Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← 2 Rois 17 2 Rois 18 sur 25 chapitres 2 Rois 19 →

2 Rois 18

LA troisième année d’Osée, fils d’Ela, roi d’Israël, Ezéchias, fils d’Achaz, roi de Juda, commença à régner.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Paralipomènes, 28, 27 ; 29, 1.

Il avait vingt-cinq ans lorsqu’il monta sur le trône, et il régna vingt-neuf ans dans Jérusalem. Sa mère s’appelait Abi, et était fille de Zacharie.

Il fit ce qui était bon et agréable au Seigneur, selon tout ce qu’avait fait David, son père.

Il détruisit les hauts lieux, brisa les statues, abattit les bois profanes, et fit mettre en pièces le serpent d’airain que Moïse avait fait, parce que les enfants d’Israël lui avaient brûlé de l’encens jusqu’alors, et il l’appela Nohestan.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 21, 9. ― Nohestan. Ce mot en hébreu signifie fait d’airain, ou, selon d’autres, serpent d’airain.

Il mit son espérance au Seigneur, le Dieu d’Israël : c’est pourquoi il n’y en eut point après lui, d’entre tous les rois de Juda, qui lui fût semblable, comme il n’y en avait point eu avant lui.

Il demeura attaché au Seigneur : il ne se retira point de ses voies, et il observa les commandements que le Seigneur avait donnés à Moïse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De ses traces ; c’est-à-dire de ses voies.

C’est pourquoi le Seigneur était avec ce prince, et il se conduisait avec sagesse dans toutes ses entreprises. Il secoua aussi le joug du roi des Assyriens, et ne voulut plus lui être asservi.

Il battit les Philistins jusqu’à Gaza, et ruina leurs terres depuis les tours des gardes jusqu’aux villes fortes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jusqu’à Gaza. Voir Josué, 10, 41.

La quatrième année du roi Ezéchias, qui était la septième d’Osée, fils d’Ela, roi d’Israël, Salmanasar, roi des Assyriens, vint à Samarie, l’assiégea,

et la prit : car Samarie fut prise après un siége de trois ans, la sixième année du roi Ezéchias, c’est-à-dire, la neuvième année d’Osée, roi d’Israël ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 4 Rois, 17, 6 ; Tobie, 1, 2.

et le roi des Assyriens transféra les Israélites eu Assyrie, et les fit demeurer dans Halaet dans Habor, villes des Mèdes, près du fleuve de Gozan :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Fleuves. Ce pluriel paraît être une faute de copiste. Voir au reste pour la difficulté que présente ce passage, 4 Rois, 17, 6.

parce qu’ils n’avaient point écouté la voix du Seigneur, leur Dieu, qu’ils avaient violé son alliance, et qu’ils n’avaient ni écouté ni suivi toutes les ordonnances que Moïse, serviteur du Seigneur, leur avait prescrites.

La quatorzième année du roi Ezéchias, Sennachérib, roi des Assyriens, vint attaquer toutes les villes fortes de Juda, et les prit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Paralipomènes, 32, 1 ; Ecclésiastique, 48, 20 ; Isaïe, 36, 1. ― Sennachérib, roi des Assyriens, fils et successeur de Sargon, occupa le trône de Ninive, de l’an 705 à l’an 681 avant Jésus-Christ. La campagne contre la Palestine eut lieu probablement en 701. Le nom de Sennachérib signifie : « le dieu Sin (la lune) a multiplié les frères. »

Alors Ezéchias, roi de Juda, envoya des ambassadeurs au roi des Assyriens, à Lachis, et lui dit : J’ai fait une faute ; mais retirez-vous de dessus mes terres, et je souffrirai tout ce que vous m’imposerez. Le roi des Assyriens ordonna à Ezéchias, roi de Juda, de lui donner trois cents talents d’argent et trente talents d’or.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lachis, aujourd’hui Oumm-Lakis, ville au sud-ouest de la tribu de Juda, à l’ouest d’Eglon, sur la route de Jérusalem à Gaza. On a trouvé dans les ruines du palais de Sennachérib à Ninive un bas-relief représentant ce monarque recevant à Lachis les tributs de Juifs. ― Trois cents talents d’argents, environ 2 500 000 de francs, et trente talents d’or, ou à peu près 4 000 000 de francs.

Ezéchias lui donna tout l’argent qui se trouva dans la maison du Seigneur, et dans les trésors du roi.

Alors Ezéchias détacha, des battants des portes du temple du Seigneur, les lames d’or que lui-même y avait attachées, et les donna au roi des Assyriens.

Le roi des Assyriens envoya ensuite Tharthan, Rabsaris et Rabsacès, de Lachis à Jérusalem, vers le roi Ezéchias, avec un grand nombre de gens de guerre, qui étant venus à Jérusalem, s’arrêtèrent près de l’aqueduc du haut étang, qui est sur le chemin du champ du foulon,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tharthan, Rabsaris et Rabsacès ne sont pas des noms propres, mais des titres de dignités assyriennes. Le tharthan est le général de l’armée ; Rabsaris est vraisemblablement le chef des eunuques ou des officiers de la maison du roi et Rabsacès est le grand échanson. ― Sur la voie du champ de Foulon, dans le voisinage sans doute de la porte actuelle de Jaffa, à l’ouest de Jérusalem.

et ils demandèrent à parler au roi. Eliacim, fils d’Helcias, grand maître de la maison du roi ; Sobna, secrétaire ; et Joahé, fils d’Asaph, chancelier, allèrent les trouver ;

et Rabsacès leur dit : Allez dire ceci à Ezéchias : Voici ce que dit le grand roi, le roi des Assyriens : Quelle est cette confiance où vous êtes ? Sur quoi vous appuyez-vous ?

Vous avez peut-être fait dessein de vous préparer au combat ; mais en quoi mettez-vous votre confiance, pour oser vous opposer à moi ?

Est-ce que vous espérez du soutien du roi d’Egypte ? Ce n’est qu’un roseau cassé ; et si un homme s’appuie dessus, il se brisera, lui entrera dans la main et la transpercera. Voilà ce qu’est Pharaon, roi d’Egypte, pour tous ceux qui mettent leur confiance en lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pharaon. Le roi d’Egypte était Tharaka, qui ne donna en effet à Ezéchias aucun secours efficace.

Si vous me dites : Nous mettons notre espérance au Seigneur, notre Dieu ; n’est-ce pas ce Dieu dont Ezéchias a détruit les autels et les hauts lieux, ayant fait ce commandement à Juda et à Jérusalem : Vous n’adorerez plus que dans Jérusalem, et devant ce seul autel ?

Marchez donc maintenant contre le roi des Assyriens, mon maître : je vous donnerai deux mille chevaux ; voyez si vous pourrez trouver seulement autant d’hommes qu’il en faut pour les monter.

Et comment pourriez-vous tenir ferme devant un seul capitaine des derniers serviteurs de mon seigneur ? Est-ce que vous mettez votre confiance dans l’Egypte, à cause des chariots et de la cavalerie que vous en espérez ?

Mais n’est-ce pas par la volonté du Seigneur que je suis venu en ce pays pour le détruire ? Le Seigneur m’a dit : Entrez dans cette terre-là, et ravagez tout.

Sur quoi Eliacim, fils d’Helcias, Sobna et Joahé lui dirent : Nous vous supplions de parler à vos serviteurs en syriaque, parce que nous entendons bien cette langue, et de ne nous pas parler en langue judaïque devant le peuple, qui écoute de dessus les murailles.

Rabsacès leur répondit : Est-ce pour parler à votre maître et à vous, que mon seigneur m’a envoyé ici ? et n’est-ce pas plutôt pour parler à ces hommes qui sont sur la muraille, qui seront réduits à manger leurs excréments avec vous, et à boire leur urine ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leur répondit, en s’adressant au principal d’entre eux.

Rabsacès se tenant donc debout, cria à haute voix en langue judaïque : Ecoutez les paroles du grand roi, du roi des Assyriens.

Voici ce que le roi dit : Qu’Ezéchias ne vous séduise point : car il ne pourra point vous délivrer de ma main.

Ne vous laissez point aller à cette confiance qu’il veut vous donner, en disant : Le Seigneur nous délivrera de ce péril, et cette ville ne sera point livrée entre les mains du roi des Assyriens.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et qu’il ne vous donne, etc. ; c’est-à-dire ne vous livrez pas à cette confiance qu’il veut vous donner. ― Nous délivrera certainement ; littéralement et par hébraïsme, délivrant, il nous délivrera.

Gardez-vous bien d’écouter Ezéchias : car voici ce que dit le roi des Assyriens : Prenez un conseil utile, et traitez avec moi ; venez vous rendre à moi, et chacun de vous mangera le fruit de sa vigne et de son figuier, et vous boirez des eaux de vos citernes ;

jusqu’à ce que je vienne vous transférer en une terre qui est semblable à la vôtre, une terre fertile, abondante en vin et en pain, une terre de vignes et d’oliviers, une terre d’huile et de miel, et vous vivrez et vous ne mourrez point. N’écoutez donc point Ezéchias qui vous trompe, en disant : Le Seigneur nous délivrera.

Les dieux des nations ont-ils délivré leurs terres de la main du roi des Assyriens ?

Où est maintenant le dieu d’Emath et le dieu d’Arphad ? Où est le dieu de Sépharvaïm, d’Ana et d’Ava ? Ont-ils délivré de ma main la ville de Samarie ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans l’endroit parallèle, Isaïe (voir Isaïe, 36, 19) ne parle ni d’Ana, ni d’Ava ; mais il les nomme (voir Isaïe, 37, 13) dans la lettre de Sennachérib à Ezéchias. ― Emath. Voir 2 Rois, note 8.9. ― Arphad, aujourd’hui Tell-Erfàd au nord d’Alep, ville souvent mentionnée dans les inscriptions assyriennes. ― Sépharvaïm. Voir 4 Rois, 17, 24. ― Ana et Ava, villes inconnues.

Où trouvera-t-on un dieu parmi tous les dieux des nations, qui ait délivré de ma main son propre pays, pour croire que le Seigneur pourra délivrer de ma main la ville de Jérusalem ?

Cependant le peuple demeura dans le silence, et ne répondit pas un seul mot : car ils avaient reçu ordre du roi de ne lui répondre rien.

Après cela Eliacim, fils d’Helcias, grand maître de la maison ; Sobna, secrétaire, et Joahé, fils d’Asaph, chancelier, vinrent trouver Ezéchias, ayant leurs habits déchirés, et ils lui rapportèrent les paroles de Rabsacès.