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1 Rois 22

AINSI trois ans se passèrent sans qu’il y eût guerre entre la Syrie et Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Paralipomènes, 18, 1.

Mais la troisième année, Josaphat, roi de Juda, vint trouver le roi d’Israël.

(Car le roi d’Israël avait déjà dit à ses serviteurs : Ignorez-vous que la ville de Ramoth en Galaad est à nous, et cependant nous ne pensons point à la retirer des mains du roi de Syrie ?)

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ramoth-Galaad. Voir Deutéronome, 4, 43.

Et le roi d’Israël dit à Josaphat : Viendrez-vous avec moi à la guerre pour prendre Ramoth en Galaad ?

Josaphat répondit au roi d’Israël : Vous pouvez disposer de moi comme de vous-même. Mon peuple et votre peuple ne sont qu’un seul peuple ; et ma cavalerie est votre cavalerie. Et il ajouta en parlant au même roi d’Israël : Consultez néanmoins aujourd’hui, je vous prie, quelle est la volonté du Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme je suis, etc., c’est-à-dire dans les mêmes dispositions que vous ; mas volonté est la vôtre.

Le roi d’Israël assembla donc ses prophètes qui se trouvèrent environ quatre cents, et il leur dit : Dois-je aller à la guerre pour prendre Ramoth en Galaad, ou me tenir en paix ? Ils lui répondirent : Allez, et le Seigneur livrera la ville entre les mains du roi.

Josaphat lui dit : N’y a-t-il point ici quelque prophète du Seigneur, afin que nous le consultions par lui ?

Le roi d’Israël répondit à Josaphat : Il est demeuré un homme par qui nous pouvons consulter le Seigneur ; mais je hais cet homme-là, parce qu’il ne me prophétise jamais rien de bon, et qu’il ne me prédit que du mal. C’est Michée, fils de Jemla. Josaphat lui répondit : O roi ! ne parlez point ainsi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce Michée est différent de l’un des douze petits Prophètes, et qui ne vécut que longtemps après. C’était le seul prophète du vrai Dieu qui fût resté à Samarie. Elie et Elisée demeuraient dans des solitudes et des lieux écartés avec leurs disciples.

Le roi d’Israël ayant appelé un eunuque, lui dit : Faites venir présentement Michée, fils de Jemla.

Le roi d’Israël et Josaphat, roi de Juda, étaient dans une place près la porte de Samarie, assis chacun sur leur trône avec des habits d’une magnificence royale, et tous les prophètes prophétisaient devant eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Près de la porte de Samarie. Cette porte était située à l’ouest de la ville et dominait toute la plaine située au-dessous et la plaine de Saron jusqu’à la Méditerranée.

Sédécias, fils de Chanaana, s’était fait faire aussi des cornes de fer, et il dit : Voici ce que dit le Seigneur : Vous battrez avec ces cornes, et vous agiterez la Syrie jusqu’à ce que vous l’ayez toute détruite.

Tous les prophètes prophétisaient de même, et disaient : Allez contre Ramoth en Galaad, et marchez heureusement, et le Seigneur la livrera entre les mains du roi.

Celui qu’on avait envoyé pour faire venir Michée, lui dit : Voilà tous les prophètes qui dans leurs réponses prédisent tous d’une voix un bon succès au roi ; que vos paroles soient donc semblables aux leurs, et que votre prédiction soit favorable.

Michée lui répondit : Vive le Seigneur ! je ne dirai que ce que le Seigneur m’aura dit.

Michée se présenta donc devant le roi, et le roi lui dit : Michée, devons-nous aller à la guerre pour prendre Ramoth en Galaad, ou demeurer en paix ? Michée lui répondit : Allez, marchez heureusement, et le Seigneur la livrera entre les mains du roi.

Le roi ajouta : Je vous conjure au nom du Seigneur, de ne me parler que selon la vérité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au nom du Seigneur. D’autres rattachent ces mots à je t’adjure. Le roi s’est aperçu de l’ironie de Michée, c’est pourquoi il insiste si fortement pour obtenir une vraie prédiction.

Michée lui dit : J’ai vu tout Israël dispersé dans les montagnes comme des brebis qui n’ont point de pasteur, et le Seigneur a dit : Ils n’ont point de chef ; que chacun retourne en paix en sa maison.

Aussitôt le roi d’Israël dit à Josaphat : Ne vous avais-je pas bien dit que cet homme ne me prophétise jamais rien de bon, mais qu’il me prédit toujours du mal ?

Et Michée ajouta : Ecoutez la parole du Seigneur : J’ai vu le Seigneur assis sur son trône, et toute l’armée du ciel autour de lui à droite et à gauche.

Et le Seigneur a dit : Qui séduira Achab, roi d’Israël, afin qu’il marche contre Ramoth en Galaad, et qu’il y périsse ? Et l’un dit une chose, et l’autre une autre.

Mais l’esprit malin s’avança, et se présentant devant le Seigneur, il lui dit : C’est moi qui séduirai Achab. Le Seigneur lui dit : Et comment ?

Il répondit : J’irai, et je serai un esprit menteur en la bouche de tous ses prophètes. Le Seigneur lui dit : Vous le séduirez, et vous aurez l’avantage sur lui. Allez, et faites comme vous le dites.

Maintenant donc, le Seigneur a mis un esprit de mensonge en la bouche de tous vos prophètes qui sont ici, et le Seigneur a prononcé votre arrêt.

En même temps Sédécias, fils de Chanaana, s’approcha de Michée, et lui donna un soufflet sur la joue, et lui dit : L’Esprit du Seigneur m’a-t-il donc quitté pour vous parler ?

Michée lui dit : Vous le verrez au jour où vous passerez dans la chambre la plus retirée, pour vous y cacher.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui est dans une chambre. Voir 3 Rois, 20, 30.

Alors le roi d’Israël dit à ses gens : Prenez Michée, et qu’on le mène chez Amon, gouverneur de la ville, et chez Joas, fils d’Amélech ;

et dites-leur : Voici ce que le roi a ordonné : Renfermez cet homme dans la prison, et qu’on le nourrisse de pain de douleur et d’eau d’affliction jusqu’à ce que je revienne en paix.

Michée lui dit : Si vous revenez en paix, le Seigneur n’a point parlé par moi. Et il ajouta : Que tout le monde entende ce que je dis.

Le roi d’Israël et Josaphat, roi de Juda, marchèrent donc contre Ramoth en Galaad ;

et le roi d’Israël dit à Josaphat : Prenez vos armes, et combattez avec vos habits ordinaires. Mais le roi d’Israël se déguisa avant de commencer le combat.

Or le roi de Syrie avait donné cet ordre aux trente-deux capitaines de ses chariots : Ne combattez contre qui que ce soit, ni petit ni grand ; n’attaquez que le seul roi d’Israël.

Les capitaines des chariots ayant donc vu Josaphat, s’imaginèrent que c’était le roi d’Israël, et étant fondus sur lui en même temps, ils le combattaient. Alors Josaphat jeta un grand cri,

et les capitaines des chariots reconnurent que ce n’était pas le roi d’Israël, et ne le pressèrent pas davantage.

Il arriva cependant qu’un homme ayant tendu son arc, tira une flèche au hasard, et elle vint percer le roi d’Israël entre le poumon et l’estomac. Il dit aussitôt à son cocher : Tourne bride, et retire-moi du milieu des troupes, parce que je suis fort blessé.

Le combat dura tout le jour, et le roi d’Israël demeura dans son chariot tournant face vers les Syriens. Le sang coulait de sa plaie sur tout son chariot, et il mourut le soir.

Avant que le soleil fût couché, un héraut sonna de la trompette dans toute l’armée, et dit : Que chacun s’en retourne dans sa ville et dans son pays.

Le roi étant donc mort, fut porté à Samarie, où il fut enseveli.

On lava son chariot et les rênes de ses chevaux dans la piscine de Samarie, et les chiens léchèrent son sang, selon la parole que le Seigneur avait prononcée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 3 Rois, 21, 19. ― Dans la piscine. Il n’y avait pas de source dans la ville de Samarie, bâtie sur une hauteur, mais seulement une piscine. La fontaine de la ville était au bas de la montagne au sud-est.

Le reste des actions d’Achab, et tout ce qu’il fit, la maison ornée d’ivoire qu’il fit faire, et toutes les villes qu’il fit bâtir, sont écrites au livre des Annales des rois d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Toutes les villes, est au génitif dans la Vulgate, comme complément du mot reste qui précède. ― N’est-ce pas écrit, etc. Comparer à 3 Rois, 11, 41. ― La maison d’ivoire, ornée intérieurement d’ivoire.

Achab s’endormit donc avec ses pères ; et Ochozias, son fils, régna en sa place.

Josaphat, fils d’Asa, avait commencé à régner sur Juda, la quatrième année d’Achab, roi d’Israël.

Il avait trente-cinq ans lorsqu’il commença à régner, et il régna vingt-cinq ans dans Jérusalem : sa mère s’appelait Azuba, fille de Salaï.

Il marcha dans toutes les voies d’Asa, son père, sans se détourner, et il fit ce qui était droit et juste devant le Seigneur.

Néanmoins il ne détruisit pas les hauts lieux : car le peuple y sacrifiait encore, et y brûlait de l’encens.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les hauts lieux. Voir Nombres, note 22.41.

Josaphat eut la paix avec le roi d’Israël.

Le reste des actions de Josaphat, tout ce qu’il fit, et tous ses combats, sont écrits au livre des Annales des rois de Juda.

Il extermina aussi de la terre les restes des efféminés qui étaient demeurés pendant le règne d’Asa, son père ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Efféminés, c’est-à-dire prostitués. Voir Deutéronome, 23, 17.

et il n’y avait point alors de roi établi dans Edom.

Le roi Josaphat avait fait faire une flotte pour la mettre en mer, afin qu’elle fît voile en Ophir, pour en apporter de l’or. Mais ses vaisseaux ne purent y aller, parce qu’ils furent brisés à Asiongaber.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Asiongaber, port sur la mer Rouge, à l’extrémité septentrionale du golfe Elanitique. ― Ophir, pays de l’Inde, à l’embouchure de l’Indus.

Alors Ochozias, fils d’Achab, dit à Josaphat : Que mes serviteurs aillent en mer avec les vôtres. Mais Josaphat ne voulut pas.

Josaphat s’endormit avec ses pères, et il fut enseveli avec eux dans la ville de David, son père ; et Joram, son fils, régna en sa place.

Ochozias, fils d’Achab, avait commence à régner sur Israël dans Samarie la dix-septième année de Josaphat, roi de Juda, et il régna deux ans sur Israël.

Il fit le mal devant le Seigneur : il marcha dans la voie de son père et de sa mère, et dans la voie de Jéroboam, fils de Nabat, qui avait fait pécher Israël.

Il servit aussi Baal, et l’adora ; et il irrita le Seigneur, le Dieu d’Israël, par toutes les mêmes choses que son père avait faites pour l’irriter.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il servit aussi Baal. Sur Baal, voir Juges, note 6.25.