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Philippiens 4

C’EST pourquoi, mes très-chers et très-aimés frères, qui êtes ma joie et ma couronne, continuez, mes bien-aimés, et demeurez fermes dans le Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et très désirés ; c’est-à-dire après qui je soupire très ardemment. Comparer à Philippiens, 1, 8.

Je conjure Évodie, et je conjure Syntyche, de s’unir dans les mêmes sentiments en notre Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Evodie, Syntyche. C’étaient ou deux diaconesses ou deux femmes de haut rang que saint Paul exhorte à la concorde. On ignore en quoi consistaient leurs divisions.

Je vous prie aussi, vous qui avez été le fidèle compagnon de mes travaux, de les assister, elles qui ont travaillé avec moi dans l’établissement de l’Évangile, avec Clément et les autres qui m’ont aidé dans mon ministère, dont les noms sont écrits dans le livre de vie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mon fidèle compagnon. Compagnon et en grec syzyge, qu’il faudrait prendre d’après plusieurs pour un nom propre. En tout cas, on ignore qui il est. ― Avec Clément. Origène et saint Jérôme nous apprennent que ce Clément est celui qui devint le pape saint Clément. On croit qu’il naquit à Rome, vers l’an 30 de notre ère, et qu’il fut le second successeur, d’autres disent le successeur immédiat de saint Pierre sur le siège de Rome. Pendant son pontificat, il écrivit une lettre célèbre aux Corinthiens. Il souffrit le martyre sous l’empereur Trajan.

Soyez toujours dans la joie en notre Seigneur ; je le dis encore une fois, soyez dans la joie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Réjouissez-vous, était la formule ordinaire de salut chez les Grecs.

Que votre modestie soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.

Ne vous inquiétez de rien ; mais en quelque état que vous soyez, présentez à Dieu vos demandes par des supplications et des prières, accompagnées d’actions de grâces.

Et que la paix de Dieu, qui surpasse toutes pensées, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ !

Enfin, mes frères, que tout ce qui est véritable et sincère, tout ce qui est honnête, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint, tout ce qui peut vous rendre aimable, tout ce qui est d’édification et de bonne odeur, tout ce qui est vertueux, et tout ce qui est louable dans le règlement des mœurs, soit l’entretien de vos pensées.

Pratiquez ce que vous avez appris et reçu de moi, ce que vous avez entendu dire de moi, et ce que vous avez vu en moi ; et le Dieu de paix sera avec vous.

Au reste, j’ai reçu une grande joie en notre Seigneur, de ce qu’enfin vous avez renouvelé les sentiments que vous aviez pour moi ; non que vous ne les eussiez toujours dans le cœur, mais vous n’aviez pas d’occasion de les faire paraître.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vous étiez occupés ; tenus occupés au point de ne pouvoir me donner des preuves de ces sentiments ; c’est-à-dire vous en étiez empêchés. Autrement, selon le texte grec : Vous n’avez pas eu la commodité, l’occasion favorable.

Ce n’est pas la vue de mon besoin qui me fait parler de la sorte : car j’ai appris à me contenter de l’état où je me trouve.

Je sais vivre pauvrement ; je sais vivre dans l’abondance : ayant éprouvé de tout, je suis fait à tout, au bon traitement et à la faim, à l’abondance et à l’indigence.

Je puis tout en celui qui me fortifie.

Vous avez bien fait néanmoins de prendre part à l’affliction où je suis.

Or vous savez, mes frères de Philippes, qu’après avoir commencé à vous prêcher l’Évangile, ayant depuis quitté la Macédoine, nulle autre Église ne m’a fait part de ses biens, et que je n’ai rien reçu que de vous seuls,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A titre de compensation, littéralement : En raison du donné et du reçu ; c’est-à-dire aucune Eglise, la vôtre exceptée, ne m’a donné de ses biens temporels pour les biens spirituels qu’elle avait reçus de moi. ― De la Macédoine. Voir Actes des Apôtres, 16, 9.

qui m’avez envoyé deux fois à Thessalonique de quoi satisfaire à mes besoins.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Thessalonique. Voir Actes des Apôtres, 17, 1.

Ce n’est pas que je désire vos dons ; mais je désire le fruit que vous en tirez, qui augmentera le compte que Dieu tient de vos bonnes œuvres.

Or j’ai maintenant tout ce que vous m’avez envoyé, et je suis dans l’abondance : je suis rempli de vos biens que j’ai recus d’Épaphrodite, comme une oblation d’excellente odeur, comme une hostie que Dieu accepte volontiers, et qui lui est agréable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 12, 1. ― Epaphrodite. Voir Philippiens, 2, 25.

Je souhaite que mon Dieu, selon les richesses de sa bonté, remplisse tous vos besoins, et vous donne encore sa gloire par Jésus-Christ.

Gloire soit à Dieu, notre Père, dans tous les siècles des siècles ! Amen !

Saluez de ma part tous les saints en Jésus-Christ.

Les frères qui sont avec moi vous saluent. Tous les saints vous saluent, mais principalement ceux qui sont de la maison de César.

Commentaire (versets 21 à 22) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 21 à 22 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Tous les saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13. De César ; c’est-à-dire de Néron, dans la cour duquel l’Apôtre avait fait des conversions. ― De la maison de César. Il s’agit de chrétiens au service de l’empereur, mais on ignore qui ils étaient.

La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit ! Amen !