêtement dans le vin, son manteau dans le sang de la grappe.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il liera à la vigne, etc. Un des traits les plus caractéristiques de la tribu de Juda furent ses vignobles. A Hébron, à Engaddi, à Bethléhem surtout, plus que partout ailleurs en Palestine, les flancs des collines sont tapissés de vignes avec leurs tours de garde et leurs murs soutenant les terrasses. L’âne sert à transporter les raisins.
Il a les yeux rouges de vin, et les dents blanches de lait.
Zabulon habite le bord de la mer, il est sur le rivage où abordent les navires ; son flanc est du côté de Sidon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Zabulon eut pour territoire le pays situé entre la mer Méditerranée, Sion ou la Phénicie et le lac de Génésareth.
Issachar est un âne robuste, qui se couche dans ses parcs.
Il voit que le repos est bon, et que le pays est agréable ; et il courbe son épaule sous le fardeau ; il est devenu un homme asservi au tribut.
Commentaire (versets 14 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 14 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Issachar, satisfait de la richesse de son territoire où est enclavée une partie de la plaine fertile d’Esdrelon, se rendit tributaire des étrangers pour ne pas troubler son repos.
Dan juge son peuple, comme l’une des tribus d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dan jugera, etc. Jacob fait allusion au nom de Dan, qui signifie juge. Il veut donc dire que si une autre tribu fournit des juges, des gouverneurs au peuple d’Israël, celle de Dan aura aussi ce privilège, quoiqu’elle ne soit pas considérable par sa grandeur, et que Dan lui-même doive le jour à une des servantes de son père. Il est certain que Samson, qui fut un des Juges d’Israël, appartenait à la tribu de Dan.
Dan est un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, qui mord les talons du cheval, pour que le cavalier tombe à la renverse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un céraste. Le céraste est un serpent à cornes, couleur de terre, qui se cache dans les ornières, de sorte qu’il peut mordre facilement les passants. Le sens est que Dan suppléera par la ruse à ce qui lui manquera en force. C’est en effet par surprise qu’il s’empara de Laïs, voir Juges, 18, 28-29.
J’espère en ton secours, ô Yahweh !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre salut ; c’est-à-dire votre Messie.
Gad, des bandes armées le pressent, et lui, à son tour, les presse sur les talons.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Devant lui ; pour devant Dan. ― En arrière ; placé sur la frontière, exposé aux incursions de l’ennemi, il saura se défendre.
D’Aser vient le pain savoureux, il fournit les mets délicats des rois.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Gras est son pain. Le territoire d’Aser, qui longeait la Phénicie en partant du Carmel, était très fertile, et particulièrement riche en froment et en huile. La plaine d’Acre, qui lui appartenait, est peut-être celle qui produit la plus riche végétation de la Palestine et le plus beau blé.
Nephtali est une biche en liberté, il prononce des paroles gracieuses.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Barac de la tribu de Nephtali, timide dans le principe comme le cerf, se signala ensuite par sa valeur en poursuivant les Chananéens avec la vitesse du cerf, et après la victoire remportée sur eux, il chanta avec Debbora un cantique qui étincelle en beauté de tout genre (voir Juges, chapitres 4 et 5). ― Le cerf ou la gazelle est dans l’Ecriture l’emblème du guerrier rusé et agile.
Joseph est le rejeton d’un arbre fertile, le rejeton d’un arbre fertile sur les bords d’une source ; ses branches s’élancent au-dessus de la muraille.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Paralipomènes, 5, 1.
Des archers le provoquent, ils lui lancent des flèches et l’attaquent.
Mais son arc reste ferme, ses bras et ses mains sont rendus agiles, par les mains du Puissant de Jacob, par celui qui est le Pasteur et le Rocher d’Israël.
Que du Dieu de ton père — il t’aidera ! — et du Tout-Puissant — il te bénira ! te viennent les bénédictions du ciel en haut, les bénédictions de l’abîme en bas, les bénédictions des mamelles et du sein maternel !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des bénédictions célestes d’en haut, des bénédictions de l’abîme qui est en bas. Sichem (voir Genèse, note 12.6) fut le centre des possessions des enfants de Joseph. La plaine à l’extrémité de laquelle était bâtie Sichem, la plus large et la plus belle dans les montagnes d’Ephraïm, était un petit grenier d’abondance, rempli de blé, et réalisant pleinement ces bénédictions.
Les bénédictions de ton père surpassent les bénédictions des montagnes antiques, la beauté des collines éternelles : qu’elles soient sur la tête de Joseph, sur le front du prince de ses frères !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les bénédictions de ton père, etc. ; c’est-à-dire aux bénédictions que je te donne se joindront les bénédictions que j’ai reçues de mes pères. D’autres traduisent d’après l’hébreu : Les bénédictions de ton père surpassent ou surpasseront les bénédictions de ses pères. La Vulgate, comme le texte hébreu, met le prétérit au lieu du futur, parce que, dans les prédictions et les promesses prophétiques, les choses qu’on prédit et qu’on promet sont envisagées comme déjà accomplies. ― Nazaréen ; c’est-à-dire séparé, éloigné de son père, de sa maison ; selon d’autres, consacré à Dieu ; selon d’autres enfin, couronné dans la maison de Pharaon. Dans la cour des rois d’Orient, le premier officier se nomme nazir, ou officier de la couronne.
Benjamin est un loup qui déchire ; le matin il dévore la proie, le soir il partage le butin. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le soir, il partagera les dépouilles. Quoique la tribu de Benjamin fût une des plus petites, elle compta néanmoins parmi les plus fortes, parce qu’elle était la maîtresse des défilés qui, de son territoire, donnent accès dans les plaines adjacentes. Saint Paul qui conquit tant de nations à l’Eglise était Benjamite.
Ce sont là tous ceux qui formèrent les douze tribus d’Israël ; c’est ainsi que leur parla leur père et qu’il les bénit. Il les bénit chacun selon sa bénédiction.
Puis il leur donna cet ordre : « Je vais être réuni à mon peuple ; enterrez-moi avec mes pères dans la caverne qui est dans le champ d’Éphron, le Héthéen,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la caverne double. Voir Genèse, note 23.9.
dans la caverne du champ de Macpéla, en face de Mambré, au pays de Chanaan : c’est la caverne qu’Abraham a acquise d’Éphron, le Héthéen, avec le champ, pour avoir un sépulcre qui lui appartienne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 23, 17.
C’est là qu’on a enterré Abraham et Sara, sa femme, c’est là qu’on a enterré Isaac et Rebecca, sa femme, et c’est là que j’ai enterré Lia. »
Le champ et la caverne qui s’y trouve ont été acquis des fils de Heth.
Lorsque Jacob eut achevé de donner ses ordres à ses fils, ayant retiré ses pieds dans le lit, il expira et fut réuni à ses pères.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome 33, 6. ― Afin que je vous annonce, etc., prouve que les bénédictions de Jacob sont aussi des prophéties, et qu’il bénit ses enfants non seulement comme père, mais aussi comme prophète. ― Les jours derniers. Cette expression marque dans l’Ecriture des temps futurs, tantôt plus, tantôt moins éloignés.