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Ecclésiaste 10
LES mouches qui meurent dans le parfum, en gâtent la bonne odeur : ainsi une imprudence légère et de peu de durée l’emporte sur la sagesse et la gloire.
Le cœur du sage est dans sa main droite, et le cœur de l’insensé est dans sa main gauche.
L’imprudent même qui marche dans sa voie, croit tous les autres insensés comme il l’est lui-même.
Si l’esprit de celui qui a la puissance, s’élève sur vous, ne quittez point votre place : parce que les remèdes qu’on vous appliquera, vous guériront des plus grands péchés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Si l’esprit, etc. Le sens le plus naturel de ce verset est : Si un grand, un homme puissant est irrité contre toi, ne quitte pas ta place ; c’est-à-dire ne te décourage pas, mais sois modéré et doux ; car, par ce moyen, tu éviteras et tu feras éviter les plus grandes fautes. Remarquons que le terme hébreu rendu dans la Vulgate par remède (curatio) signifie aussi modération, douceur, soit dans les paroles, soit dans la manière d’agir ; signification qui convient parfaitement dans ce passage.
Il y a un mal que j’ai vu sous le soleil, qui semble venir de l’erreur du prince :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sortant, etc. ; c’est-à-dire qu’on ne peut considérer que comme une faute d’ignorance du prince, comme un manque de sagesse ou d’attention de sa part.
l’imprudent élevé dans une dignité sublime, et les riches assis en bas.
J’ai vu les esclaves à cheval, et les princes marcher à pied comme des esclaves.
Qui creuse la fosse, y tombera ; et qui rompt la haie, sera mordu du serpent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 26, 27 ; Ecclésiastique, 27, 29.
Qui transporte les pierres, en sera meurtri ; et qui fend le bois, en sera blessé.
Si le fer s’émousse, et qu’au lieu de le rétablir dans son premier état, on le rebrousse encore, on aura bien de la peine à l’aiguiser ; ainsi la sagesse ne s’acquiert que par un long travail.
Celui qui médit en secret, est comme un serpent qui mord sans faire de bruit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
N’a rien de moins, etc. ; le médisant ne diffère en rien du serpent ; il n’est pas moins dangereux.
Les paroles qui sortent de la bouche du sage sont pleines de grâce ; les lèvres de l’insensé le feront tomber dans le précipice ;
ses premières paroles sont une imprudence, et les dernières qui sortent de sa bouche, sont une erreur très-maligne.
L’insensé se répand en paroles. L’homme ignore ce qui a été avant lui ; et qui pourra lui découvrir ce qui doit être après lui ?
Le travail des insensés les accablera, parce qu’ils ne savent comment il faut aller à la ville.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le travail, etc. L’insensé est si paresseux, que tout travail le lasse et l’accable ; il est en même temps si ignorant et si stupide, qu’il ignore jusqu’au chemin de la ville.
Malheur à toi, terre, dont le roi est un enfant, et dont les princes mangent dès le matin !
Heureuse est la terre dont le roi est d’une race illustre, et dont les princes ne mangent qu’au temps destiné pour se nourrir, et non pour satisfaire leur sensualité.
La charpente du toit se gâtera peu à peu par la paresse, et les mains lâches seront cause qu’il pleuvra partout dans la maison.
Les hommes emploient le pain et le vin pour rire et se divertir, et pour passer leur vie en festins ; et toutes choses obéissent à l’argent.
Ne parlez point mal du roi dans votre pensée, et ne médisez point du riche dans le secret de votre chambre : parce que les oiseaux mêmes du ciel rapporteront vos paroles, et ceux qui ont des ailes publieront ce que vous aurez dit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les mouches qui meurent dans un parfum en font perdre la bonne odeur. ― Une folie, etc. Il y a une certaine folie qui l’emporte sur la sagesse et la gloire. Pour être véritablement sage, il faut devenir insensé aux yeux du monde. Or, cette folie, suivant saint Paul, vaut mieux que toute la prétendue sagesse humaine, qui, en effet, selon le même apôtre, n’est que folie devant Dieu. Voir 1 Corinthiens, 1, 25 ; 3, 18.