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Sagesse 18
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Cependant une grande lumière brillait pour vos saints ; les Égyptiens entendaient leur voix sans voir leur visage, et, malgré leurs souffrances passées, les proclamaient heureux.
Et parce que, après avoir été maltraités, ils ne se vengeaient pas, ils leur rendaient grâces, et leur demandaient pardon de les avoir traités en ennemis.
À la place de ces ténèbres, vous avez donné à vos saints une colonne de feu, guide dans une route inconnue, soleil inoffensif pour leur glorieux pèlerinage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 14, 24 ; Psaumes, 77, 14 ; 104, 39. ― Vous leur avez donné, etc. La colonne de feu leur servait de soleil. ― De votre bonne hospitalité (boni hospitii) ; c’est-à-dire le désert, où le Seigneur traita si bien les Israélites, en leur donnant, outre les colonnes de feu et de nuée, la manne, les cailles, etc.
Ils méritaient bien d’être privés de lumière, et d’être emprisonnés dans les ténèbres, ceux qui tenaient enfermés vos enfants, par qui la lumière incorruptible de votre loi devait être donnée au monde.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une prison de ténèbres ; la plaie des ténèbres tenant les Egyptiens comme prisonniers dans les lieux où elle les avait surpris. Voir plus haut, Sagesse, 17, 16-17.
Ils avaient résolu de faire périr les enfants des saints, et, l’un de ces derniers ayant été exposé et délivré, vous leur avez, pour leur châtiment, enlevé la multitude de leurs fils, et vous les avez engloutis tous ensemble dans les flots impétueux.
Cette nuit avait été connue d’avance par nos pères, afin que, sachant bien à quelles promesses ils avaient cru, ils eussent meilleur courage.
Et ainsi votre peuple attendit la délivrance des justes et l’extermination de ses ennemis.
De même que vous avez châtié nos adversaires, du même coup vous nous avez glorifiés en nous appelant à vous.
En effet, les pieux enfants des saints offraient leur sacrifice en secret, et faisaient d’un commun accord ce pacte divin ; que les saints participeraient aux mêmes biens et aux mêmes dangers ; — chantant déjà d’avance les hymnes de leurs pères.
Pour leur faire écho, retentissaient les cris discordants des ennemis, et l’on entendait des lamentations sur les enfants qu’on pleurait.
L’esclave et le maître étaient punis de la même peine, et l’homme du peuple souffrait la même chose que le roi.
Ils avaient tous pareillement, dans un seul genre de mort, des morts sans nombre, et les vivants ne suffisaient pas aux funérailles, car leurs plus nobles rejetons avaient été exterminés en un instant.
Ils avaient refusé de croire à cause de leurs sortilèges ; quand arriva l’extermination des premiers-nés, ils reconnurent que ce peuple était fils de Dieu.
Pendant qu’un profond silence enveloppait tout le pays , et que la nuit était arrivée au milieu de sa course rapide,
votre Parole toute-puissante s’élança du haut du ciel, de son trône royal, comme un guerrier impitoyable, au milieu d’une terre vouée à l’extermination,
portant comme un glaive aigu votre irrévocable décret ; elle était là, remplissant tout de mort ; elle touchait au ciel et se tenait sur la terre.
Aussitôt des visions de songes effrayants les troublèrent, et des terreurs inattendues tombèrent sur eux.
Jetés par terre çà et là à demi-morts, ils révélaient la cause pour laquelle ils mouraient.
Car les songes qui les troublaient la leur avaient révélée, afin qu’ils ne mourussent pas sans savoir pourquoi ils étaient si rudement frappés.
L’épreuve de la mort atteignit aussi les justes, et il y eut dans le désert une destruction de la multitude ; mais votre colère ne dura pas longtemps.
Car un homme sans reproche se hâta de combattre pour les coupables ; prenant les armes de son ministère, la prière et l’encens expiatoire, il résista à la colère divine et mit un terme au fléau, montrant qu’il était votre serviteur.
Il vint à bout de cette sédition, non par la force corporelle, ni par la puissance des armes ; mais il dompta par la parole celui qui les châtiait, en rappelant les serments faits aux pères et les alliances.
Commentaire (versets 5 à 22) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 5 à 22 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Dixième plaie : l’ange exterminateur fait mourir les premiers-nés des Egyptiens. Celui qui le faisait souffrir ; l’ange exterminateur (voir verset 25). Aaron a dû, en effet, beaucoup souffrir en voyant exterminer son peuple. ― Les serments faits à nos pères ; c’est le vrai sens du latin juramenta patrum, par hébraïsme.
Lorsque déjà les morts étaient tombés en tas les uns sur les autres, s’interposant, il arrêta la colère, et ferma à l’Exterminateur le chemin des survivants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lui coupa la le chemin ; littéralement divisa, partagea le chemin ; en se posant entre le feu, qui avait déjà dévoré beaucoup d’Israélites, et ceux qui vivaient encore.
Car sur la robe qui tombait jusqu’à terre était tout l’univers ; les noms glorieux des pères étaient gravés sur les quatre rangées de pierres précieuses, et votre majesté sur le diadème de sa tête.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 28, 6. ― Dans la longue robe, etc. Cette robe du grand prêtre était de fin lin, bleu de ciel, et au bord de laquelle pendaient des sonnettes d’or entremêlées de grenades couleur de pourpre. Or la couleur bleue représentait le ciel et l’air ; la toile de lin, la terre ; l’or, le feu et les grenades, la mer. ― Les grandeurs ; les Septante disent les gloires, ce sont les noms des douze patriarches, fils de Jacob (voir Exode, 28, verset 17 et suivants). ― Votre magnificence, etc. Le grand-prêtre portait écrit sur une lame d’or qui ceignait son front : « La sainteté est au Seigneur » (voir Exode, 28, 36-38.).
Devant ces symboles, l’Exterminateur se retira, il en fut effrayé ; car la seule expérience de votre colère était suffisante.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 10, 23. ― Ils entendaient, etc. Cela est dit des Hébreux, suivant les uns, et des Egyptiens, selon les autres. Ces derniers se fondent principalement sur quelques exemplaires qui ajoutent le mot inimici ou ennemis.