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1 Rois 21
APRÈS ces événements il en arriva un autre dans le même temps. Naboth de Jezrahel avait à lui, dans Jezrahel même, une vigne près du palais d’Achab, roi de Samarie.
Et Achab lui dit : Donnez-moi votre vigne, afin que je puisse faire un jardin potager, parce qu’elle est proche de ma maison, et je vous en donnerai une meilleure : ou, si cela vous accommode mieux, je vous la payerai en argent au prix qu’elle vaut.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Que le Seigneur, etc., c’est-à-dire que le Seigneur me garde de donner, etc.
Naboth lui répondit : Dieu me garde de vous donner l’héritage de mes pères.
Achab revint donc chez lui tout en colère et plein de fureur, à cause de cette parole de Naboth de Jezrahel qui lui avait dit : Je ne vous donnerai point l’héritage de mes pères. Et se jetant sur son lit, il se tourna du côté de la muraille, et ne mangea point.
Jézabel, sa femme, étant venue le trouver, lui dit : Qu’est-ce donc que cela ? D’où vous vient cette tristesse ? et pourquoi ne mangez-vous point ?
Il lui répondit : J’ai parlé à Naboth de Jezrahel, et je lui ai dit : Donnez-moi votre vigne, et je vous en donnerai l’argent ; ou, si vous l’aimez mieux, je vous en donnerai une meilleure pour celle-là. Et il m’a répondu : Je ne vous donnerai point ma vigne.
Jézabel, sa femme, lui dit : Votre autorité est grande, à ce que je vois, et vous gouvernez bien le royaume d’Israël. Levez-vous, mangez, et ayez l’esprit en repos ; je me charge de vous livrer la vigne de Naboth de Jezrahel.
Aussitôt elle écrivit, au nom d’Achab, des lettres qu’elle cacheta du cachet du roi, et elle les envoya aux anciens et aux premiers de la ville de Naboth qui demeuraient avec lui.
Ces lettres étaient conçues en ces termes : Publiez un jeûne, et faites asseoir Naboth entre les premiers du peuple,
et gagnez contre lui deux enfants de Bélial, qui rendent un faux témoignage, en disant : Naboth a blasphémé contre Dieu et contre le roi : qu’on le mène hors de la ville, qu’il soit lapidé et mis à mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Fils de Bélial ; appelés un peu plus bas (verset 13) fils du diable. Voir Juges, 19, 22 et 2 Corinthiens, 6, 15. ― Il a blasphémé ; littéralement il a béni ; mais bénir se dit souvent dans l’Ecriture par antiphrase.
Les anciens et les premiers de la ville de Naboth qui demeuraient avec lui, firent ce que Jézabel leur avait commandé, et ce que portait la lettre qu’elle leur avait envoyée.
Ils publièrent un jeûne, et firent asseoir Naboth entre les premiers du peuple ;
et ayant fait venir deux enfants du diable, ils les firent asseoir vis-à-vis de lui. Et ces deux enfants du diable portèrent témoignage contre lui devant l’assemblée, en disant : Naboth a blasphémé contre Dieu et contre le roi. Et ensuite de ce témoignage, ils le menèrent hors de la ville, et le lapidèrent.
Ils envoyèrent aussitôt à Jézabel, pour lui dire : Naboth a été lapidé, et il est mort.
Jézabel ayant appris que Naboth avait été lapidé, et qu’il était mort, vint dire à Achab : Allez, et rendez-vous maître de la vigne de Naboth de Jezrahel, qui n’a pas voulu se rendre à votre désir, ni vous la donner pour le prix qu’elle valait : car Naboth n’est plus en vie ; mais il est mort.
Achab ayant appris la mort de Naboth, s’en alla aussitôt dans la vigne de Naboth de Jezrahel, pour s’en rendre maître.
En même temps le Seigneur adressa sa parole à Elie de Thesbé, et lui dit :
Allez tout présentement au-devant d’Achab, roi d’Israël, qui est dans Samarie : car le voilà qui va dans la vigne de Naboth, pour s’en rendre maître.
Et vous lui parlerez en ces termes : Voici ce que dit le Seigneur : Vous avez tué Naboth, et de plus vous vous êtes emparé de sa vigne. Et vous lui direz ensuite : Voici ce que dit le Seigneur : En ce même lieu où les chiens ont léché le sang de Naboth, ils lécheront aussi votre sang.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 3 Rois, 22, 38.
Et Achab dit à Elie : En quoi avez-vous trouvé que je me déclarasse votre ennemi ? Elie lui répondit : En ce que vous vous êtes vendu pour faire le mal aux yeux du Seigneur.
Voici ce que dit le Seigneur : Je vais faire fondre tous les maux sur vous. Je vous retrancherai, vous et votre postérité, de dessus la terre ; et je tuerai de la maison d’Achab jusqu’aux plus petits enfants et aux animaux, et depuis le premier jusqu’au dernier dans Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 4 Rois, 9, 8. ― Voilà que, etc. Ce sont les paroles du Seigneur qu’Elie reprend. ― Celui qui urine, etc. Voir 1 Rois, 25, 22. ― Le dernier, des descendants d’Achab.
Je rendrai votre maison comme la maison de Jéroboam, fils de Nabat, et comme la maison de Baasa, fils d’Ahia, parce que vos actions ont irrité ma colère, et que vous avez fait pécher Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 3 Rois, 15, 29 ; 16, 3.
Le Seigneur a prononcé aussi cet arrêt contre Jézabel : Les chiens mangeront Jézabel, dans le champ de Jezrahel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 4 Rois, 9, 36.
Si Achab meurt dans la ville, il sera mangé par les chiens ; et s’il meurt dans les champs, il sera mangé par les oiseaux du ciel.
Achab n’eut donc point son semblable en méchanceté, comme ayant été vendu pour faire le mal aux yeux du Seigneur. (Car il y fut excité encore par Jézabel, sa femme.)
Et il devint tellement abominable, qu’il suivait les idoles des Amorrhéens que le Seigneur avait exterminés à l’entrée des enfants d’Israël en leur pays.
Achab ayant entendu ces paroles, déchira ses vêtements, couvrit sa chair d’un cilice, jeûna et dormit avec le sac, et marcha ayant la tête baissée.
Alors le Seigneur adressa sa parole à Elie de Thesbé, et lui dit :
N’avez-vous pas vu Achab humilié devant moi ? Puis donc qu’il s’est humilié à cause de moi, je ne ferai point tomber sur lui pendant qu’il vivra les maux dont je l’ai menacé ; mais je les ferai tomber sur sa maison, sous le règne de son fils.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 4 Rois, 9, 26.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une vigne qui, laquelle. Les éditions ordinaires de la Vulgate portent lequel (Naboth) ; mais celle de Turin, que nous suivons, comme étant la seule approuvée par le Saint-Siège, lit conformément au contexte, laquelle. [Nous exposerons dans notre grand commentaire les raisons qui militent en faveur de cette dernière leçon.] ― Jezrahel, ville frontière d’Issachar, à l’extrémité orientale de la plaine d’Esdrelon, au nord d’Engannim, au sud de Sunem et de Naïm.