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Judith 10

Judith ayant cessé de crier au Seigneur, se leva du lieu où elle était prosternée contre terre devant le Seigneur ;

Et, ayant appelé sa suivante, elle descendit dans sa maison, ôta son cilice, et quitta ses habits de veuve ;

Elle se lava le corps, se l’oignit d’un parfum précieux, arrangea ses cheveux, et se mit une coiffure magnifique sur la tête, se revêtit des habits de sa joie, prit une chaussure très riche, des bracelets, des lis, des pendants d’oreilles, des bagues, se para enfin de tous ses ornements.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une mitre, coiffure haute. ― De petits ornements de la main droite, des bracelets. ― Des lis, un collier ou autre ornement avec des fleurs en forme de lis.

Dieu même lui donna encore un nouvel éclat, parce que tout cet ajustement n’avait pour principe aucun mauvais désir, mais la vertu ; ainsi le Seigneur augmenta encore sa beauté, afin qu’elle parût aux yeux de tous avec un lustre incomparable.

Elle donna à sa suivante à porter une outre de vin, un vase d’huile, de la farine, des figues sèches, du pain et du fromage, et partit ainsi.

Quand elles arrivèrent à la porte de la ville, elles trouvèrent Ozias et les anciens de la ville qui l’attendaient.

Ils furent étonnés en la voyant, et ils admirèrent beaucoup sa beauté.

Cependant ils la laissèrent passer sans lui faire aucune demande, disant : Que le Dieu de nos pères vous donne sa grâce, et qu’il affermisse par sa force toutes les résolutions de votre cœur, afin que Jérusalem soit glorifiée en vous, et que votre nom soit au nombre des saints et des justes.

Et ceux qui étaient présents répondirent tous d’une commune voix : Ainsi soit-il ! ainsi soit-il !

Cependant Judith priant Dieu, passa les portes, elle et sa suivante.

Or il arriva que vers le point du jour, comme elle descendait de la montagne, les coureurs des Assyriens la rencontrèrent, et l’arrêtèrent, en lui disant : D'où venez-vous, et où allez-vous ?

Elle répondit : Je suis une fille des Hébreux ; je me suis enfuie d’avec eux, ayant reconnu qu’ils vous seront livrés en pillage, parce qu’ils vous ont méprisés, et qu’ils n’ont pas voulu se rendre à vous volontairement, afin que vous leur fissiez miséricorde.

C’est pourquoi j’ai dit en moi-même : Je m’en irai vers le prince Holoferne, pour lui découvrir leurs secrets, et pour lui donner un moyen de les prendre sans qu’il tombe un seul homme de son armée.

Ayant entendu ces paroles, ils considéraient son visage ; et leurs yeux étaient tout surpris, tant ils admiraient sa beauté.

Et ils lui dirent : Vous avez sauvé votre vie, en prenant cette résolution de descendre vers notre prince.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vous avez, etc. ; hébraïsme pour, vous avez sauvé votre vie.

Et vous devez vous assurer que lorsque vous paraîtrez devant lui, il vous traitera bien, et que vous lui gagnerez le cœur. Ils la menèrent donc à la tente d’Holoferne, et l’annoncèrent.

Quand elle fut entrée en la présence d’Holoferne, il fut aussitôt pris par ses yeux.

Ses officiers lui dirent : Qui mépriserait le peuple des Hébreux, qui ont des femmes si belles ? Ne méritent-elles pas bien que, pour les avoir, nous leur fassions la guerre ?

Et Judith voyant Holoferne assis sous son pavillon, qui était de pourpre en broderie d’or relevé d’émeraudes et de pierres précieuses,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans un pavillon, sans doute une moustiquaire, très ornée comme il convenait au général d’une grande armée. La moustiquaire est un tissu qui empêche les moustiques, très nombreux en Orient, de pénétrer et préserve ainsi de leurs piqûres et de leur sifflement. Ce pavillon est traduit plus loin, voir Judith, 13, 10, par rideau.

Après avoir jeté les yeux sur son visage, elle se prosterna en terre, et l’adora ; et les gens d’Holoferne la relevèrent, par le commandement de leur maître.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Elle s’inclina, etc. ; comme c’était l’usage, quand on se présentait devant les grands.