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2 Rois 5
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Naaman, chef de l’armée du roi de Syrie, était auprès de son maître un homme puissant et considéré, car c’était par lui que Yahweh avait accordé le salut aux Syriens ; mais cet homme fort et vaillant était lépreux.
Or les Syriens, étant sortis par bandes, avaient emmené captive une petite fille du pays d’Israël, qui était au service de la femme de Naaman.
Elle dit à sa maîtresse : « Oh ! Si mon seigneur était auprès du prophète qui est à Samarie, le prophète le délivrerait de sa lèpre. »
Naaman vint rapporter ce propos à son maître, en disant : « La jeune fille du pays d’Israël a parlé de telle et telle manière. »
Et le roi de Syrie dit : « Va, et j’enverrai une lettre au roi d’Israël. » Il partit, prenant avec lui dix talents d’argent, six mille sicles d’or et dix vêtements de rechange.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le talent d’argent valait à peu près 4414 francs 50 ; et le sicle d’or environ 10 francs 51. ― Dix rechanges de vêtements ; ou dix vêtements de rechange ; c’est-à-dire dix tuniques et dix manteaux ; car les vêtements ordinaires étaient la tunique et le manteau. (Comparer à Juges, 14, 12). La coutume des Orientaux, de ne pas porter des habits justes au corps, permettait d’en offrir même à des personnes qu’on ne connaissait pas.
Il porta au roi d’Israël la lettre où il était dit : « Or donc, quand cette lettre te sera parvenue, voici que tu sauras que je t’envoie Naaman, mon serviteur, pour que tu le délivres de sa lèpre. »
Après avoir lu la lettre, le roi d’Israël déchira ses vêtements et dit : « Suis-je un dieu, capable de faire mourir et de faire vivre, qu’il envoie vers moi pour que je délivre un homme de sa lèpre ? Sachez donc et voyez qu’il me cherche querelle. »
Lorsqu’Élisée, homme de Dieu, apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il envoya dire au roi : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Qu’il vienne donc à moi, et il saura qu’il y a un prophète en Israël. »
Naaman vint avec ses chevaux et son char, et il s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée.
Élisée lui envoya un messager pour lui dire : « Va, et lave-toi sept fois dans le Jourdain ; ta chair te reviendra, et tu seras pur. »
Naaman fut irrité, et il s’en alla, en disant : « Voici que je me disais : Il sortira vers moi, il se présentera lui-même, il invoquera le nom de Yahweh, son Dieu, il agitera sa main sur la plaie et délivrera le lépreux.
Les fleuves de Damas, l’Abana et le Pharphar, ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Ne pourrais-je pas m’y laver et devenir pur ? » Et se tournant, il s’en allait en colère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Abana et Pharphar. « Quelques-uns croient que l’Abana est l’Oronte ; d’autres que c’est le Chrysorrhoas des Grecs et le Barrada des Musulmans. Des savants non moins estimables pensent devoir appliquer la dernière de ces dénominations au Pharphar. Peut-être ne serait-il pas déraisonnable de conjecturer que les Pharphar et l’Abana ne sont que deux branches d’un même fleuve. Quoi qu’il en soit de ces opinions, c’est surtout au Barrada que Damas doit la beauté et la fertilité de sa plaine. Sa source est au mont Liban. Il se divise aujourd’hui en sept branches : ce sont autant de rivières qui arrosent les jardins du dehors, pénètrent par divers canaux dans ceux de l’intérieur, fournissent de l’eau aux bains qui sont en grand nombre, aux fontaines publiques, aux bassins, au château-fort, se réunissent ensuite à peu de distance de Damas, coulent en un seul fleuve pendant quelques lieues et vont se perdre dans un grand lac que les Arabes appellent Behairat-el-Mardi, la mer du Pré. » (DE GERAMB.)
Ses serviteurs s’approchèrent pour lui parler, et ils dirent : « Mon père, si le prophète t’avait demandé quelque chose de difficile, ne l’aurais-tu pas fait ? Combien plus dois-tu lui obéir, quand il t’a dit : Lave-toi, et tu seras pur ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le mot père était en Orient un titre d’honneur et une marque d’affection. Les Grecs et les Romains ont imité cet usage.
Il descendit et se plongea sept fois dans le Jourdain, selon la parole de l’homme de Dieu ; et sa chair redevint comme la chair d’un petit enfant, et il fut purifié.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 4, 27.
Naaman retourna vers l’homme de Dieu, avec toute sa suite. Quand il fut arrivé, il se présenta devant lui et dit : « Voici donc que je sais qu’il n’y a point de Dieu sur toute la terre, si ce n’est en Israël. Et maintenant, accepte donc un présent de la part de ton serviteur. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Si ce n’est dans Israël ; construction elliptique, pour : Si ce n’est celui qui est dans Israël. ― Une bénédiction, c’est-à-dire un présent. Voir Genèse, 33, 11.
Élisée répondit : « Aussi vrai que Yahweh devant qui je me tiens est vivant, je n’accepterai pas ! » Naaman le pressant d’accepter, il refusa.
Et Naaman dit : « Sinon, permets que l’on donne de la terre à ton serviteur, la charge de deux mulets ; car ton serviteur ne veut plus offrir à d’autres dieux ni holocauste ni sacrifice, si ce n’est à Yahweh.
Toutefois, que Yahweh pardonne ceci à ton serviteur : Quand mon maître entre dans la maison de Remmon pour y adorer, et qu’il s’appuie sur ma main, je me prosterne aussi dans la maison de Remmon ; daigne Yahweh pardonner à ton serviteur si je me prosterne dans la maison de Remmon ! »
Élisée lui dit : « Va en paix. » Et Naaman quitta Élisée. Il était à une certaine distance,
Commentaire (versets 18 à 19) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 18 à 19 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Les interprètes anciens et nouveaux justifient généralement, quoique diversement, la demande de Naaman, et par là même la réponse d’Elisée. Selon le plus grand nombre, Naaman pouvait consciencieusement accompagner le roi dans le temple de Remmon, lui prêter son bras pour s’appuyer et se prosterner, en se prosternant lui-même ; attendu que c’était là un service purement civil qu’il rendait à son maître, sans nul égard, nulle considération pour l’idole. Et si, malgré cela, il croit devoir implorer l’indulgence du Seigneur, c’est qu’il craint que son action, quoique licite en elle-même, ne puisse faire une impression fâcheuse sur ceux qui ne l’apprécieraient pas à sa juste valeur. Nous devons ajouter que le texte hébreu peut parfaitement s’entendre d’un fait qui a déjà eu lieu. Or, dans ce cas, toute difficulté disparaît entièrement. Dans le plus beau temps ; littéralement : dans le temps choisi ; c’est-à-dire au printemps ; car c’est ainsi que la Vulgate a rendu la même expression hébraïque que dans Genèse, chapitre 35. (?)
lorsque Giézi, serviteur d’Élisée, homme de Dieu, dit en lui-même : « Voici que mon maître a ménagé Naaman, ce Syrien, en n’acceptant pas de sa main ce qu’il avait apporté. Yahweh est vivant ! Je vais courir après lui et j’en obtiendrai quelque chose. »
Et Giézi se mit à poursuivre Naaman. Naaman, le voyant courir après lui, descendit de son char pour aller à sa rencontre, et il dit : « Tout va-t-il bien ? »
Giézi répondit : « Tout va bien ! Mon maître m’envoie te dire : Voici que viennent d’arriver chez moi deux jeunes gens de la montagne d’Ephraïm, d’entre les fils des prophètes ; donne pour eux, je te prie, un talent d’argent et deux vêtements de rechange. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un talent d’argent… deux vêtements, etc. Voir le verset 5.
Naaman dit : « Consens à prendre deux talents. » Il le pressa d’accepter et, ayant serré deux talents d’argent dans deux sacs avec deux habits de rechange, il les remit à deux de ses serviteurs pour les porter devant Giézi.
Arrivé à la colline, Giézi les prit de leurs mains et les déposa dans la maison, puis il renvoya les hommes, qui partirent.
Et il alla se présenter à son maître. Élisée lui dit : « D’où viens-tu, Giézi ? » Il répondit : « Ton serviteur n’est allé ni d’un côté ni d’un autre. »
Mais Élisée lui dit : « Mon esprit n’est-il pas allé avec toi, lorsque cet homme a quitté son char pour venir à ta rencontre ? Est-ce le moment d’accepter de l’argent, et d’accepter des vêtements et des oliviers et des vignes et des brebis et des bœufs et des serviteurs et des servantes ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’homme ; Naaman. L’article, qui manque dans l’hébreu, est dans le grec.
La lèpre de Naaman s’attachera à toi et à ta postérité pour toujours. » Et Giézi sortit de la présence d’Élisée avec une lèpre blanche comme la neige.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Naaman, prince de la milice du roi de Syrie, Bénadad. Il habitait Damas, et d’après l’historien Josèphe, c’était lui qui avait tué le roi Achab d’Israël par une flèche tirée au hasard, voir 3 Rois, 22, 34. Son souvenir est toujours vivant à Damas. « D’après la tradition, la maison même qu’il habitait est aujourd’hui un hôpital de lépreux. Nous avons visité, dit le Dr Guibout, cette antique maison de Naaman, devenue, pour consacrer le souvenir de sa guérison miraculeuse, une léproserie. Nous y avons vu une douzaine de malheureuses femmes, défigurées par cette horrible maladie : le visage monstrueusement difforme, le front, les paupières, le nez, les lèvres, les joues d’un développement énorme, d’une épaisseur hideuse, d’une teinte violacée et sanieuse repoussante. Telle est la lèpre tuberculeuse, hypertrophique et ulcéreuse, à marche lente, désorganisant l’économie, incurable et mortelle. Tel était, sans doute, l’état de Naaman, quand Elisée le guérit. » (Jérusalem, Le Caire, Damas, 1889, p. 293).