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Colossiens 1
PAUL, par la volonté de Dieu, apôtre de Jésus-Christ ; et Timothée, son frère :
aux saints et fidèles frères en Jésus-Christ, qui sont à Colosses.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aux saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13.
Que Dieu, notre Père, et Jésus-Christ notre Seigneur, vous donnent la grâce et la paix ! Nous rendons grâces à Dieu, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, et nous le prions sans cesse pour vous,
depuis que nous avons appris quelle est votre foi en Jésus-Christ, et votre charité envers tous les saints ;
dans l’espérance des biens qui vous sont réservés dans le ciel, et dont vous avez déjà reçu la connaissance par la parole très-véritable de l’Évangile,
qui est parvenu jusqu’à vous, comme il est aussi répandu dans tout le monde, où il fructifie et croît ainsi qu’il a fait parmi vous, depuis le jour que vous avez entendu et connu la grâce de Dieu selon la vérité ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la vérité se rapporte à connu : d’après des renseignements vrais (verset 7), par opposition aux erreurs des faux docteurs.
comme vous en avez été instruits par notre très-cher Épaphras, qui est notre compagnon dans le service de Dieu, et un fidèle ministre de Jésus-Christ pour le bien de vos âmes,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le service de Dieu. Comparer à Colossiens, 4, 7. ― Epaphras était de Colosses et l’un des premiers qui avaient prêché l’Evangile dans cette ville. Il fut prisonnier avec saint Paul à Rome.
et de qui nous avons appris aussi votre charité toute spirituelle.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toute spirituelle ; c’est-à-dire produite uniquement par l’inspiration du Saint-Esprit.
C’est pourquoi, depuis le temps que nous avons su ces choses, nous ne cessons point de prier pour vous, et de demander à Dieu qu’il vous remplisse de la connaissance de sa volonté, en vous donnant toute la sagesse et toute l’intelligence spirituelle :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En toute sagesse, etc., ou avec toute sagesse ; en vous donnant toute sagesse, etc.
afin que vous vous conduisiez d’une manière digne de Dieu, tâchant de lui plaire en toutes choses, portant les fruits de toutes sortes de bonnes œuvres, et croissant en la connaissance de Dieu ;
que vous soyez en tout remplis de force, par la puissance de sa gloire, pour avoir en toutes rencontres une patience et une douceur persévérante, accompagnée de joie ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par la puissance de sa gloire, pour sa puissance glorieuse. Nous avons déjà fait remarquer que les Hébreux, aussi bien que les Grecs et les Latins, employaient fréquemment le substantif au lieu de l’adjectif, pour donner plus de force à l’expression.
rendant grâces à Dieu le Père, qui en nous éclairant de sa lumière, nous a rendus dignes d’avoir part au sort et à l’héritage des saints ;
qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres, et nous a fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La puissance des ténèbres, de Satan. ― Le royaume du Fils de son amour, de son Fils bien-aimé, par opposition au royaume détesté de Satan.
par le sang duquel nous avons été rachetés, et avons reçu la rémission de nos péchés ;
qui est l’image du Dieu invisible, et qui est né avant toutes les créatures.
Car tout a été créé par lui dans le ciel et sur la terre, les choses visibles et les invisibles ; soit les trônes, soit les dominations, soit les principautés, soit les puissances : tout a été créé par lui et pour lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 1, 3.
Il est avant tous, et toutes choses subsistent en lui.
Il est le chef et la tête du corps de l’Église. Il est comme les prémices, et le premier-né d’entre les morts, afin qu’il soit le premier en tout :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 15, 20 ; Apocalypse, 1, 5.
parce qu’il a plu au Père que toute plénitude résidât en lui ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au Père. Le contexte prouve que ces mots sous-entendus. Voir le verset 12.
et de réconcilier toutes choses avec soi par lui, ayant pacifié, par le sang qu’il a répandu sur la croix, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans le ciel.
Vous étiez vous-mêmes autrefois éloignés de Dieu, et votre esprit abandonné à des œuvres criminelles vous rendait ses ennemis ;
mais maintenant Jésus-Christ vous a réconciliés par la mort qu’il a soufferte dans son corps mortel, pour vous rendre saints, purs et irrépréhensibles devant lui ;
si toutefois vous demeurez fondés et affermis dans la foi, et inébranlables dans l’espérance que vous donne l’Évangile qu’on vous a annoncé, qui a été prêché à toutes les créatures qui sont sous le ciel, et dont j’ai été établi ministre,
moi, Paul, qui me réjouis maintenant dans les maux que je souffre pour vous, et qui accomplis dans ma chair ce qui reste à souffrir à Jésus-Christ, en souffrant moi-même pour son corps, qui est l’Église,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La passion de Jésus-Christ, considérée en elle-même, n’a rien d’imparfait, rien qui demande qu’on y supplée. Le Sauveur a parfaitement accompli l’œuvre de la réconciliation, et il n’a rendu l’esprit sur la croix qu’après avoir dit que tout était consommé. Mais si l’on l’envisage par rapport à l’homme, il en est autrement. Jésus-Christ en souffrant pour nous n’a pas prétendu nous dispenser de souffrir, de porter notre croix, d’expier nos fautes par la pénitence ; puisque, au contraire, il nous en a fait un commandement. Aussi saint Pierre nous a-t-il avertis que le Sauveur a souffert pour nous donner l’exemple, afin que nous suivions ses traces (voir 1 Pierre, 2, 21). On peut donc dire en ce sens, qu’il reste encore à Jésus-Christ quelque chose à souffrir, non dans sa personne, mais dans ses membres.
de laquelle j’ai été établi ministre, selon la charge que Dieu m’a donnée pour l’exercer envers vous : afin que je m’acquitte pleinement du ministère de la parole de Dieu ;
vous prêchant le mystère qui a été caché dans tous les siècles et tous les âges, et qui maintenant a été découvert à ses saints ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le mystère, le dessein de racheter l’humanité déchue par Jésus-Christ.
auxquels Dieu a voulu faire connaître quelles sont les richesses de la gloire de ce mystère dans les gentils, qui n’est autre chose que Jésus-Christ reçu de vous, et devenu l’espérance de votre gloire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quelles sont les richesses de la gloire messianique, du règne glorieux, de l’éternelle béatitude, de ce mystère, contenue dans ce mystère (comparer à l’espérance de l’Evangile, verset 23), fruit de l’incarnation et de la mort du Fils de Dieu, que les fidèles ont dès maintenant en espérance, et qu’ils posséderont en réalité après le second avènement de Jésus-Christ.
C’est lui que nous prêchons, reprenant tous les hommes, et les instruisant tous dans toute la sagesse ; afin que nous rendions tout homme parfait en Jésus-Christ.
C’est aussi la fin que je me propose dans mes travaux, combattant par l’efficace de sa vertu, qui agit puissamment en moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Timothée se trouvait alors auprès de Paul à Rome. Peut-être est-ce lui qui écrivit l’épître sous la dictée de l’Apôtre (voir Colossiens, 4, 18).