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Philippiens 1

PAUL et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ : à tous les saints en Jésus-Christ qui sont à Philippes, aux évêques et aux diacres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A tous les saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13.

Que Dieu, notre Père, et Jésus-Christ notre Seigneur, vous donnent la grâce et la paix !

Je rends grâces à mon Dieu toutes les fois que je me souviens de vous ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En plein souvenir ; c’est-à-dire avec un souvenir incessant, ne vous oubliant pas un seul instant.

et je ne fais jamais de prières, que je ne prie aussi pour vous tous, ressentant une grande joie

de ce que vous avez reçu l’Évangile, et y avez persévéré depuis le premier jour jusqu’à présent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A l’Evangile du Christ ; c’est-à-dire à la foi et à la doctrine évangélique, aussi bien qu’aux peines et aux tribulations que j’ai éprouvées dans la prédication de l’Evangile.

Car j’ai une ferme confiance, que celui qui a commencé le bien en vous, ne cessera de le perfectionner jusqu’au jour de Jésus-Christ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La bonne œuvre, « l’œuvre de votre conversion et de votre sanctification. ― La perfectionnera : vous donnera par sa grâce d’y persévérer jusqu’à la fin de votre vie, ou jusqu’au retour glorieux du Christ, que l’on croyait plus ou moins prochain. » (CRAMPON)

Et il est juste que j’aie ce sentiment de vous tous, parce que je vous ai dans le cœur, comme ayant tous part à ma joie, par celle que vous avez prise à mes liens, à ma défense, et à l’affermissement de l’Évangile.

Car Dieu m’est témoin avec quelle tendresse je vous aime tous dans les entrailles de Jésus-Christ.

Et ce que je lui demande est, que votre charité croisse de plus en plus en lumière et en toute intelligence :

afin que vous sachiez discerner ce qui est meilleur et plus utile ; que vous soyez purs et sincères ; que vous marchiez jusqu’au jour de Jésus-Christ, sans que votre course soit interrompue par aucune chute ;

et que pour la gloire et la louange de Dieu, vous soyez remplis des fruits de justice par Jésus-Christ.

Or je veux bien que vous sachiez, mes frères, que ce qui m’est arrivé, loin de nuire, a plutôt servi au progrès de l’Évangile ;

en sorte que mes liens sont devenus célèbres dans toute la cour de l’empereur, et parmi tous les habitants de Rome, à la gloire de Jésus-Christ ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Pères grecs et la plupart des commentateurs entendent ici par prétoire, le palais de l’empereur, qui était alors Néron. Il est certain qu’on donnait ce nom à l’hôtel des gouverneurs des provinces, où l’empereur lui-même logeait dans ses voyages. On a donc pu le donner aussi au palais où il demeurait étant à Rome.

et que plusieurs de nos frères en notre Seigneur, se rassurant par mes liens, ont conçu une hardiesse nouvelle pour annoncer la parole de Dieu sans aucune crainte.

Il est vrai que quelques-uns prêchent Jésus-Christ par un esprit d’envie et de contention, et que les autres le font par une bonne volonté :

les uns prêchent Jésus-Christ par charité, sachant que j’ai été établi pour la défense de l’Évangile ;

et les autres le prêchent par un esprit de pique et de jalousie, avec une intention qui n’est pas pure, croyant me causer de l’affliction dans mes liens.

Mais qu’importe ? pourvu que Jésus-Christ soit annoncé en quelque manière que ce soit, soit par occasion, soit par un vrai zèle ; je m’en réjouis, et m’en réjouirai toujours.

Car je sais que l’événement m’en sera salutaire par vos prières, et par l’infusion de l’Esprit de Jésus-Christ ;

selon la ferme espérance où je suis, que je ne recevrai point la confusion d’être trompé en rien de ce que j’attends ; mais que parlant avec toute sorte de liberté, Jésus-Christ sera encore maintenant, comme toujours, glorifié dans mon corps, soit par ma vie, soit par ma mort.

Car Jésus-Christ est ma vie, et la mort m’est un gain.

Si je demeure plus longtemps dans ce corps mortel, je tirerai du fruit de mon travail ; et ainsi je ne sais que choisir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’Apôtre veut dire que bien que mourir pour Jésus-Christ soit un gain pour lui, en le mettant tout de suite en possession du ciel, il doute néanmoins de ce qu’il choisirait, parce qu’en demeurant plus longtemps dans la chair, c’est-à-dire dans son corps, il pourrait encore être utile au salut de ses frères.

Je me trouve pressé des deux côtés : car d’une part je désire d’être dégagé des liens du corps, et d’être avec Jésus-Christ, ce qui est sans comparaison le meilleur ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’être dissous, délié des liens du corps.

et de l’autre, il est plus utile pour votre bien que je demeure encore en cette vie.

C’est pourquoi j’ai une certaine confiance, qui me persuade que je demeurerai encore avec vous tous, et que j’y demeurerai même assez longtemps pour votre avancement, et pour la joie de votre foi ;

afin que lorsque je serai de nouveau présent parmi vous, je trouve en vous un sujet de me glorifier de plus en plus en Jésus-Christ.

Ayez soin seulement de vous conduire d’une manière digne de l’Évangile de Jésus-Christ : afin que je voie moi-même étant présent parmi vous, ou que j’entende dire en étant absent, que vous demeurez fermes dans un même esprit, combattant tous d’un même cœur pour la foi de l’Évangile ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ephésiens, 4, 1 ; Colossiens, 1, 10 ; 1 Thessaloniciens, 2, 12. ― Pour que la foi de l’Evangile se propage parmi ceux qui lui sont étrangers.

et que vous demeuriez intrépides parmi tous les efforts de vos adversaires, ce qui est pour eux le sujet de leur perte, comme pour vous celui de votre salut ; et cet avantage vous vient de Dieu.

Car c’est une grâce qu’il vous a faite, non-seulement de ce que vous croyez en Jésus-Christ, mais encore de ce que vous souffrez pour lui ;

vous trouvant dans les mêmes combats où vous m’avez vu, et où vous entendez dire que je suis encore maintenant.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et que maintenant vous entendez de moi ; c’est-à-dire et dans lequel vous entendez dire que je suis encore maintenant engagé.