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2 Rois 17

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

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La douzième année d’Achaz, roi de Juda, Osée, fils d’Ela, régna sur Israël à Samarie ; son règne fut de neuf ans.

Il fit ce qui est mal aux yeux de Yahweh, non pas cependant comme les rois d’Israël qui avaient été avant lui.

Salmanasar, roi d’Assyrie, monta contre lui, et Osée fut assujetti et lui paya tribut.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 4 Rois, 18, 9 ; Tobie, 1, 2. ― Salmanasar, roi des Assyriens, successeur de Téglath-Phalasar et prédécesseur de Sargon, régna de 727 à 723 ou 722 avant Jésus-Christ. Dans les inscriptions assyriennes, Sargon s’attribue la prise de Samarie dont le siège avait été commencé par Salmanasar.

Mais le roi d’Assyrie découvrit une conspiration d’Osée, qui avait envoyé des messagers à Sua, roi d’Égypte, et qui ne payait plus le tribut au roi d’Assyrie, année par année ; le roi d’Assyrie le fit donc saisir et jeter enchaîné dans une prison.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sua ou Schabak, roi éthiopien qui était devenu maître de l’Egypte, en 725. Il appartient à la XXVe dynastie égyptienne. Il alla trop tard au secours des Israélites et fut battu par les Assyriens après la chute de Samarie.

Et le roi d’Assyrie parcourut tout le pays et monta contre Samarie ; il l’assiégea pendant trois ans.

La neuvième année d’Osée, le roi d’Assyrie prit Samarie ; et emmena Israël captif en Assyrie. Il leur assigna pour séjour Hala, les rives du Habor, fleuve de Gosan, et les villes des Mèdes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 4 Rois, 18, 10. ― En Hala, etc. Ce passage assez obscur, et que nous avons traduit littéralement de la Vulgate, paraît signifier d’après l’hébreu : En Hala, et sur le Habor, fleuve du pays de Gozan, et dans les villes des Mèdes. L’endroit parallèle, voir 4 Rois, 18, 11, est absolument le même dans le texte original, mais non pas dans la Vulgate. Quant à la différence qui se trouve dans 1 Paralipomènes, 5, 26, nous pensons qu’elle ne peut provenir que d’une faute de copiste. ― Samarie fut prise l’an 721 avant Jésus-Christ. ― Les inscriptions cunéiformes ont fourni sur les pays mentionnés ici des lumières nouvelles, Hala est la Chalcitide entre Anthémuse et le pays de Gozan en Mésopotamie. ― Le Habor est un affluent de l’Euphrate, appelé encore aujourd’hui Khabour. Sa principale source est à l’ouest de Mardin. Il se jette dans l’Euphrate à Kerkésiah. ― Gozan, limitrophe de la Chalcitide, était en Mésopotamie.

Cela arriva parce que les enfants d’Israël avaient péché contre Yahweh, leur Dieu, qui les avait fait monter du pays d’Égypte, de dessous la main de Pharaon, roi d’Égypte, et parce qu’ils avaient craint d’autres dieux.

Ils suivirent les rites des nations que Yahweh avait chassées devant les enfants d’Israël, et ceux que les rois d’Israël avaient établis.

Les enfants d’Israël couvrirent d’une fausse apparence des choses qui n’étaient pas bien à l’égard de Yahweh, leur Dieu. Ils se bâtirent des hauts lieux dans toutes leurs villes, depuis les tours des gardiens jusqu’aux villes fortifiées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Depuis la Tour des gardes jusqu’à la Cité fortifiée, depuis le plus petit village ou une maison isolée jusqu’aux grandes villes.

Ils se dressèrent des stèles et des aschérahs sur toute colline élevée et sous tout arbre vert.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des statues, des cippes de Baal et d’Astaroth. ― Et des bois sacrés. Voir Exode, note 34.13.

Et là ils brûlèrent des parfums sur tous les hauts lieux, comme les nations que Yahweh avait emmenées captives devant eux, et ils firent des choses mauvaises, irritant ainsi Yahweh.

Ils servirent les idoles, au sujet desquelles Yahweh leur avait dit : « Vous ne ferez pas cela. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les impuretés ; selon l’hébreu : les ordures ; c’est-à-dire les idoles.

Yahweh rendit témoignage contre Israël et contre Juda par tous ses prophètes, par tous les voyants, en disant : « Revenez de vos mauvaises voies, et observez mes commandements et mes ordonnances, en suivant toute la loi que j’ai prescrite à vos pères et que je vous ai envoyée par l’organe de mes serviteurs les prophètes. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 25, 5.

Mais ils n’écoutèrent point, et ils raidirent leur cou, comme leurs pères, qui n’avaient pas cru à Yahweh, leur Dieu.

Ils rejetèrent ses ordonnances et son alliance qu’il avait conclue avec leurs pères, et les témoignages qu’il avait rendus contre eux. Ils allèrent après des choses de néant, et s’adonnèrent à la vanité, à la suite des nations qui les entouraient et que Yahweh leur avait commandé de ne pas imiter.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les vanités. C’est encore un nom que l’Ecriture donne aux idoles.

Ils abandonnèrent tous les commandements de Yahweh, leur Dieu, ils se firent deux veaux en fonte, et ils se firent des aschérahs ; ils se prosternèrent devant toute l’armée des cieux et ils servirent Baal.

Ils firent passer par le feu leurs fils et leurs filles, ils pratiquèrent la divination et les enchantements, et ils s’appliquèrent à faire ce qui est mal aux yeux de Yahweh, de manière à l’irriter.

Et Yahweh s’est fortement irrité contre Israël et il les a éloignés de sa face. — Il n’est resté que la seule tribu de Juda,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il les ôta, etc. Il les éloigna de la terre qu’il leur avait donnée, ou du temple où il se rendait en quelque sorte présent à eux. ― La tribu de Juda seulement. Sous le nom de Juda, on comprenait Benjamin et Lévi, tribus qui, s’étant unies à celle de Juda, ne firent avec elle qu’un seul et même corps en s’établissant dans le royaume de Juda.

quoique Juda lui-même n’eût pas gardé les commandements de Yahweh, leur Dieu, et qu’ils eussent suivi les rites établis par Israël. —

Yahweh a rejeté toute la race d’Israël ; il les a affligés, il les a livrés entre les mains des pillards, jusqu’à ce qu’il les ait chassés loin de sa face.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Toute la race d’Israël ; c’est-à-dire les dix tribus d’Israël qui abandonnèrent le culte du Seigneur.

Car Israël s’était détaché de la maison de David, et ils avaient établi roi Jéroboam, fils de Nabat ; et Jéroboam avait détourné Israël de Yahweh et leur avait fait commettre un grand péché.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 3 Rois, 12, 19.

Et les enfants d’Israël marchèrent dans tous les péchés que Jéroboam avait commis ; ils ne s’en détournèrent point,

jusqu’à ce que Yahweh eût chassé Israël loin de sa face, comme il l’avait dit par l’organe de tous ses serviteurs les prophètes. Et Israël fut emmené captif loin de son pays en Assyrie, où il est resté jusqu’à ce jour.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 25, 9. ― Devant jusqu’à ce jour, il faut suppléer l’ellipse où il était resté.

Le roi d’Assyrie fit venir des gens de Babylone, de Cutha, d’Avah, d’Emath et de Sépharvaïm, et les établit dans les villes de Samarie à la place des enfants d’Israël ; ils prirent possession de Samarie et ils habitèrent dans ses villes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le roi des Assyriens, Sargon, successeur de Salmanasar. ― Babylone, la capitale de la Chaldée sur l’Euphrate. ― Cutha, aujourd’hui Tell Ibrahim, à 16 kilomètres au nord-est de Babylone. ― Ava, inconnue. ― Emath, sur l’Oronte, dans la Cœlésyrie. ― Sépharvaïm ou les deux Sippara, aujourd’hui Tell Abou-Habba, au sud-ouest de Bagdad, un peu à l’est du lit actuel de l’Euphrate, autrefois sur l’Euphrate même. Les ruines couvrent une surface de plus de trois kilomètres de circonférence.

Lorsqu’ils commencèrent à y habiter, ils ne craignaient pas Yahweh, et Yahweh envoya contre eux des lions qui les tuaient.

On fit donc ce rapport au roi d’Assyrie : « Les nations que tu as déportées et établies dans les villes de Samarie ne connaissent pas la manière de servir le dieu du pays ; et il a envoyé contre elles des lions et voici qu’ils les font mourir ; parce qu’elles ignorent la manière de servir le dieu du pays. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au roi des Assyriens, Sargon.

Le roi d’Assyrie donna cet ordre : « Envoyez-y un des prêtres que vous avez amenés de là en captivité ; qu’il aille s’y établir, et qu’il leur enseigne la manière de servir le dieu du pays. »

Un des prêtres qu’on avait emmenés captifs de Samarie vint s’établir à Béthel, et leur enseigna comment ils devaient honorer Yahweh.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Béthel. Voir Genèse, 12, 8.

Mais les nations firent chacune leurs dieux, et les placèrent dans les maisons des hauts lieux bâties par les Samaritains, chaque nation dans la ville qu’elle habitait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chaque nation ; littéralement et par hébraïsme : nation et nation.

Les gens de Babylone firent Sochoth-Benoth, les gens de Cutha firent Nergel, les gens d’Emath firent Asima,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sochoth-Bénoth, probablement Zirbanit, la déesse « qui donne une postérité », adorée à Babylone. ― Nergel ou Nergal, le dieu-lion, est appelé dans les documents cunéiformes, « le dieu des hommes de Cutha ». ― Asima, représenté, selon les Talmudistes, sous la forme d’un bouc sans poils, est encore inconnu.

ceux d’Avah firent Nebahaz et Tharthac, et ceux de Sapharvaïm livraient leurs enfants au feu en l’honneur d’Adramélech et d’Anamélech, dieux de Sépharvaïm.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nébahaz et Tharthac avaient, disent les Rabbins, le premier, la forme d’un chien, le second, celle d’un âne, mais leurs noms n’ont pas été retrouvés par les savants modernes. ― Adramélech et Anamélech sont Adar-Mélek et Anu ou Oannès-mélek, dieux souvent nommés dans les inscriptions assyriennes. Adar est un dieu solaire. Anu était le démiurge. On le représentait moitié homme, moitié poisson.

Ils honoraient aussi Yahweh, et ils se firent des prêtres des hauts lieux pris parmi tout le peuple, et ces prêtres faisaient pour eux des sacrifices dans les maisons des hauts lieux.

Ainsi ils honoraient Yahweh, et ils servaient en même temps leurs dieux selon la coutume des nations d’où on les avait déportés.

Ils suivent jusqu’à aujourd’hui les premières coutumes ; ils ne craignent point Yahweh, et ils ne se conforment ni à leurs règlements et à leurs ordonnances, ni à la loi et aux commandements donnés par Yahweh aux enfants de Jacob, qu’il appela du nom d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 32, 28.

Yahweh avait conclu une alliance avec eux et leur avait donné cet ordre : « Vous ne craindrez point d’autres dieux, vous ne vous prosternerez point devant eux, vous ne les servirez point et vous ne leur offrirez point de sacrifices.

Mais Yahweh, votre Dieu, qui vous a fait monter du pays d’Égypte par une grande puissance et par son bras étendu, c’est lui que vous craindrez, devant lui que vous vous prosternerez, à lui que vous offrirez des sacrifices.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ne craignez que lui, etc. C’est le vrai sens de l’hébreu et de la Vulgate, il est commandé par la construction.

Vous observerez les préceptes, les ordonnances, la loi et les commandements qu’il a écrits pour vous, les mettant toujours en pratique, et vous ne craindrez point d’autres dieux.

Vous n’oublierez pas l’alliance que j’ai conclue avec vous, et vous ne craindrez point d’autres dieux.

Mais vous craindrez Yahweh, votre Dieu, et c’est lui qui vous délivrera de la main de tous vos ennemis. »

Et ils n’ont pas obéi, mais ils ont suivi leurs premières coutumes.

Ainsi ces nations craignaient Yahweh, et en même temps servaient leurs images, et leurs enfants et les enfants de leurs enfants font jusqu’à ce jour ce qu’on fait leurs pères.