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Nombres 21
ARAD, roi des Chananéens, qui habitait vers le midi, ayant appris qu’Israël était venu par le chemin des espions, combattit contre Israël, et l’ayant vaincu, il en emporta des dépouilles.
Mais Israël s’engagea par un vœu au Seigneur, en disant : Si vous livrez ce peuple entre mes mains, je ruinerai ses villes.
Le Seigneur exauça les prières d’Israël, et lui livra les Chananéens, qu’il fit passer au fil de l’épée, ayant détruit leurs villes ; et il appela ce lieu Horma, c’est-à-dire, anathème.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Horma. Voir Juges, 1, 17.
Ensuite ils partirent de la montagne de Hor par le chemin qui mène à la mer Rouge, pour aller autour du pays d’Edom. Et le peuple commençant à s’ennuyer du chemin et du travail,
il parla contre Dieu et contre Moïse, et lui dit ; Pourquoi nous avez-vous fait sortir de l’Égypte, afin que nous mourussions dans ce désert ? Le pain nous manque, nous n’avons point d’eau ; le cœur nous soulève maintenant à la vue de cette chétive nourriture.
C’est pourquoi le Seigneur envoya contre le peuple des serpents brûlants. Plusieurs en ayant été ou blessés, ou tués,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Judith, 8, 25 ; Sagesse, 16, 5 ; 1 Corinthiens, 10, 9.
ils vinrent à Moïse, et lui dirent : Nous avons péché, parce que nous avons parlé contre le Seigneur et contre vous ; priez-le qu’il nous délivre de ces serpents. Moïse pria donc pour le peuple,
et le Seigneur lui dit ; Faites un serpent d’airain, et mettez-le pour servir de signe ; quiconque étant blessé des serpents le regardera, sera guéri.
Moïse fit donc un serpent d’airain, et il le mit pour servir de signe ; et ceux qui ayant été blessés le regardaient, étaient guéris.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 3, 14. ― Voir sur ce serpent d’airain, Sagesse, 16, 7 et Jean, 3, 14-15.
Les enfants d’Israël étant partis de ce lieu, campèrent à Oboth,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Oboth, à l’entrée de l’ouadi Ithur actuel.
d’où étant sortis, ils dressèrent leurs tentes à Jéabarim dans le désert qui regarde Moab vers l’orient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jéabarim, à l’est du pays de Moab et probablement au nord de l’ouadi el-Ahsa.
Ayant décampé de ce lieu, ils vinrent au torrent de Zared,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au torrent de Zared, peut-être l’ouadi Kerak actuel.
qu’ils laissèrent ; et ils campèrent vis-à-vis le torrent d’Arnon qui est dans le désert, et qui sort de la frontière des Amorrhéens. Car l’Arnon est à l’extrémité de Moab, et sépare les Moabites des Amorrhéens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Juges, 11, 18. ― Arnon, aujourd’hui ouadi el-Modjib, prend sa source dans les montagnes orientales de Moab et se jette dans la mer Morte, après un cours de 75 kilomètres, dans un lit très escarpé.
C’est pourquoi il est écrit dans le livre des guerres du Seigneur : Il fera dans les torrents d’Arnon ce qu’il a fait dans la mer Rouge.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le livre des guerres du Seigneur est aujourd’hui perdu.
Les rochers des torrents se sont abaissés, pour descendre vers Ar, et se reposer sur les confins des Moabites.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ar. Ar-Moab, sur la rive gauche de l’Arnon, presque vis-à-vis d’Aroer.
Au sortir de ce lieu parut le puits dont le Seigneur parla à Moïse, en lui disant : Assemblez le peuple, et je lui donnerai de l’eau.
Alors Israël chanta ce cantique : Que le puits monte. Et ils chantaient tous ensemble :
C’est le puits que les princes ont creusé, que les chefs du peuple ont préparé par l’ordre de celui qui a donné la loi, et avec leurs bâtons. De ce désert le peuple vint à Matthana ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Matthana, d’après Eusèbe, était à douze mille romains à l’est de Médaba.
de Matthana à Nahaliel ; de Nahaliel à Bamoth ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nahaliel, peut-être l’ouadi-Enkheiléh, affluent de l’Arnon. ― Bamoth, Bemoth-Baal (voir Josué, 13, 17), montagne à l’est de la mer Morte, non loin de Dibon, sur la frontière de Moab, dans la tribu de Ruben.
de Bamoth on vient à une vallée dans le pays de Moab près de la montagne de Phasga qui regarde le désert.
Or Israël envoya des ambassadeurs à Séhon, roi des Amorrhéens, pour lui dire :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 2, 26 ; Juges, 11, 19.
Nous vous supplions de nous permettre de passer par votre pays ; nous ne nous détournerons point ni dans les champs ni dans les vignes ; nous ne boirons point des eaux de vos puits ; mais nous marcherons par la voie publique, jusqu’à ce que nous soyons passés hors de vos terres.
Séhon ne voulut point permettre qu’Israël passât par son pays ; et ayant même assemblé son armée, il marcha au-devant de lui dans le désert, vint à Jasa, et lui donna la bataille.
Mais il fut taillé en pièces par Israël, qui se rendit maître de son royaume depuis le torrent d’Arnon jusqu’à celui de Jéboc, et jusqu’aux confins des enfants d’Ammon ; car la frontière des Ammonites était défendue par de fortes garnisons.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 134, 11 ; Amos, 2, 9. ― Jusqu’à Jeboc, affluent du Jourdain, aujourd’hui ouadi-Zerka.
Israël prit donc toutes les villes de ce prince, et il habita dans les villes des Amorrhéens, c’est-à-dire, dans Hésébon, et dans les bourgs de son territoire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Hésébon, sur une colline où l’on voit encore ses ruines, à l’est du Jourdain, presque vis-à-vis de l’embouchure de ce fleuve.
Car la ville d’Hésébon appartenait à Séhon, roi des Amorrhéens, qui avait combattu contre le roi de Moab, et lui avait pris toutes les terres qu’il possédait jusqu’à l’Arnon.
C’est pourquoi on dit en proverbe ; Venez à Hésébon ; que la ville de Séhon s’élève et se bâtisse.
Le feu est sorti d’Hésébon, la flamme est sortie de la ville de Séhon, et elle a dévoré Ar des Moabites, et les habitants des hauts lieux de l’Arnon.
Malheur à toi, Moab ! tu es perdu, peuple de Chamos. Chamos a laissé fuir ses enfants, et a livré ses filles captives à Séhon, roi des Amorrhéens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Juges, 11, 24 ; 3 Rois, 11, 7. ― Chamos était une divinité des Moabites. ― Voir 3 rois, note 11.7.
Leur joug a été brisé depuis Hésébon jusqu’à Dibon. Ils sont venus tout lassés de leur fuite à Nophé, et jusqu’à Médaba.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dibon, ville des Amorrhéens, fut donnée à la tribu de Gad ; Dibon-Gad devint sans doute alors son nom. Elle est située dans une plaine riche en pâturages, au nord de l’Arnon. Plus tard elle tomba au pouvoir des Moabites. ― Nophé, ville inconnue. ― Médaba, aujourd’hui Madaba, à peu de distance au sud d’Hésébon, au nord de Baalméon.
Israël habita donc dans le pays des Amorrhéens.
Et Moïse ayant envoyé des gens pour considérer Jazer, ils prirent les villages qui en dépendaient, et se rendirent maîtres des habitants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour explorer Jazer. Jazer était une ville des Amorrhéens, qui fit depuis partie de la tribu de Gad, voir Nombres, 32, 35, et devint une ville lévitique, voir Josué, 21, 39. Elle tomba plus tard au pouvoir des Moabites. Elle était située à dix milles romains à l’ouest de Rabbath-Ammon, à quinze milles au nord d’Hésébon. On croit en avoir retrouvé les ruines à es-Sir, où sont des étangs qu’on peut considérer comme la mer de Jaser dont parle Jérémie, 48, 32.
Ayant ensuite tourné d’un autre côté, et étant montés par le chemin de Basan, Og, roi de Basan, vint au-devant d’eux avec tout son peuple pour les combattre à Edraï.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 33, 3 ; 29, 7. ― Basan, pays à l’est du Jourdain, borné au nord par le mont Hermon, à l’est par le pays de Gessuri et de Machati, au sud par le pays de Galaad, à l’ouest par la vallée du Jourdain ; vaste plateau, aujourd’hui inculte, mais autrefois fertile et couvert en partie de forêts de chênes. ― Edraï, ville capitale du royaume de Basan, sans eau, et d’un accès très difficile ; aujourd’hui Edra. On y voit des ruines considérables. Edra fut donné à Manassé.
Et le Seigneur dit à Moïse : Ne le craignez point, parce que je l’ai livré entre vos mains avec tout son peuple et son pays ; et vous le traiterez comme vous avez traité Séhon, roi des Amorrhéens, qui habitait à Hésébon.
Ils taillèrent donc en pièces ce roi avec ses enfants et tout son peuple, sans qu’il en restât un seul, et ils se rendirent maîtres de son pays.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Nombres, 33, 40. ― Arad, ville peu éloignée de Cadèsbarné, à vingt milles d’Hébron, selon Eusèbe ; mais d’autres prennent Arad pour un nom d’homme.