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2 Rois 23
ILS vinrent donc rapporter au roi ce que cette prophétesse leur avait dit ; et le roi ayant fait assembler et venir auprès de lui tous les anciens de Juda et de Jérusalem,
alla au temple du Seigneur, accompagné de tous les hommes de Juda, et de tous ceux qui habitaient dans Jérusalem, des prêtres, des prophètes, et de tout le peuple, depuis le plus petit jusqu’au plus grand ; et il lut devant eux tous toutes les paroles de ce livre de l’alliance, qui avait été trouvé dans la maison du Seigneur.
Le roi se tint debout sur un lieu élevé, et il fit alliance avec le Seigneur, afin qu’ils marchassent dans la voie du Seigneur, qu’ils observassent ses préceptes, ses ordonnances, et ses cérémonies de tout leur cœur et de toute leur âme, et qu’ils accomplissent toutes les paroles de l’alliance qui étaient écrites dans ce livre. Et le peuple consentit à cet accord.
Alors le roi ordonna au pontife Helcias, aux prêtres du second ordre et aux portiers, de jeter hors du temple du Seigneur tous les vaisseaux qui avaient servi à Baal, au bois consacré et à tous les astres du ciel, et il les brûla hors de Jérusalem dans la vallée de Cédron, et en emporta la poussière à Béthel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 49, 3. ― Dans la vallée de Cédron qui entoure Jérusalem à l’est et au sud-est. ― Béthel n’est pas à une très grande distance de Jérusalem. Voir Genèse, 12, 8.
Il extermina aussi les augures, qui avaient été établis par les rois d’Israël pour sacrifier sur les hauts lieux dans les villes de Juda, et autour de Jérusalem ; et ceux qui offraient de l’encens à Baal, au Soleil, à la Lune, aux douze signes, et à toutes les étoiles du ciel.
Il commanda aussi que l’on citât de la maison du Seigneur l’idole du bois sacrilège, et qu’on la portât hors de Jérusalem en la vallée de Cédron, où l’ayant brûlée et réduite en cendres, il en fit jeter les cendres sur les sépulcres du peuple.
Il abattit aussi les petites maisons des efféminés qui étaient dans la maison du Seigneur, pour lesquels des femmes travaillaient à faire des tentes, ou des voiles destinés au culte de l’idole du bois sacrilège.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la maison, etc. ; c’est-à-dire dans le parvis du temple. ― Dans lesquelles. Tel est le sens de l’hébreu et du grec. Comme des tentes, etc. ; littéralement comme des maisonnettes du bois sacré.
Le roi assembla tous les prêtres des villes de Juda, et il profana tous les hauts lieux où les prêtres sacrifiaient, depuis Gabaa jusqu’à Bersabée, et il détruisit les autels des portes de Jérusalem à l’entrée de la maison de Josué, prince de la ville, qui était à main gauche de la porte de la ville.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il profana, etc. (voir de quelle manière aux versets 14, 16 et 20), afin qu’on ne pût plus y faire de prières. ― A la gauche ; pour ceux qui entraient dans la ville, comme portent le chaldéen et le grec. ― La porte de la ville ; probablement la porte principale ; car il n’y a pas d’autre moyen d’expliquer l’article déterminatif qui se trouve dans le texte original. ― Gabaa, Djeba, ville de la tribu de Benjamin, au nord de Jérusalem. Voir 1 Rois, 11, 4. ― Bersabée, à l’extrémité méridionale de la Palestine. Voir Genèse, 21, 14.
Depuis ce temps-là les prêtres des hauts lieux ne montaient point à l’autel du Seigneur dans la ville, de Jérusalem ; mais ils mangeaient seulement du pain sans levain au milieu de leurs frères.
Le roi souilla et profana pareillement le lieu de Topheth, qui est dans la vallée du fils d’Ennom, afin que personne ne sacrifiât son fils ou sa fille a Moloch, en les faisant passer par le feu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Moloch. Voir Lévitique, note 18.21. ― Dans la vallée du fils d’Ennom, à l’ouest et au sud de Jérusalem.
Il ôta aussi les chevaux que les rois de Juda avaient donnés au Soleil, et dont les écuries étaient à l’entrée du temple du Seigneur, près du logement de Nathan-Mélech, eunuque, qui était à Pharurim ; et il brûla les chariots du Soleil.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Pharurim, dans l’intérieur des portiques du Temple.
Le roi détruisit aussi les autels qui étaient sur la terrasse de la chambre d’Achaz, que les rois de Juda avaient faits, et les autels que Manassé avait bâtis aux deux parvis du temple du Seigneur, et il courut de ce même lieu pour en répandre les cendres dans le torrent de Cédron.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le toit, c’est-à-dire la terrasse.
Le roi souilla aussi et profana les hauts lieux qui étaient, à main droite de la montagne du Scandale, que Salomon, roi d’Israël, avait bâtis à Astaroth, idole des Sidoniens, à Chamos, le scandale de Moab, et à Melchom, l’abomination des enfants d’Ammon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La montagne du Scandale ; dans l’hébreu, de la corruption, de la perdition, c’est la montagne des Oliviers, ainsi appelée, à cause de l’idolâtrie qui s’y pratiquait. ― Voir 3 Rois, 11, 7. ― A Astaroth. Voir Juges, note 3.7. ― A Chamos. Voir 3 Rois, note 11.7. ― A Melchom, à Moloch.
Il en brisa les statues et en abattit les bois, et il remplit ces lieux-là d’ossements de morts.
Et pour ce qui est de l’autel qui était à Béthel, et du haut lieu qu’avait bâti Jéroboam, fils de Nabat, qui avait fait pécher Israël, il détruisit et cet autel, et ce haut lieu : il les brûla et les réduisit en cendres, et consuma aussi par le feu le bois consacré.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 3 Rois, 13, 32.
Josias retournant en ce lieu, vit les sépulcres qui étaient sur la montagne, et il envoya prendre les os qui étaient dans ces sépulcres, et les brûla sur l’autel, et il le souilla et profana selon la parole du Seigneur, qu’avait prononcée l’homme de Dieu qui avait prédit ces choses.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’homme de Dieu, qui, etc. Voir 3 Rois, 13, 2.
Il dit ensuite : Quel est ce tombeau que je vois ? Les citoyens de cette ville-là lui dirent : C’est le sépulcre de l’homme de Dieu qui était venu de Juda, et qui avait prédit ce que vous venez de faire sur l’autel de Béthel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 3 Rois, 13, 2.
Josias dit : Laissez-le là, et que personne ne touche à ses os. Et ses os demeurèrent au même lieu, sans que personne y touchât, avec les os du prophète qui était venu de Samarie.
Outre tout cela, Josias détruisit tous les temples des hauts lieux qui étaient dans les villes de Samarie, que les rois d’Israël avaient bâtis pour irriter le Seigneur, et il les réduisit au même état que tous ceux qui étaient à Béthel.
Il tua même tous les prêtres des hauts lieux, qui avaient soin des autels en ces lieux-là, et il brûla sur ces autels des os d’hommes morts. Après cela il retourna à Jérusalem.
Josias dit ensuite à tout le peuple : Célébrez la pâque en l’honneur du Seigneur, votre Dieu, en la manière qui est écrite dans ce livre de l’alliance.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Paralipomènes, 35, 1.
Car depuis le temps des juges qui jugèrent Israël, et depuis tout le temps des rois d’Israël et des rois de Juda,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et pendant tous les jours. Ces derniers mots sont au génitif, dans la Vulgate, probablement, comme complément de Pâque qui précède ; mais le sens revient au même.
jamais pâque ne fut célébrée comme celle qui se fit en l’honneur du Seigneur, dans Jérusalem, la dix-huitième année du roi Josias.
Josias extermina aussi les pythons, les devins et les figures des idoles, les impuretés et les abominations qui avaient été dans le pays de Juda et de Jérusalem, pour accomplir les paroles de la loi qui étaient écrites dans ce livre que Helcias, pontife, avait trouvé dans le temple du Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un esprit de python. Voir Lévitique, 20, 27.
Il n’y a point eu avant Josias de roi qui lui fût semblable, et qui soit retourné comme lui au Seigneur de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, selon tout ce qui est écrit dans la loi de Moïse, et il n’y en a point eu non plus apres lui.
Cependant l’extrême colère et la fureur du Seigneur, qui s’était allumée contre Juda, à cause des crimes par lesquels Manassé l’avait irrité, ne fut point apaisée alors.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les traducteurs qui n’ont pas reproduit ces pléonasmes de la Vulgate et de l’hébreu ont singulièrement diminué la force et l’énergie du sens.
C’est pourquoi le Seigneur a dit : Je rejetterai encore Juda de devant ma face, comme j’ai rejeté Israël, et j’abandonnerai Jérusalem, cette ville que j’ai choisie, et cette maison de laquelle j’ai dit : C’est là que mon nom sera présent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 3 Rois, 24, 2.
Le reste des actions de Josias, et tout ce qu’il a fait, est écrit au livre des Annales des rois de Juda.
En ce temps-là Pharaon-Néchao, roi d’Égypte, marcha contre le roi des Assyriens, vers le fleuve d’Euphrate ; et le roi Josias alla avec son armée au-devant de lui, et lui ayant donné bataille, il fut tué à Mageddo.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Paralipomènes, 35, 20. ― Lorsqu’il l’eut vu ; c’est-à-dire lorsqu’il lui eut livré un combat. ― Néchao II, pharaon de la XXVIe dynastie, régna depuis 611 jusqu’à 605 environ avant Jésus-Christ. ― Mageddo barrait les voies du Liban et pouvait à volonté ouvrir ou fermer la route aux armées qui marchaient vers l’Euphrate. Aussi joua-t-elle dans toutes les guerres des Egyptiens en Asie un rôle prédominant. Elle avait été le point de ralliement des forces chananéennes et le poste avancé des peuples du nord contre les attaques venues du sud. Une bataille perdue sous ses murs livrait la Palestine entière aux mains du vainqueur et lui permettait de continuer sa marche vers la Cœlésyrie.
Ses serviteurs le rapportèrent mort de Mageddo à Jérusalem, et l’ensevelirent dans son sépulcre ; et le peuple prit Joachaz, fils de Josias, et il fut sacré et établi roi en la place de son père.
Joachaz avait vingt-trois ans lorsqu’il commença à régner, et Il régna trois mois dans Jérusalem. Sa mère se nommait Amital, et était fille de Jérémie de Lobna.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Paralipomènes, 36, 2.
Il fit le mal devant le Seigneur, et commit tous les mêmes crimes que ses pères.
Pharaon-Néchao le prit et l’enchaîna à Rébla, qui est au pays d’Emath, afin qu’il ne régnât point à Jérusalem. Il condamna le pays a lui donner cent talents d’argent et un talent d’or.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Rébla, sur l’Oronte, à environ douze heures au sud-ouest d’Emèse, dans une plaine très fertile. ― Emath. Voir 2 Rois, 8, 9. ― Cent talents d’argent et un talent d’or. Le talent d’argent valait 8500 francs et le talent d’or 131 850 francs.
Et Pharaon-Néchao établit roi Eliacim, fils de Josias, en la place de Josias, son père, et changea son nom, et l’appela Joakim ; et ayant pris avec lui Joachaz, il l’emmena en Égypte, où il mourut.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En hébreu, Eliacim, ou plutôt Eliakim, signifie Dieu établit, et Joakim, ou Jéhoakim, le Seigneur (Jéhova) établit. Ce changement de nom marquait le domaine que le roi d’Egypte prétendait conserver sur le roi de Juda.
Joakim donna à Pharaon de l’argent et de l’or, selon la taxe qu’il avait faite par tête sur le pays, pour payer la contribution ordonnée par Pharaon ; il tira de même de l’argent et de l’or de tout le peuple, exigeant de chacun à proportion de son bien, pour donner cet argent à Pharaon-Néchao.
Joakim avait vingt-cinq ans lorsqu’il commença à régner, et il régna onze ans à Jérusalem. Sa mère s’appelait Zébida, et était fille de Phadaïa de Ruma.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ruma, probablement el-Arma, voir Juges, 9, 41.
Il fit le mal devant le Seigneur, et commit tous les mêmes crimes que ses pères.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Paralipomènes, 34, 28.