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Ézéchiel 27

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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La parole de Yahweh me fut adressée en ces termes :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Disant (dicens). Voir, sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.

« Toi, fils de l’homme, prononce sur Tyr une lamentation,

et dis à Tyr : Ô toi qui es assise aux entrées de la mer, qui trafiquais avec les peuples, vers des îles nombreuses, ainsi parle le Seigneur Yahweh : Ô Tyr, tu as dit : « Je suis parfaite en beauté ! »

ton domaine est au sein des mers ; ceux qui t’ont bâtie ont rendu parfaite ta beauté.

Ils ont construit en cyprès de Sanir toutes tes planches ; ils ont pris un cèdre du Liban, pour t’en faire un mât.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sanir ; nom que les Amorrhéens donnaient au mont Hermon. Cette montagne était située à l’orient du Jourdain, sur les confins de la Syrie, de même que le Liban à l’occident. ― Etages, etc., littéralement, étages de la mer (tabulatis maris) ; c’est-à-dire les étages du vaisseau.

De chênes de Basan ils ont fait tes rames ; ils ont fait tes bancs d’ivoire incrusté dans du buis provenant des îles de Kittim.

Le fin lin d’Égypte, avec ses broderies, formait tes voiles, il te servait de pavillon ; l’hyacinthe et l’écarlate des îles d’Élisa formaient tes tentures.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Elisa ; c’est-à-dire l’Elise, dans le Péloponnèse. ― Ta couverture. Les couvertures servent à différents usages dans les vaisseaux.

Les habitants de Sidon et d’Arvad te servaient de rameurs ; tes sages qui étaient chez toi, ô Tyr, étaient tes pilotes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Arad ; île célèbre sur les côtes de Phénicie.

Les anciens de Giblium et ses sages étaient chez toi, réparant tes fissures. Tous les vaisseaux de la mer et leurs marins étaient chez toi, pour échanger tes marchandises.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gébal ; ville de Phénicie, appelé Biblos par les Grecs. ― Ont été engagés, etc. ; littéralement, ont été parmi le peuple de ton commerce.

Perses, Lydiens et Lybiens étaient dans ton armée, c’étaient tes hommes de guerre ; ils suspendaient chez toi le casque et le bouclier, et te donnaient de la splendeur.

Les fils d’Arvad et ton armée étaient sur tes murailles tout autour, et des hommes vaillants étaient sur tes forteresses ; ils suspendaient leurs boucliers à tes murs tout autour ; ils te rendaient parfaite en beauté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pygmées (Pygmæi) ; signifie, en grec, combattants, comme l’a remarqué saint Jérôme. ― Le mot rendu par Pygmées est dans l’original gammadim, qui signifie braves ; il désigne les troupes indigènes de Phénicie.

Tharsis trafiquait avec toi pour ses richesses de toutes sortes, argent, fer, étain et plomb, dont elle payait tes marchandises.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Carthaginois. Dans l’original : les habitants de Tharsis ou Tartessus, dans la Bétique, en Espagne, d’où les Phéniciens tiraient les métaux énumérés dans ce verset.

Javan, Tubal et Mosoch faisaient commerce avec toi ; avec des âmes d’hommes et des vases de cuivre, ils soldaient tes créances.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Thubal ; fut le cinquième fils de Japhet, et Mosoch le sixième (voir Genèse, 10, 2) ; mais ces noms représentent ici deux peuples, sur lesquels on n’est guère d’accord. Cependant il y a quelque probabilité que Thubal signifie les Tibéraniens, voisins du rivage méridional de la mer Noire ; et Mosoch, les Mosques sur la côte orientale de la mer Noire.

Ceux de la maison de Thogorma, avec des chevaux de trait, des chevaux de course et des mulets, payaient tes marchandises.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Thogorma ; la Phrygie selon les uns, l’Arménie selon les autres, la Sarmatie, suivant d’autres. Il est certain que les chevaux de ces trois pays sont très vantés par les anciens auteurs.

Les fils de Dédan faisaient commerce avec toi ; le trafic d’îles nombreuses était dans ta main ; elles te donnaient en paiement des cornes d’ivoires et de l’ébène.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dédan ; fils de Jecsan et petit-fils d’Abraham et de Céthura, s’établit dans l’Arabie (voir Genèse, 25, 5).

Aram trafiquait avec toi, pour la multitude de tes produits ; avec des escarboucles, de la pourpre, des broderies, du fin lin, du corail et des rubis, il soldait tes créances.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chodchod ; ce mot du texte sacré, conservé ici par les Septante et la Vulgate, se trouve encore à Isaïe, 54, 12, où il a été rendu dans ces mêmes versions par jaspe. La signification primitive de ce terme paraît être, en hébreu, étincelant.

Juda et le pays d’Israël faisaient commerce avec toi, pour le froment de Minnith, les parfums, le miel, l’huile et le baume.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Baume. « Les montagnes de Galaad étaient couvertes d’amyris, arbrisseau d’où découle le baume de Judée ou baume de Galaad, parfum fort estimé alors. L’amyris est devenu excessivement rare de nos jours, et le peu de baume qu’on en récolte est réservé à l’usage du Sultan. Quelques auteurs ont voulu en conclure que les richesses aromatiques de la Judée avaient été grandement exagérées par les anciens, mais il ne faut pas oublier que ces arbres furent détruits par les Turcs, lorsqu’ils envahirent le pays. » (E. RIMMEL.)

Damas trafiquait avec toi, pour la multitude de tes produits, pour la multitude de tes biens, qu’elle échangeait avec du vin de Helbon et de la laine de Tsachar.

Védan et Javan de Ouzzal, avec du fer fabriqué, payaient tes marchandises ; la casse et le roseau odorant soldaient ta créance.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dan ; probablement la ville de ce nom vers les sources du Jourdain, appelée dans la suite Panéade ; car, pour la tribu de Dan, elle avait été emmenée captive longtemps auparavant par le roi d’Assyrie. ― Mosel ; lieu inconnu que quelques-uns pensent être la Carie.

Dédan faisait commerce avec toi, pour des housses servant à monter à cheval.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dédan ; marque peut-être ici les descendant de Dédan, fils de Regma et petit-fils de Chus, différents de ceux du verset 15. Dans Genèse, 10, 7, au lieu de Dédan, que lit l’hébreu, la Vulgate porte Dadan ; mais cette légère différence d’orthographe n’empêche pas que ce ne soit le même personnage.

L’Arabie et tous les princes de Cédar trafiquaient avec toi ; pour des moutons, des béliers et des boucs, ils trafiquaient avec toi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cédar. Voir Jérémie, 49, 28. ― L’Arabie, le pays qui s’étend à l’est et au sud-est de la Palestine jusqu’à la mer Rouge.

Les commerçants de Saba et de Rééma faisaient commerce avec toi ; avec tous les meilleurs aromates, avec toute espèce de pierres précieuses et avec de l’or ils payaient tes marchandises.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Saba et Réema ; provinces situées dans l’Arabie heureuse, près du golfe Persique.

Haran, Chéné et Éden, les commerçants de Saba, Assur et Chelmad faisaient commerce avec toi ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Haran et Chené ; noms de lieux de la Mésopotamie. ― Eden ; province où était situé le paradis terrestre. ― Saba ; différent de celui du verset 22, était probablement près de l’Idumée. ― Assur ; les Assyriens. ― Chelmad ; est la Carmanie, selon les Septante, la Médie, suivant la paraphrase chaldaïque.

ils faisaient avec toi commerce d’objets de luxe ; manteaux de pourpre violette et de brocart, coffres à vêtements, cordes tressées et fortes, planches de cèdre pour tes expéditions.

Les vaisseaux de Tharsis étaient tes caravanes, pour transporter tes marchandises. Tu es devenue tout à fait opulente et glorieuse, au sein des mers.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tes princes, etc. ; c’est-à-dire entretenaient ton principal commerce.

Mais sur les grandes eaux où te conduisaient ceux qui maniaient tes rames, le vent d’Orient t’a brisée, au sein des mers.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le vent du midi ; selon l’hébreu, de l’orient. On l’entend généralement de Nabuchodonosor, qui vint de l’Orient assiéger Tyr.

Tes richesses, ton trafic, tes marchandises, tes marins et tes pilotes, tes radoubeurs, les courtiers de ton commerce, tous tes hommes de guerre, qui sont chez toi, avec toute la multitude qui est au milieu de toi, tomberont au sein des mers, au jour de ta chute.

Au bruit des cris de tes pilotes, les plages trembleront ;

Et ils descendront de leurs navires, tous ceux qui manient une rame, les marins, tous les pilotes de la mer, et ils se tiendront sur terre.

Ils élèveront la voix sur toi, et pousseront des cris amers ; ils jetteront de la poussière sur leurs têtes, et se rouleront dans la cendre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Enumération des signes de deuil et de désolation.

Pour toi ils se raseront la tête, ils se revêtiront de sacs, et, dans l’amertume de leur âme, ils verseront sur toi des larmes, des pleurs amers.

Dans leur douleur, ils prononceront sur toi une lamentation, ils se lamenteront sur toi, en disant : Qui est comme Tyr, comme celle qui est devenue muette, au milieu de la mer ?

Quand tes marchandises sortaient des mers, tu rassasiais des peuples nombreux ; par l’abondance de tes richesses et de ton trafic, tu enrichissais les rois de la terre.

Maintenant que tu as été brisée par les mers, et jetée au fond des eaux, tes marchandises et toute ta multitude ont sombré avec toi.

Tous les habitants des îles sont dans la stupeur à cause de toi ; leurs rois sont saisis d’épouvante, leurs visages sont bouleversés.

Les commerçants des peuples sifflent sur toi ; tu es devenue un sujet d’effroi ; et pour jamais tu n’es plus ! »