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Sagesse 12
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Car votre esprit incorruptible est dans tous les êtres.
C’est pourquoi vous châtiez avec modération ceux qui tombent, et, quand ils pèchent, vous les avertissez et vous les reprenez, afin que, renonçant à leur malice, ils croient en vous, Seigneur.
Vous aviez en haine les anciens habitants de votre terre sainte,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 9, vv. 2, 12, 29 ; 18, 12. ― Ces anciens habitants, etc. ; c’est-à-dire les Chananéens.
parce qu’ils se livraient à des œuvres détestables de magie, à des cérémonies impies,
et à des meurtres cruels d’enfants, dévorant des chairs humaines et s’abreuvant de sang. Ces initiés à d’abominables mystères,
Commentaire (versets 4 à 5) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 4 à 5 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
On ne saurait taxer de faux l’auteur de la Sagesse dans les détails qu’il donne ici des crimes des Chananéens, et dont les anciennes Ecritures ne chargent pas ce peuple. On sait que plusieurs peuples de Chananéens immolaient leurs propres enfants aux fausses divinités. On sait encore que dans la plupart des sacrifices la coutume était de manger quelque partie de la victime offerte ; il est donc très vraisemblable que ceux qui immolaient des victimes humaines aient porté l’excès jusqu’à manger quelque partie de ces victimes. Ainsi, quoique dans les autres endroits de l’Ecriture, où il est parlé de Chananéens, il ne soit rien dit de cette coutume abominable de manger les entrailles des hommes et de dévorer leur sang, ce n’est pas une raison suffisante pour rejeter le témoignage de l’auteur de ce livre, lorsqu’il assure positivement cette abomination et cette horreur. Au milieu de votre terre sacrée (a medio sacramento suo). C’est l’explication des anciens interprètes et celle qui nous semble la meilleure. La Palestine était, en effet, une terre consacrée à Dieu, depuis qu’il avait promis par serment (sacramento) de la donner aux descendants d’Abraham, et d’y établir le siège de la vraie religion. C’est de là qu’elle est encore appelée terre sainte (voir verset 3), et terre la plus chère de toutes à Dieu (voir verset 7).
ces parents meurtriers d’êtres sans défense, vous vouliez les détruire par la main de nos pères,
afin que cette terre que vous honorez entre toutes reçût une digne colonie d’enfants de Dieu.
Cependant, comme ils étaient hommes, vous avez usé de clémence, et vous avez envoyé, comme avant-coureurs de votre armée, des frelons pour les faire périr peu à peu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et vous avez envoyé, etc. Comparer à Exode, 23, vv. 28, 30 ; Deutéronome, 8, 20.
Non qu’il vous fût impossible de faire tomber ces impies, dans une bataille rangée, sous la main des justes, ou de les exterminer d’un seul coup par des bêtes féroces, ou par un ordre rigoureux ;
mais, en exerçant vos jugements par degré, vous leur donniez lieu de faire pénitence, quoique vous sussiez bien qu’ils étaient une race perverse, que leur malice était innée, et que leurs pensées ne changeraient jamais ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 23, 30 ; Deutéronome, 7, 22. ― Châtiant ; littéralement jugeant (judicans). Nous avons déjà fait observer que dans le style biblique, juger signifiait aussi les suites du jugement, comme condamner, punir, châtier. ― Par parties ; par degrés, peu à peu. Comparer au verset 2.
car c’était une race maudite dès l’origine. Ce n’est pas non plus par crainte de personne que vous vous êtes montré indulgent pour leurs péchés.
Qui en effet pourrait vous dire : « Qu’avez-vous fait ? » Qui pourrait s’opposer à votre jugement ? Qui vous accuserait de faire périr les nations que vous avez faites ? Qui viendrait plaider contre vous la cause d’hommes impies ?
Car il n’y a pas d’autre Dieu que vous, qui prenez soin de toutes choses, afin de montrer que vous ne jugez pas injustement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Pierre, 5, 7. ― De toutes choses ; ou de tous les hommes ; l’expression est amphibologique, dans le grec aussi bien que dans la Vulgate.
Il n’y a ni roi ni tyran qui puisse se lever contre vous, pour la défense de ceux que vous avez châtiés.
Mais, comme vous êtes juste, vous réglez tout avec justice, et vous regardez comme une chose contraire à votre puissance de condamner aussi celui qui ne mérite pas de châtiment.
Car votre puissance est le fondement de la justice, et c’est parce que vous êtes le Seigneur de tous que vous usez d’indulgence envers tous.
C’est à ceux qui ne croient pas à votre toute-puissance que vous montrez votre force, et vous confondez l’audace de ceux qui la connaissent.
Maître de votre force, vous jugez avec douceur, et vous nous gouvernez avec une grande indulgence, car la puissance est avec vous quand vous le voulez.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De pouvoir ; c’est-à-dire d’exercer votre pouvoir, d’user de votre puissance.
En agissant ainsi, vous avez appris à votre peuple que le juste doit être humain, et vous avez inspiré à vos enfants la joyeuse espérance que, s’ils pèchent, vous leur accordez le temps du repentir.
Si, en effet, vous avez puni, avec tant de ménagement et d’indulgence, les ennemis de vos serviteurs, bien qu’ils fussent dignes de mort, leur donnant le temps et l’occasion de se convertir de leur malice,
avec quelle circonspection jugez-vous vos enfants, dont les pères ont reçu de vous des serments et des alliances, jointes à de magnifiques promesses !
Quand vous nous corrigez, vous flagellez nos ennemis mille fois plus fort, pour nous apprendre, quand nous jugeons, à songer à votre bonté, et, quand nous sommes jugés, à espérer en votre miséricorde.
Voilà pourquoi vous avez tourmenté par leurs propres abominations, les injustes qui passaient leur vie dans la folie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par les choses mêmes qu’ils adoraient. Les Egyptiens adoraient les serpents ; les Philistins et vraisemblablement aussi les Chananéens adoraient Béelzébuth, le dieu-mouche ou des mouches, dont il est souvent parlé dans l’Ecriture. Ainsi, pour les punir par les choses mêmes qu’ils adoraient, Dieu envoya contre eux une armée de mouches pour les chasser et les tourmenter.
Car ils s’étaient enfoncés si loin dans les voies de l’erreur, qu’ils regardaient comme des dieux les plus vils des animaux, s’étant laissé tromper comme des enfants sans raison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Romains, 1, 23. ― Inutiles (supervacua). Voir Sagesse, 11, 16.
Aussi comme à des enfants sans raison, leur avez-vous envoyé d’abord un châtiment dérisoire.
Mais ceux qu’une correction dérisoire n’a pas amendés, subiront un châtiment digne de Dieu.
Commentaire (versets 25 à 26) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 25 à 26 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Châtiment ; littéralement jugement (judicium). Comparer au verset 10.
Châtiés par ceux qu’ils prenaient pour des dieux, ils furent exaspérés de leurs souffrances, et, voyant Celui qu’ils avaient autrefois refusé de connaître, ils le reconnurent pour le Dieu véritable ; c’est pourquoi la suprême condamnation tomba sur eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils reconnurent le Dieu véritable ; mais ils s’en tinrent là ; ils furent du nombre de ces païens, dont parle saint Paul, lesquels, ayant connu Dieu, ne l’ont pas glorifié come Dieu (voir Romains, 1, 21). ― Et à cause de cela, etc. ; c’est ce qui attira enfin sur eux les derniers malheurs ; ils furent exterminés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par parties (partibus) ; partiellement ou graduellement, peu à peu et non tout d’un coup, comme ceux qui craignent que leurs ennemis ne leur échappent.