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1 Machabées 11

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

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Le roi d’Égypte rassembla une armée innombrable comme le sable qui est sur le bord de la mer, et de nombreux vaisseaux, et il cherchait à se rendre maître du royaume d’Alexandre par ruse et à l’annexer à son royaume.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le roi d’Egypte, Ptolémée Philométor.

Il s’avança donc vers la Syrie avec des paroles de paix ; les habitants des villes les ouvraient devant lui et accouraient à sa rencontre ; car le roi Alexandre avait ordonné d’aller au-devant de lui, parce qu’il était son beau-père.

Mais, dès que Ptolémée était entré dans une ville, il y laissait de ses troupes pour la garder.

Lorsqu’il approcha d’Azot, les habitants lui montrèrent le temple de Dagon brûlé, la ville elle-même et ses alentours en ruines, les cadavres épars et les restes de ceux qui avaient été brûlés dans la guerre ; car ils en avaient fait des monceaux sur la route.

Et ils racontèrent au roi ce qu’avait fait Jonathas, afin de le rendre odieux ; mais le roi se tut.

Jonathas se rendit auprès du roi à Joppé pour lui rendre hommage ; ils se saluèrent mutuellement et passèrent là la nuit.

Jonathas accompagna le roi jusqu’au fleuve nommé Eleuthère, puis il retourna à Jérusalem.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Eleuthère. Les uns mettent ce fleuve entre Tyr et Sidon, les autres avec beaucoup plus de probabilité au-delà du Liban, au nord de cette montagne.

Le roi Ptolémée se rendit ainsi maître des villes maritimes jusqu’à Séleucie sur la mer, et il méditait de mauvais desseins contre Alexandre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Séleucie près de la mer, ainsi surnommée, pour la distinguer des huit autres villes de ce nom bâties ou restaurées par Séleucus Ier Nicator. Elle était située à quarante stades, ou sept à huit kilomètres au nord de l’embouchure de l’Oronte, à vingt-deux kilomètres environ d’Antioche. On l’appelait aussi Piéria, parce qu’elle s’élevait au pied du mont Piérius.

Il envoya des ambassadeurs au roi Démétrius, pour lui dire : « Viens, faisons alliance ensemble, et je te donnerai ma fille qu’Alexandre a épousée, et tu régneras dans le royaume de ton père.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ma fille Cléopâtre. Voir plus haut, 1 Machabées, 10, 57.

Je me repens de lui avoir donné ma fille, car il a cherché à m’assassiner. »

Il le rabaissait ainsi parce qu’il avait envie de son royaume.

Ayant enlevé sa fille, il la donna à Démétrius ; dès lors il rompit avec Alexandre, et leur hostilité devint publique.

Ptolémée fit son entrée à Antioche, prit le diadème d’Asie, mettant ainsi sur sa tête deux couronnes, celle d’Égypte et celle d’Asie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’Asie. Voir plus haut, 1 Machabées, 8, 6.

En ce temps-là, Alexandre était en Cilicie, parce que les habitants de cette contrée s’étaient révoltés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En ces lieux, dans les provinces de Syrie. ― En Cilicie. Nous avons vu, voir 1 Machabées, 10, 67, que c’est là qu’avait débarqué Démétrius II, pour disputer la couronne à Alexandre Balas.

Dès qu’il apprit la trahison de son beau-père, Alexandre s’avança contre lui pour le combattre ; le roi Ptolémée déploya son armée, marcha à sa rencontre avec de grandes forces, et le mit en fuite.

Alexandre s’enfuit en Arabie pour y chercher un asile, et le roi Ptolémée triompha.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En Arabie, qui s’étend à l’est et au sud de la Palestine, jusqu’à la mer Rouge.

L’Arabe Zabdiel trancha la tête à Alexandre et l’envoya à Ptolémée.

Le roi Ptolémée mourut trois jours après, et les Égyptiens qui étaient dans les forteresses furent tués par leurs habitants.

Commentaire (versets 17 à 18) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 17 à 18 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Alexandre Balas s’était enfui avec cinquante des siens, parmi lesquels, au rapport de Diodore de Sicile, étaient deux de ses officiers, qui achetèrent par sa mort les bonnes grâces de Démétrius II. Le fils d’Alexandre, le jeune Antiochus était déjà en Arabie. Voir 1 Machabées, 11, 39. Les officiers qui déterminèrent Zabdiel à faire périr Alexandre, portèrent sans doute eux-mêmes sa tête à Ptolémée, qui détestait son ancien gendre. Ptolémée, d’après les récits des auteurs profanes, avait été grièvement blessé à la tête dans le combat. Il mourut de sa blessure trois jours après. Les soldats que Ptolémée avait placés dans les forteresses des places fortes furent alors massacrés par ceux qui habitaient ces places.

Et Démétrius devint roi, l’an cent soixante-sept.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Démétrius, délivré de ses compétiteurs, resta maître du trône en 146 ou 145 avant Jésus-Christ.

En ces jours-là, Jonathas rassembla ceux qui étaient en Judée afin de s’emparer de la citadelle de Jérusalem, et il dressa contre elle beaucoup de machines de guerre.

Alors quelques hommes impies, qui haïssaient leur nation, allèrent trouver le roi Démétrius et lui rapportèrent que Jonathas assiégeait la citadelle.

À ce récit, Démétrius fut irrité ; dès qu’il l’eut entendu, il se hâta d’accourir à Ptolémaïs et il écrivit à Jonathas de cesser le siège de la citadelle et de venir immédiatement le trouver à Ptolémaïs, pour conférer avec lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Ptolémaïde. Voir plus haut, 1 Machabées, 5, 15.

Lorsque Jonathas eut reçu cette lettre, il ordonna de continuer le siège et, ayant choisi pour l’accompagner quelques anciens d’Israël et plusieurs prêtres, il s’exposa au danger.

Ayant pris avec lui de l’or, de l’argent, des vêtements et beaucoup d’autres présents, il se rendit auprès du roi à Ptolémaïs, et reçut de lui un accueil favorable.

Quelques hommes pervers de la nation portèrent contre lui des plaintes.

Mais le roi fit pour lui ce qu’avaient fait ses prédécesseurs : il le combla d’honneurs, en présence de tous ses amis,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses amis. Voir plus haut, 1 Machabées, 2, 18.

lui confirma le souverain pontificat et toutes les distinctions qu’il avait précédemment, et le fit inscrire au nombre de ses premiers amis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le premier de ses amis. Voir plus haut, 1 Machabées, 2, 18.

Jonathas demanda au roi d’affranchir de tout tribut la Judée et les trois toparchies de la Samarie, et il lui promit en retour trois cents talents.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Aux trois toparchies. Voir verset 34 et 1 Machabées, 10, 30. ― Trois cents talents. L’écrivain sacré ne dit pas si c’étaient des talents d’argent ou d’or. Chez les Hébreux, le talent d’argent valait environ 4414 francs, 50 centimes, et le talent d’or, environ 6366 francs (en 1900).

Le roi y consentit, et il écrivit sur tout cela à Jonathas une lettre ainsi conçue :

« Le roi Démétrius à son frère Jonathas et à la nation des Juifs, salut !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Salut (salutem). Voir 1 Machabées, 10, 18.

Nous vous adressons une copie de la lettre que nous avons écrite à votre sujet à Lasthénès, notre cousin, afin que vous la connaissiez :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lasthène, Crétois qui contribua à mettre Démétrius sur le trône de ses pères, en lui fournissant les troupes avec lesquelles il passa en Cilicie et de là en Syrie. Comparer à 1 Machabées, 10, 67. ― Notre parent, c’est-à-dire notre ami. Voir 1 Machabées, 10, 89.

« Le roi Démétrius à Lasthénès, son père, salut !

Nous avons résolu de faire du bien à la nation des Juifs, qui sont nos amis et observent ce qui est juste envers nous, à cause des bons sentiments qu’ils nous ont témoignés.

Nous leur confirmons et le territoire de la Judée et les trois cantons détachés de la Samarie pour être réunis à la Judée, savoir Ephraïm, Lydda et Ramathaïm avec toutes leurs dépendances ; en faveur de tous ceux qui vont sacrifier à Jérusalem nous faisons cette concession, au lieu des redevances qu’auparavant le roi recevait d’eux chaque année sur les productions du sol et les fruits des arbres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les trois cités. La Vulgate ne porte que Lyda et Ramatha ; mais les Septante ajoutent Aphéréma. Voir 1 Machabées, 10, 30. ― Seront destinées, etc. Comparer à 1 Machabées, 10, vv. 30, 38, 42.

Et tous les autres droits qui nous appartiennent, à dater de ce jour, soit sur les dîmes et les tributs qui nous appartiennent, soit sur les marais salants et les couronnes qui nous étaient dues,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les places des salines (areas salinarum) ; selon le grec, les lacs ou les étangs du sel. Comparer pour ce verset à 1 Machabées, 10, 29.

nous leur en faisons encore remise complète. Il ne sera dérogé désormais et en aucun temps à aucune de ces faveurs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Aucun temps (omne tempus). Voir 1 Machabées, 10, 30.

Maintenant donc, prenez soin de faire une copie de ce décret, et qu’elle soit donnée à Jonathas et déposée sur la montagne sainte dans un lieu apparent. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur la montagne sainte, le mont Moria où était le temple, en un lieu bien connu, où elle fût très visible. L’ordonnance avait probablement été gravée sur une tablette d’airain, comme à 1 Machabées, 8, 22.

Le roi Démétrius, voyant que le pays était en paix devant lui, et qu’il n’avait plus à vaincre aucune résistance, renvoya toute son armée, chacun dans ses foyers, à l’exception des troupes étrangères qu’il avait recrutées dans les îles des nations ; et ainsi toutes les armées de ses pères devinrent ses ennemies.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des îles des nations, des îles de la Méditerranée. La plupart de ses soldats étrangers étaient Crétois, mais il y en avait aussi de Rhodes, de Chypre et des îles de l’Archipel. ― Toutes les troupes de ses pères, Séleucus IV Philopator et Démétrius Ier, ou ses prédécesseurs en général.

Tryphon, qui avait été auparavant un des partisans d’Alexandre, voyant que toute l’armée murmurait contre Démétrius, alla trouver l’Arabe Emalchuel, qui élevait Antiochus, jeune fils d’Alexandre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un certain Tryphon. Son vrai nom était Diodote ; il était connu sous le surnom de Tryphon ou le Dissolu. Né à Casiana, place forte des environs d’Apamée en Syrie, et élevé à Apamée, il devint un des officiers d’Alexandre Balas. Rempli d’ambition, il résolut de mettre à profit le mécontentement des anciens soldats contre Démétrius II pour jouer un grand rôle. Il alla chercher le fils d’Alexandre, celui dont il devait faire Antiochus VI Dionysos, en Arabie où il était élevé. Le gardien de l’enfant, Emachuel (peut-être le fils de Zabdiel, voir verset 17), refusa longtemps de le donner à Tryphon, sans doute parce qu’il avait pénétré les secrets desseins de cet ambitieux. C’est pendant que Tryphon était en Arabie qu’éclata à Antioche contre Démétrius II la révolte que le ce roi parvint à réprimer grâce à la fidélité des Juifs, verset 41 à 53. Tryphon parvint enfin à son but. Il emmena avec lui le jeune Antiochus, et il le fit proclamer roi (145). Toutes les troupes qu’avait licenciées Démétrius II se groupèrent autour d’Antiochus VI et battirent leur ancien roi, qui fut réduit à s’enfuir. Tryphon prit ainsi possession d’Antioche. Jonathas se déclara aussi pour lui, mais Tryphon ne tint pas dans la suite les promesses qu’il lui avait faites et le fit même périr traîtreusement, voir 1 Machabées, 12, verset 39 et suivants ; 13, verset 12 et suivants. Il fit aussi assassiner son pupille Antiochus VI, alors âgé de dix ans, après un règne nominal de trois ans et demi environ, et s’empara de sa couronne (142). Il continua à être en guerre avec Démétrius II. Quand celui-ci fut tombé entre les mains des Parthes, son successeur, Antiochus VII Sidètes, en 139-138, continua à combattre Tryphon. Il le poursuivit à Dora en Phénicie, à Ptolémaïde, à Orthosiade et enfin à Apamée où il l’assiégea et où Tryphon trouva la mort, en 138.

Il le pressa de le lui livrer, afin de le faire régner à la place de son père ; il lui raconta tout ce que Démétrius avait fait et la haine de ses troupes contre lui, et il demeura là un grand nombre de jours.

Jonathas envoya demander au roi Démétrius de retirer les troupes qui étaient dans la citadelle de Jérusalem et dans les autres forteresses de la Judée, parce qu’elles faisaient la guerre à Israël.

Démétrius fit répondre à Jonathas : « Je ne ferai pas seulement cela pour toi et pour ta nation ; mais je veux te combler d’honneurs, toi et ta nation, aussitôt que les circonstances le permettront.

Maintenant donc, tu feras bien d’envoyer des hommes à mon secours, car toute mon armée a fait défection. »

Jonathas lui envoya à Antioche trois mille hommes des plus vaillants ; ils se rendirent auprès du roi, qui se réjouit de leur arrivée.

Les habitants de la ville se rassemblèrent dans l’intérieur même de la ville, au nombre de cent vingt mille, voulant tuer le roi.

Le roi s’étant réfugié dans le palais, les habitants occupèrent les rues de la ville et commencèrent à combattre.

Alors le roi appela les Juifs à son secours ; tous ensemble se réunirent autour de lui, puis se répandirent à travers la ville ; ils y tuèrent ce jour-là environ cent mille hommes ;

ils brûlèrent la ville, firent en ce jour-là un butin considérable et délivrèrent le roi.

Voyant que les Juifs tenaient la ville à leur discrétion, les habitants perdirent courage et firent entendre au roi des cris suppliants :

« Accorde-nous la paix, et que les Juifs cessent de combattre contre nous et contre la ville ! »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Donner la main droite était un signe de réconciliation et de paix.

En même temps, ils jetèrent leurs armes et firent la paix. Les Juifs acquirent beaucoup de gloire devant le roi et devant tous ceux qui étaient dans son royaume, et ils retournèrent à Jérusalem avec de riches dépouilles.

Le roi Démétrius put s’asseoir sur le trône de son royaume, et le pays fut en paix devant lui.

Mais il renia toutes les promesses qu’il avait faites ; il s’éloigna de Jonathas et ne réalisa pas les intentions bienveillantes qu’il lui avait témoignées, et il l’affligea beaucoup.

Après cela, Tryphon revint, amenant avec lui Antiochus, un jeune enfant, et il le proclama roi et lui mit le diadème.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tryphon revint d’Arabie, où il était allé chercher Antiochus VI Dionysos. Voir le verset 39.

Autour de lui se rassemblèrent toutes les troupes que Démétrius avait licenciées ; elles combattirent contre ce dernier, qui prit la fuite et fut défait.

Tryphon s’empara des éléphants et occupa Antioche.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les bêtes (bestias), c’est-à-dire les éléphants.

Alors le jeune Antiochus écrivit à Jonathas une lettre ainsi conçue : « Je te confirme dans le sacerdoce et je t’établis sur les quatre territoires, et te donne le rang d’ami du roi. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les quatre cités. Aux trois dont nous avons parlé plus haut (voir 1 Machabées, 10, 30), quelques-uns ajoutent comme quatrième Acco ou Ptolémaïde.

Il lui envoyait en même temps des vases d’or et un service de table, avec l’autorisation de boire dans une coupe d’or, de se vêtir de pourpre et de porter une agrafe d’or.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des vases d’or, etc. Le roi et ceux à qui il donnait la permission pouvaient seuls se servir de vaisselle d’or. ― Une agrafe d’or. Voir 1 Machabées, 10, 89.

Et il établit Simon, son frère, gouverneur du pays qui s’étend de l’Echelle de Tyr à la frontière d’Égypte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Depuis les limites de Tyr jusqu’aux confins d’Egypte, toute la côte maritime depuis l’Echelle de Tyr, haute montagne située d’après Josèphe a cent stades au nord de Ptolémaïde, jusqu’au l’ouadi el-Arisch ou ruisseau d’Egypte près de Rhinocolure.

Alors Jonathas sortit et se mit à parcourir le pays au-delà du fleuve ainsi que les villes ; et autour de lui se rassemblèrent, pour combattre avec lui, toutes les troupes de Syrie. Il vint donc à Ascalon, dont les habitants vinrent au devant de lui, lui rendant de grands honneurs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Du fleuve, c’est-à-dire du Jourdain. ― Ascalon, voir plus haut, 1 Machabées, 10, 86.

De là, il passa à Gaza. Les habitants lui ayant fermé leurs portes, il assiégea la ville, en brûla les alentours et les pilla.

Alors ceux de Gaza implorèrent Jonathas, et il leur accorda la paix ; mais il prit pour otages les fils de leurs chefs et les envoya à Jérusalem. Il parcourut ainsi la contrée jusqu’à Damas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il leur donna la main droite. Voir le verset 50.

Jonathas apprit alors que les généraux de Démétrius se trouvaient à Cadès en Galilée, à la tête d’une armée nombreuse, avec l’intention de le détourner de son entreprise.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cadès en Galilée, appelée ailleurs Cédès, dans la tribu de Nephtali, place fortifiée, non loin de Safed. L’armée syrienne rassemblée à Cadès avait pour mission de renverser Jonathas.

Il marcha contre eux, après avoir laissé son frère Simon dans le pays.

Simon s’avança vers Bethsur, l’assiégea pendant beaucoup de jours et la cerna.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bethsura. Au bas de la colline sur laquelle était bâtie Bethsur ou Bethsura, il y a l’abondante fontaine appelée aujourd’hui de saint Philippe, sur la route d’Hébron. Cette fontaine permettait aux Juifs de tenir indéfiniment Bethsura investie, sans avoir à souffrir de la soif, tandis que les assiégés ne devaient guère avoir d’eau sur la hauteur.

Les assiégés lui ayant demandé la paix, il la leur accorda, les fit sortir de la ville, en prit possession et y mit une garnison.

Jonathas et son armée campèrent prèbs des eaux de Génésar, et le lendemain, dès l’aurore, ils pénétrèrent dans la plaine d’Asor.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’eau de Génésar, le lac de Génésareth. ― Ils se levèrent (vigilaverunt), ou ils arrivèrent avec diligence. ― La plaine d’Azor, la plaine située à l’ouest du lac Mérom qui était dominé par la ville d’Azor, située sur une éminence.

Et voici que des troupes étrangères s’avançaient au-devant de lui dans la plaine, après avoir détaché contre lui une embuscade dans les montagnes, et elles marchèrent droit à sa rencontre.

Tout à coup les hommes de l’embuscade sortirent de leur cachette et engagèrent le combat ; et les gens de Jonathas prirent tous la fuite.

Personne ne resta, à l’exception de Mathathias, fils d’Absalom, et de Judas, fils de Calphi, généraux des troupes.

Alors Jonathas déchira ses vêtements, mit de la poussière sur sa tête et pria ;

puis il retourna contre eux au combat, les fit reculer et les mit en fuite.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils combattirent (pugnaverunt), ou bien, ils firent de la résistance ; les Septante lisent : Il leur fit tourner le dos, et ils fuirent.

À cette vue, ceux des siens qui s’enfuyaient revinrent auprès de lui, et tous ensemble ils poursuivirent l’ennemi jusqu’à Cadès, où était son camp, et eux-mêmes campèrent en cet endroit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils vinrent, etc., ils n’allèrent pas plus loin.

Il périt ce jour-là trois mille hommes de troupes étrangères, et Jonathas retourna à Jérusalem.