Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Judith 12
Alors il commanda qu’on la fit entrer au lieu où étaient ses trésors, et qu’elle y demeurât ; et il ordonna ce qu’on lui donnerait de sa table.
Judith lui répondit : Je ne pourrai pas manger maintenant des choses que vous commandez qu’on me donne, de peur que le péché ne tombe sur moi ; mais je mangerai de ce que j’ai apporté avec moi.
Holoferne lui repartit : Si ce que vous avez apporté avec vous vient à vous manquer, que pourrons-nous vous faire ?
Judith lui répliqua : Je jure par votre salut, mon seigneur, qu’avant que votre servante ait consommé tout ce qu’elle a apporté, Dieu fera par ma main ce que j’ai imaginé. Et ses serviteurs la firent entrer dans la tente qu’il lui avait assignée.
Elle demanda, en y entrant, qu’on lui donnât la liberté de sortir la nuit, et avant le jour, pour aller faire sa prière, et invoquer le Seigneur.
Et Holoferne commanda aux huissiers de sa chambre de la laisser entrer et sortir, selon qu’elle le voudrait, durant trois jours, pour adorer son Dieu.
Elle sortait donc durant les nuits dans la vallée de Béthulie, et elle se plongeait dans une fontaine.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Chez les Juifs, comme chez plusieurs autres peuples de l’Orient, on se lavait avant la prière.
Et en remontant, elle priait le Seigneur Dieu d’Israël, afin qu’il la conduisît dans le dessein qu’elle avait prémédité pour la délivrance de son peuple.
Puis rentrant dans sa tente, elle y demeurait pure jusqu’à ce qu’elle prît sa nourriture vers le soir.
Et il arriva que quatre jours après Holoferne fit un festin à ceux de sa maison, et dit à Vagao, son eunuque : Allez, et persuadez à cette femme du peuple hébreu qu’elle consente d’elle-même à venir habiter avec moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu’elle consente, etc. Judith aurait pu épouser Holoferne sans violer la loi.
Car les Assyriens croient qu’il est honteux à un homme qu’une femme se moque de lui, et qu’elle trouve moyen de se tirer d’avec lui sans consentir à ses désirs.
Alors Vagao entra chez Judith, et dit : Que cette bonne fille ne craigne point d’entrer chez mon seigneur, pour être honorée de lui, pour manger avec lui, pour boire du vin dans la joie.
Judith lui répondit : Qui suis-je, moi, pour m’opposer aux volontés de mon seigneur ?
Je ferai tout ce qu’il trouvera bon et qui lui paraîtra le meilleur ; car ce qui lui sera agréable sera aussi pour moi ce qu’il y a de mieux en toute ma vie.
Elle se leva ensuite, et elle se para de son vêtement ; et étant entrée dans la tente d’Holoferne, elle parut devant lui.
Holoferne en la voyant fut frappé au cœur, parce qu’il brûlait de passion pour elle.
Et il lui dit : Buvez maintenant, et mangez avec joie, parce que vous avez trouvé grâce devant moi.
Judith lui répliqua : Je boirai, mon seigneur, parce que mon âme reçoit aujourd’hui la plus grande gloire qu’elle ait reçue dans toute sa vie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Plus qu’en tous mes jours ; ellipse pour, plus qu’elle ne l’a dit en, etc.
Elle prit ensuite ce que sa servante lui avait préparé, et elle mangea et but devant lui.
Et Holoferne fut transporté de joie auprès d’elle, et il but du vin plus qu’il n’en avait bu dans toute sa vie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Que le scandale, etc. ; que je donne du scandale, en faisant usage de viandes impures. Comparer à Tobie, 1, 12.