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Colossiens 2
CAR je suis bien aise que vous sachiez combien est grande l’affection et le soin que j’ai pour vous, pour ceux qui sont à Laodicée, et même pour tous ceux qui ne me connaissent point de visage, et ne m’ont jamais vu ;
afin que leurs cœurs soient consolés, et qu’étant unis ensemble par la charité, ils soient remplis de toutes les richesses d’une parfaite intelligence, pour connaître le mystère de Dieu le Père et de Jésus-Christ,
en qui tous les trésors de la sagesse et de la science sont renfermés.
Or je dis ceci afin que personne ne vous trompe par des discours subtils et élevés :
car quoique je sois absent de corps, je suis néanmoins avec vous en esprit, voyant avec joie l’ordre qui se garde parmi vous, et la solidité de votre foi en Jésus-Christ.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 5, 3.
Continuez donc à vivre en Jésus-Christ notre Seigneur, selon l’instruction que vous en avez reçue ;
étant attachés à lui comme à votre racine, et édifiés sur lui comme sur votre fondement ; vous affermissant dans la foi qui vous a été enseignée, et croissant de plus en plus en Jésus-Christ par de continuelles actions de grâces.
Prenez garde que personne ne vous surprenne par la philosophie, et par des raisonnements vains et trompeurs, selon une doctrine toute humaine, ou selon des observances qui étaient les éléments du monde, et non selon Jésus-Christ.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les éléments du monde. Voir Galates, 4, 3. ― Selon la tradition des hommes. Voir Matthieu, 15, 2. ― La philosophie dont il est ici question est vraisemblablement la théosophie d’origine juive, mêlée de toute espèce de superstitions orientales, qui était surtout répandue en Phrygie et que le peuple appelait philosophie.
Car toute la plénitude de la Divinité habite en lui corporellement.
Et c’est en lui que vous en êtes remplis, lui qui est le chef de toute principauté et de toute puissance :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Remplis en lui. Comparer à Ephésiens, 3, 19.
comme c’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas faite de main d’homme, mais qui consiste dans le dépouillement du corps des péchés que produit la concupiscence charnelle, c’est-à-dire, de la circoncision de Jésus-Christ ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Saint Paul ne dit pas que Jésus-Christ n’ait pas reçu la circoncision de la chair ; il dit seulement que la circoncision que ce divin Sauveur exige de nous est une circoncision spirituelle, qui consiste dans le retranchement de nos affections déréglées, de nos inclinations criminelles et de nos mauvaises habitudes, comme tout le contexte le prouve.
ayant été ensevelis avec lui par le baptême, dans lequel vous avez aussi été ressuscités par la foi que vous avez eue, que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts par l’efficace de sa puissance.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le baptême, dans lequel, etc. Selon d’autre : Et dans lequel (Jésus-Christ), etc. ; mais cette construction semble moins naturelle.
Car lorsque vous étiez dans la mort de vos péchés et dans l’incirconcision de votre chair, Jésus-Christ vous a fait revivre avec lui, vous pardonnant tous vos péchés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ephésiens, 2, 1.
Il a effacé par son sang la cédule qui s’élevait contre nous par ses décrets ; il a entièrement aboli cette cédule qui nous était contraire, il l’a abolie en l’attachant à sa croix.
Et ayant désarmé les principautés et les puissances, il les a menées hautement en triomphe à la face de tout le monde, après les avoir vaincues par sa croix.
Que personne donc ne vous condamne pour le manger et pour le boire, ou sur le sujet des jours de fête, des nouvelles lunes, et des jours de sabbat ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’Apôtre veut dire que personne ne doit donner du scrupule aux Colossiens, sur certaines observances de la loi mosaïque, en prétendant qu’elles sont obligatoires pour les chrétiens.
puisque toutes ces choses n’ont été que l’ombre de celles qui devaient arriver, et que Jésus-Christ en est le corps et la vérité.
Que nul ne vous ravisse le prix de votre course, en affectant de paraître humble par un culte superstitieux des anges, se mêlant de parler des choses qu’il ne sait point, étant enflé par les vaines imaginations d’un esprit humain et charnel,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 24, 4. ― Le culte des anges. Depuis le retour de la captivité, les Juifs, curieux de bien connaître les anges, de les distinguer par leurs noms et par leurs fonctions, en vinrent jusqu’à leur rendre un culte superstitieux. ― Des pensées de sa chair ; c’est-à-dire des pensées charnelles.
et ne demeurant pas attaché à celui qui est la tête et le chef, duquel tout le corps recevant l’influence par les vaisseaux qui en joignent et lient toutes les parties, s’entretient et s’augmente par l’accroissement que Dieu lui donne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De l’accroissement de Dieu ; c’est-à-dire de l’accroissement que Dieu leur donne.
Si donc vous êtes morts avec Jésus-Christ à ces premières et plus grossières instructions du monde, comment vous laissez-vous imposer des lois, comme si vous viviez dans ce premier état du monde ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aux éléments de ce monde. Voir Galates, 4, 3.
Ne mangez pas, vous dit-on, d’une telle chose, ne goûtez pas de ceci, ne touchez pas à cela ;
parce que l’usage que vous feriez de toutes ces choses vous serait pernicieux : ce qu’ils vous disent maintenant selon des maximes et des ordonnances humaines,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui périssent, ou bien qui donnent la mort ; ce qui paraît moins conforme au contexte.
qui ont néanmoins quelque apparence de sagesse dans une superstition et une humilité affectée, dans un rigoureux traitement qu’on fait au corps, et dans le peu de soin qu’on prend de rassasier la chair.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui n’ont pas vu ma face dans la chair ; c’est-à-dire qui ne me connaissent pas de visage, qui ne m’ont jamais vu. ― Laodicée, ainsi nommée de Laodice, femme d’Antiochus II, roi de Syrie, était une ville d’Asie Mineure, en Phrygie, sur le Lycus, à l’ouest de Colosses et au sud d’Hiérapolis. Elle était très commerçante. Vers l’époque où saint Paul écrivit aux Colossiens, Laodicée avait eu beaucoup à souffrir d’un tremblement de terre.