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Deutéronome 33

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

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Voici la bénédiction dont Moïse, homme de Dieu, bénit les enfants d’Israël, avant de mourir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

On s’accorde assez généralement à regarder ce chapitre et le suivant comme appartenant au livre de Josué. Autrefois, les livres saints étaient ordinairement sans titres et sans sommaires ; ils se suivaient, sans aucune division par sections. Cependant les bénédictions contenues dans ce 33° chapitre sont incontestablement l’œuvre de Moïse.

Il dit : Yahweh est venu de Sinaï, il s’est levé pour eux de Séïr, il a resplendi de la montagne de Pharan, il est sorti du milieu des saintes myriades ; de sa droite jaillissaient pour eux des jets de lumière,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le mont Séir était en Idumée, et celui de Pharan dans une région du pays des Ismaélites, à laquelle il donnait son nom. Pour expliquer la difficulté que semble offrir ce passage, il suffit de remarquer que Moïse nomme les trois montagnes de Sinaï, de Séir et de Pharan, non point par rapport à leur situation, car Pharan est plus près du Sinaï que Séir, quand on vient d’Egypte ; mais relativement à la route que les Israélites firent avant d’entrer sur les confins du pays de Chanaan. Remarquons encore que Moïse a pu réunir ces trois lieux, parce qu’ils furent illustrés tous les trois par les merveilles que Dieu y opéra.

Il aime aussi les peuples ; tous ses saints sont dans ta main, eux sont assis à tes pieds, et chacun recueille ta parole.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Sagesse, 3, 1 ; 5, 5. ― Le mot peuples doit d’entendre ici comme on l’entend en bien d’autres passages, d’une collection, d’une réunion nombreuse d’individus. Nous dirons donc avec les meilleurs interprètes, que Moïse veut exprimer ici les douze tribus, les Israélites. ― Dans sa main ; c’est-à-dire sous sa garde, sous sa protection toute particulière. ― Ceux qui s’approchent de ses pieds, ses disciples, qui viennent recevoir ses instructions. Anciennement, comme aujourd’hui encore dans plusieurs pays de l’Orient, les écoliers étaient assis aux pieds de leurs maîtres. Comparer à Actes des Apôtres, 22, 3. Cependant cette locution pourrait signifier ceux qui lui sont soumis, comme porte la version grecque.

Moïse nous a prescrit une loi, héritage de l’assemblée de Jacob.

Il devint roi en Jésurun, lorsque s’assemblèrent les chefs du peuple, avec les tribus d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il sera roi ; l’hébreu porte et il fut roi ; ce que la plupart des interprètes juifs et chrétiens entendent de Moïse, qui, sans porter le nom de roi, en eut toute l’autorité et toutes les prérogatives. D’ailleurs le terme traduit dans la Vulgate pour roi, signifie aussi gouverneur, chef, qui commande. Plusieurs traduisent : Elle (la loi) sera roi, tiendra lieu de roi ; mais le texte original s’oppose à cette interprétation. ― Chez le peuple très juste. Voir Deutéronome, 32, 15.

Que Ruben vive et qu’il ne meure point, et que ses hommes ne soient pas réduits à un petit nombre !

Ceci est pour Juda ; il dit : Écoute, ô Yahweh, la voix de Juda, et ramène-le vers son peuple. De son bras il combattra pour Israël, et tu lui viendras en aide contre ses ennemis.

Il dit pour Lévi : Ton Urim et ton Thummim sont confiés à ton homme saint, que tu as éprouvé à Massa, avec qui tu as contesté aux eaux de Mériba,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Votre perfection et votre doctrine. Comparer à Exode, 28, 30. ― A l’homme, etc. ; c’est-à-dire à Aaron. ― Que vous avez éprouvé, etc. L’hébreu porte : Que vous avez éprouvé par épreuve, ou en l’éprouvant ; genre de pléonasme qu’on rencontre à chaque page de la Bible. ― Eaux de contradiction. Voir Nombres, 20, 13.

qui a dit de son père et de sa mère : « Je ne les ai pas vus, » qui n’a pas reconnu ses frères, et ne sait rien de ses enfants. Car ils ont observé ta parole, et ils ont gardé ton alliance ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils n’ont pas connu leurs enfants ; ils n’ont pas été touchés de compassion pour eux, lorsqu’il s’est agi de venger l’outrage fait au Seigneur. (voir Exode, 32, 27-28).

ils enseignent tes ordonnances à Jacob, et ta loi à Israël ; ils présentent l’encens à tes narines, et l’holocauste sur ton autel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vos ordonnances, etc. Ces mots forment évidemment un des compléments du verbe ont observé du verset précédent, et sont en apposition avec parole et alliance du même verset 9 ; d’où le sens est : Ceux-là ont gardé votre parole, et ont observé votre alliance, qui ne sont autre chose que vos ordonnances, ô Jacob, et votre loi, ô Israël. Quelques traducteurs, abandonnant la Vulgate, ont rendu conformément à l’hébreu : Ils ont enseigné vos ordonnances à Jacob et votre loi à Israël.

Bénis sa force, ô Yahweh ; agrée l’œuvre de ses mains ; brise les reins de ses adversaires, et de ceux qui le haïssent ; qu’ils ne se relèvent plus !

Il dit pour Benjamin : Bien-aimé de Yahweh, il habitera en sécurité auprès de lui. Yahweh le protège continuellement, entre ses épaules il repose.

Il dit pour Joseph : Béni de Yahweh est son pays ; à lui le précieux don du ciel, la rosée, les eaux de l’abîme étendu en bas,

les produits excellents que fait mûrir le soleil, les fruits excellents des mois,

les meilleurs produits des montagnes antiques, les dons excellents des collines éternelles,

les dons excellents de la terre et de son abondance. Que la faveur de celui qui habita dans le buisson vienne sur la tête de Joseph, sur le haut de la tête du prince de ses frères !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 3, 2.

À son taureau premier-né, à lui est la gloire ; ses cornes sont les cornes du buffle ; il en frappera tous les peuples ensemble, jusqu’aux extrémités de la terre. Telles sont les myriades d’Éphraïm, tels sont les milliers de Manassé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les cornes du rhinocéros sont ses cornes. Les montagnes d’Ephraïm, héritage des enfants de Joseph, leur donnèrent la force prédite par Moïse. Juda devait garder le sud, comme un lion caché dans sa forteresse de Sion ; Ephraïm, son rival, devait défendre le nord, semblable au taureau et au rhinocéros (ou plutôt au buffle), moins belliqueux mais non moins puissant. Les chemins de communication entre le nord et le sud de la Palestine par la plaine d’Esdrelon, passaient par les défilés appartenant à Manassé.

Il dit pour Zabulon : Réjouis-toi, Zabulon, dans tes courses, et toi, Issachar, dans tes tentes !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans ta sortie ; c’est-à-dire tes excursions, ta navigation.

Ils appellent les peuples à venir sur la montagne ; là, ils offriront des sacrifices de justice, car ils suceront l’abondance de la mer, et les richesses cachées dans le sable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les trésors, le verre fabriqué par les Phéniciens, cachés dans le sable du Bélus.

Il dit pour Gad : Béni soit celui qui met Gad au large ! Il est couché comme une lionne ; il déchire le bras, même la tête.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme un lion. Gad eut quelque chose du caractère du lion de Juda. Il habita, comme un lion, dans les forêts, au sud du Jaboc, à l’est du Jourdain. Du temps de David, il est mentionné pour sa vaillance.

Il s’est choisi les prémices du pays : car là était cachée une part de chef, et il a marché en tête du peuple, il a accompli la justice de Yahweh, et ses jugements avec Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce docteur est, selon l’opinion commune, Moïse, qui fut enterré au-delà de Jourdain, où la tribu de Gad avait son partage.

Il dit pour Dan : Dan est un jeune lion, qui s’élance de Basan.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Basan. Voir Nombres, 21, 33.

Il dit pour Nephthali : Nephthali, rassasié de faveurs, et comblé des bénédictions de Yahweh, prend possession de la mer et du midi.

Il dit pour Aser : Béni soit Aser entre les fils de Jacob ! Qu’il soit le favori de ses frères, et qu’il trempe son pied dans l’huile !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans l’huile. Voir Genèse, note, 49.20.

Que tes verrous soient de fer et d’airain, et que ton repos dure autant que tes jours !

Nul, ô Jésurun, n’est semblable à Dieu, qui marche sur les cieux pour venir à ton secours, et, dans sa majesté, sur les nues..

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Du peuple très juste. Voir Deutéronome, 32, 15.

C’est un refuge que le Dieu des temps antiques, il te soutient de ses bras éternels ; il chasse devant toi l’ennemi, et il dit : « Détruis ! »

Israël habite en sécurité ; la source de Jacob coule à part, dans un pays de blé et de vin, et son ciel distille la rosée.

Heureux es-tu, Israël ! Qui est, comme toi, un peuple sauvé par Yahweh, le bouclier de ton secours, et l’épée de ta gloire ? Tes ennemis feindront devant toi, et toi, tu marcheras sur leurs hauteurs.