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Habacuc 3

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

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Prière d’Habacuc le prophète. Sur le mode dithyrambique.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour les ignorances ; c’est-à-dire pour les péchés commis par ignorance. C’est ainsi que l’ont compris le chaldéen, saint Jérôme, Aquila, Symmaque, l’auteur de la cinquième édition grecque, et il faut avouer que le texte hébreu lui-même est susceptible de ce sens, quoique la plupart des hébraïsants modernes l’entendent d’un instrument de musique ou d’un cantique, sur l’air duquel la prière du Prophète devait être chantée. Quant aux Septante, ils ont traduit avec un cantique. Le Prophète, selon plusieurs, a voulu, dans la prière qui suit, demander pardon à Dieu d’avoir par ignorance osé disputer avec lui sur sa providence, et, selon d’autres, il demande que les ignorances, c’est-à-dire les péchés du peuple soient effacés et pardonnés, afin que sa délivrance ne soit pas différée.

Yahweh, j’ai entendu ce que tu as fait entendre, je suis saisi de crainte, Yahweh ! Ton œuvre, dans le cours des âges, fais-la vivre ; dans le cours des âges fais-la connaître ! Dans ta colère, souviens-toi d’avoir pitié.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au milieu des années, bientôt, sans attendre trop longtemps.

Dieu vient de Théman, et le Saint de la montagne de Pharan (Séla). Sa majesté a couvert les cieux, et la terre a été remplie de sa gloire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dieu viendra, etc. ; allusion à ce que dit Moïse. Voir Deutéronome, 33, 2. ― Le midi et Pharan désignent ici l’Arabie Pétrée, où Dieu fit éclater sa gloire sur le mont Sinaï, lorsqu’il y proclama sa loi (voir Exode, 19, verset 16 et suivants). Habacuc rappelle cet événement, comme un gage de la future délivrance d’Israël par la toute-puissance de Dieu.

C’est un éclat comme la lumière du soleil levant ; des rayons partent de ses mains ; là se cache sa puissance.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses cornes ; hébraïsme, pour sa force.

Devant lui marche la mortalité, et la fièvre brûlante est sur ses pas.

Il s’est arrêté et a fait trembler la terre, il a regardé et a secoué les nations ; les montagnes éternelles se sont brisées, les collines antiques se sont affaissées ; il suit ses voies d’autrefois.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Du siècle, du monde ; c’est-à-dire, aussi anciennes que les siècles, que le monde ; les mots du texte orignal signifient éternité. Les Hébreux donnent souvent cette épithète aux montagnes, parce que dans la nature rien n’est moins sujet au changement que ces lourdes masses, ces énormes amas de terre et de rochers qui subsistent depuis le commencement des siècles. ― Par les marches, etc. ; sous les pas éternels, sous les pas de ce Dieu éternel.

J’ai vu dans la détresse les tentes de Cuschan ; les pavillons de la terre de Moab frémissent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les pavillons ou tentes ; littéralement, les peaux, parce que cette sorte d’habitation était anciennement faite avec des peaux. Comparer à Cantique des cantiques, 1, 4.

Est-ce contre des fleuves que Yahweh s’est irrité ? Ou bien est-ce contre les fleuves que s’enflamme ta colère, contre la mer que se déchaîne ta fureur, lorsque tu montes sur tes chevaux, sur tes chars de délivrance ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Est-ce que, etc. ; allusion au passage de la mer Rouge (voir Exode, chapitre 14), et du Jourdain (voir Josué, chapitre 3).

À nu ton arc se découvre ; tes traits sont les serments que tu as prononcés (Séla). En torrents tu fends la terre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Préparant, vous préparerez ; c’est-à-dire, vous préparerez avec le plus grand soin. Voir sur cet hébraïsme, Psaumes, 39, 2. ― Selon les serments. Le mot juramenta, en vertu d’un hébraïsme très fréquent, est un accusatif employé d’une manière adverbiale.

Les montagnes t’ont vu et tremblent ; une trombe d’eau a passé ; l’abîme a fait entendre sa voix, il tend ses mains en haut.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il a levé. C’est le mot précédent l’abîme, qui est le sujet de ce verbe. ― En haut. Tel est le sens de l’hébreu, véritable accusatif adverbial, que la Vulgate a rendu par le nominatif hauteur (altitudo). ― Ses mains ; c’est-à-dire ses flots.

Le soleil et la lune sont restés dans leur demeure ; on marche à la clarté de tes flèches à la lueur des éclairs de ta lance.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le soleil, etc. ; allusion au miracle dont il est question dans Josué, 10, 12-13.

Tu parcours la terre avec fureur, tu foules les nations avec colère.

Tu es sorti pour la délivrance de ton peuple, pour la délivrance de ton Oint ; tu as brisé le faîte de la maison du méchant, mettant à nu les fondements jusqu’en bas (Séla).

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Christ, ou oint, c’est-à-dire, consacré, constitué ; ce qui convient à Moïse, que Dieu constitua pour sauver son peuple. Isaïe, comme on l’a vu, appelle (voir Isaïe, 45, 1) Cyrus le christ de Dieu. Mais Moïse, comme Cyrus, n’a été que la figure du Christ par excellence, de Jésus-Christ. ― Vous l’avez mis, etc. ; littéralement : Vous avez mis à nu ses fondements jusqu’au cou.

Tu as percé de ses propres traits le chef de ses bandes, qui se précipitaient pour me disperser, en poussant des cris de joie, comme s’ils allaient dévorer le malheureux dans leur repaire.

Tu foules la mer sous les pieds de tes chevaux, l’amas des grandes eaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Allusion au passage de la mer Rouge et du Jourdain par les Israélites.

J’ai entendu, et mes entrailles se sont émues ; à cette voix mes lèvres frémissent, la carie entre dans mes os, mes genoux tremblent sous moi, de ce que je dois attendre en repos le jour de détresse, où l’ennemi montera contre un peuple pour l’opprimer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ceint (accintum) ; c’est-à-dire, préparé, prêt à partir. Ceindre ses reins, se disait chez les anciens Hébreux d’un homme qui entreprenait un voyage ou allait au combat. Comparer à 3 Rois, 18, 46 ; Job, 38, 3.

Car alors le figuier ne fleurira pas, il n’y aura rien à récolter dans les vignes ; le fruit de l’olivier manquera, et les champs ne donneront pas de nourriture ; la brebis disparaîtra de la bergerie, et il n’y aura plus de bœufs dans les étables.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ne fleurira pas. Quelques incrédules ont prétendu que cette menace était ridicule, puisque le figuier ne fleurit jamais en quelque contrée que ce soit ; mais il faut interpréter la Vulgate d’après l’hébreu qui signifie proprement sortir avec violence, s’élancer, faire irruption ; de là pousser, germer et fleurir. C’est ainsi que ce même verbe hébreu s’emploie pour marquer l’éruption de la lèpre (voir Lévitique, 13, 39), et s’applique aux plantes qui poussent leur germe. ― Le produit ou le fruit, littéralement, le travail, l’œuvre (opus). ― De grain ; littéralement, de nourriture.

Et moi, je veux me réjouir en Yahweh, tressaillir de joie dans le Dieu de mon salut.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jésus ; mot hébreu qui veut dire sauveur.

Yahweh, le Seigneur, est ma force ; il rend mes pieds pareils à ceux des biches, et me fait marcher sur mes lieux élevés. Au chef des chantres, sur mes instruments à cordes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Hauteurs ; c’est-à-dire, montagnes et collines.