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1 Machabées 12

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

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Jonathas, voyant que les circonstances étaient favorables, choisit des hommes et les envoya à Rome pour confirmer et renouveler l’amitié des Juifs avec les Romains.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jonathas dut envoyer cette ambassade à Rome vers 143 ou 142, peu après la prise de Carthage et de Corinthe.

Il envoya aussi aux Spartiates et en d’autres lieux des lettres dans le même sens.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Numénius et Antipater, envoyés à Rome, voir verset 16, passèrent à leur retour de Rome par Sparte.

Ils se rendirent donc à Rome, entrèrent dans le sénat et dirent : « Jonathas, grand prêtre, et la nation des Juifs nous ont envoyés pour renouveler l’amitié et l’alliance avec eux, telles qu’elles existaient auparavant. »

Et le sénat leur remit une lettre pour les autorités romaines de chaque lieu, recommandant de leur procurer un heureux retour dans le pays de Juda.

Voici la copie de la lettre que Jonathas écrivit aux Spartiates :

« Jonathas, grand prêtre, le sénat de la nation, les prêtres et le reste du peuple juif, aux Spartiates leurs frères, salut !

Déjà, dans les temps passés, une lettre a été envoyée à Onias, grand prêtre, de la part d’Aréius qui régnait sur vous, attestant que vous êtes nos frères, comme en fait foi la copie ci-dessous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Onias. On distingue quatre grands prêtres de ce nom. Onias Ier, fils de Jaddus, qui était grand prêtre à l’époque d’Alexandre le Grand. Il fut contemporain de Ptolémée Ier Lagus et de Séleucus Ier Nicator ; il exerça ses fonctions de 323 à 300 avant Jésus-Christ. ― Onias II, fils de Simon II, était pontife du temps de Séleucus IV Philopator (187-175). ― Onias III était grand prêtre sous le règne d’Antiochus IV Epiphane (175-164) et il fut forcé d’abandonner le souverain sacerdoce à son frère Jason, voir 2 Machabées, du chapitre 3 au chapitre 5. ― Son fils Onias IV éleva en Egypte le temple de Léontopolis. Les commentateurs ont vu dans l’Onias dont il est question ici, les uns le premier, d’autres le second et d’autres le troisième, mais il ne peut être question que d’Onias Ier, parce qu’il est le seul contemporain d’Arius, roi de Sparte. Il y a eu deux rois de ce nom. Arius Ier régna de 309 à 265 avant notre ère. C’est celui dont parle la lettre de Jonathas. Arius II, petit-fils du Ier, mourut à l’âge de huit ans en 257.

Onias accueillit avec honneur l’homme qui était envoyé, et reçut la lettre ou il était clairement parlé d’alliance et d’amitié.

Nous donc, quoique nous n’eussions pas besoin de ces choses, ayant pour consolation les saints Livres qui sont entre nos mains,

nous avons essayé d’envoyer vers vous pour renouveler la fraternité et l’amitié qui nous unissent à vous, afin que nous ne vous devenions pas étrangers ; car de nombreuses années se sont écoulées depuis que vous avez envoyé vers nous.

Nous donc, en tout temps, nous nous souvenons constamment de vous, et dans nos solennités et aux autres jours sacrés, dans les sacrifices que nous offrons et dans nos prières, comme il est juste et convenable de se souvenir de ses frères.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans les observances ; le grec porte, dans nos prières, ce qui a fait penser qu’on lisait primitivement dans la Vulgate in obsecrationibus, au lieu de in observationibus. D’autant que les Juifs priaient et offraient des sacrifices pour les princes leurs alliés, et pour ceux auxquels ils étaient soumis (voir 1 Machabées, 7, 33 ; Baruch, 1, 10-11).

Nous nous réjouissons de votre prospérité.

Mais nous, de nombreuses calamités et des guerres incessantes nous assiègent ; les rois qui nous entourent nous font la guerre.

Nous n’avons pas voulu, à l’occasion de ces guerres, être à charge, soit à vous, soit à nos autres alliés et amis.

Car nous avons le secours du ciel pour nous venir en aide, et nous avons été délivrés et nos ennemis ont été humiliés.

C’est pourquoi nous avons choisi Numénius, fils d’Antiochus, et Antipater, fils de Jason, et nous les avons envoyés vers les Romains pour renouveler avec eux l’amitié et l’alliance ancienne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Numénius et Antipater nous sont inconnus ; mais le Jason, dont celui-ci est le fils, doit être celui qui avait été envoyé à Rome par Judas Machabées, voir 1 Machabées, 8, 17.

Nous leur avons donc mandé d’aller aussi vers vous, de vous saluer et de vous apporter notre lettre concernant le renouvellement de notre fraternité.

Et maintenant vous ferez bien en nous répondant à ce sujet. »

Voici la copie de la lettre qu’on avait envoyée à Onias :

« Aréius, roi des Spartiates, au grand prêtre Onias, salut !

Il a été trouvé dans un écrit sur les Spartiates et les Juifs que ces deux peuples sont frères, et qu’ils sont de la race d’Abraham.

Maintenant que nous savons cela, vous ferez bien de nous écrire touchant votre prospérité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vous faites bien. Le mot de la Vulgate benefacitis semble avoir été mis pour benefacietis (vous ferez bien), plus conforme au contexte, et confirmé par la leçon du grec.

Nous aussi, à notre tour, nous vous écrirons. Vos troupeaux et vos biens sont à nous, et les nôtres sont à vous. — Les porteurs de cette lettre ont ordre de vous faire des déclarations en ce sens. »

Ayant été informé que les généraux de Démétrius étaient revenus pour l’attaquer avec une armée plus considérable qu’auparavant,

Jonathas partit de Jérusalem et marcha à leur rencontre jusqu’au pays d’Emath, car il ne leur laissa pas le temps d’envahir son pays.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La région d’Amath ; littéralement, la région d’Amathite. Plusieurs entendent qu’Amath est la même qu’Emath (en hébreu Hamath), ville située sur les frontières septentrionales de la Palestine.

Il envoya des espions dans leur camp, et, à leur retour, ils lui rapportèrent que les Syriens avaient résolu de le surprendre pendant la nuit.

Lorsque le soleil fut couché, Jonathas commanda aux siens de veiller et de se tenir en armes toute la nuit, prêts à combattre, et il détacha des sentinelles avancées tout autour du camp.

Mais les ennemis, ayant appris que Jonathas et les siens se tenaient prêts à combattre, furent saisis de crainte, ils tremblèrent dans leur cœur ; ils allumèrent des feux dans leur camp, et s’enfuirent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils allumèrent des feux dans leur camp, pour faire croire aux Juifs qu’ils étaient toujours là.

Jonathas et les siens ne s’aperçurent de leur retraite que le matin, car ils voyaient des feux allumés.

Alors Jonathas se mit à leur poursuite, mais il ne les rejoignit pas, car ils avaient traversé le fleuve Eleuthère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le fleuve Eleuthère. Voir 1 Machabées, 11, 7.

Alors Jonathas se tourna vers les Arabes appelés Zabadéens ; il les battit et s’empara de leurs dépouilles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Zabadéens. On ne connaît pas d’Arabes de ce nom ; c’est pourquoi la plupart des commentateurs lisent avec l’historien Josèphe Nabathéens, en supposant que les Nabathéens ou Nabuthéens (voir plus haut, 1 Machabées, 5, 25), qui étaient amis des Juifs, étaient devenus leurs ennemis en se déclarant pour Démétrius.

De là il alla à Damas et parcourut toute la contrée.

Simon, de son côté, s’étant mis en marche, s’avança jusqu’à Ascalon et jusqu’aux forteresses voisines ; puis il se tourna vers Joppé et l’occupa,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ascalon. Voir plus haut, 1 Machabées, 10, 86.

parce qu’il avait appris que la population avait le dessein de livrer la forteresse à Démétrius, et il y mit une garnison pour garder la ville.

À son retour à Jérusalem, Jonathas convoqua les anciens du peuple et résolut avec eux de construire des forteresses en Judée,

d’exhausser les murailles de Jérusalem et de bâtir un mur élevé entre la citadelle et la ville, afin de séparer l’une de l’autre, de manière que la citadelle fût isolée et qu’on n’y pût ni vendre ni acheter.

Des ouvriers étant rassemblés pour construire la ville, on se mit au mur qui s’élevait au-dessus du torrent de Cédron, vers l’orient, et l’on répara la partie appelée Caphénatha.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le torrent de Cédron, à l’orient de Jérusalem. ― Caphététha était vraisemblablement le nom de la partie du mur de Jérusalem qui était tombée dans le Cédron, parce que les fondements étaient trop faibles.

Simon, de son côté, bâtit Hadida dans la Séphéla, et il y mit des portes et des verrous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Adiada, ville à l’occident de Jérusalem. ― Séphéla, plaine au couchant des montagnes de Juda. ― Sur la Séphéla, voir Juges, note 15.5.

Cependant Tryphon aspirait à devenir roi d’Asie, à ceindre le diadème et à mettre la main sur le roi Antiochus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur l’Asie, voir plus haut, 1 Machabées, 8, 6. ― Sur l’usurpation de Tryphon, voir 1 Machabées, 11, 39.

Craignant que Jonathas ne le laissât pas faire et ne combattit contre lui, il cherchait le moyen de se saisir de sa personne et de le mettre à mort. S’étant donc mis en route, il vint à Bethsan.

Jonathas s’avança à sa rencontre, avec quarante mille hommes, guerriers d’élite, et il marcha sur Bethsan.

Commentaire (versets 40 à 41) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 40 à 41 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Bethsan. Voir 1 Machabées, 5, 52.

Voyant que Jonathas était venu avec une armée nombreuse, Tryphon craignit de mettre la main sur lui.

Il le reçut avec honneur, le recommanda à tous ses amis, lui offrit des présents et ordonna à ses troupes de lui obéir comme à lui-même.

Et il dit à Jonathas : « Pourquoi as-tu fatigué tout ce peuple, puisqu’il n’y a pas de guerre entre nous ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce ; pronom qui se lit dans le grec, et que le contexte réclame.

Renvoie-les donc dans leurs maisons, mais choisis-en quelques-uns pour t’accompagner et viens avec moi à Ptolémaïs ; je te livrerai cette ville, ainsi que les autres forteresses, les autres troupes et tous les officiers royaux, puis je retournerai à Antioche ; car c’est pour cela que je suis venu. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Ptolémaïde. Voir plus haut, 1 Machabées, 5, 15.

Jonathas le crut et fit comme il avait dit ; il renvoya son armée, qui s’en retourna en Judée.

Il garda avec lui trois mille hommes, dont il détacha deux mille en Galilée, et mille seulement l’accompagnèrent.

Mais dès que Jonathas fut entré à Ptolémaïs, les habitants fermèrent les portes de la ville, se saisirent de lui et tuèrent par l’épée tous ceux qui étaient entrés avec lui.

En même temps Tryphon envoya une armée et des cavaliers en Galilée et dans la grande plaine, pour massacrer tous les hommes de Jonathas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La grande plaine. Voir 1 Machabées, 5, 52.

Mais ceux-ci, ayant entendu dire que Jonathas avait été pris et mis à mort avec tous ceux qui l’accompagnaient, s’encouragèrent mutuellement et se mirent en marche, les rangs serrés, prêts à combattre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lorsqu’ils eurent appris, etc. On crut d’abord que Tryphon avait fait mourir Jonathas ; mais on sut le contraire dans la suite (voir 1 Machabées, 13, vv. 12, 15).

Ceux qui les poursuivaient, voyant qu’ils étaient résolus à défendre leur vie, revinrent sur leurs pas ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’il s’agissait, etc. ; c’est-à-dire, qu’ils feraient payer leur vie bien cher, littéralement, que pour l’âme ou la vie, à eux est la chose.

et eux rentrèrent tous sans être inquiétés dans le pays de Juda. Ils pleurèrent Jonathas et ses compagnons, et une grande crainte s’empara d’eux, et tout Israël mena grand deuil.

Alors toutes les nations d’alentour cherchèrent à les perdre, car elles disaient :

« Ils n’ont plus ni chef ni secours de personne ; attaquons-les donc maintenant, et faisons disparaître leur mémoire d’entre les hommes. »