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Ruth 2

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

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Noémi avait un parent du côté de son mari ; c’était un homme puissant et riche, de la famille d’Élimélech et son nom était Booz.

Ruth, la Moabite, dit à Noémi : « je voudrais bien aller aux champs glaner des épis derrière celui aux yeux duquel j’aurai trouvé grâce. » Elle lui répondit : « Va, ma fille. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans le champ ; voisin du lieu où elles se trouvaient. ― Les épis qui auront échappé des mains des moissonneurs. La récolte du froment commence ordinairement en Palestine vers la fin de mai. Les moissonneurs, prenant les épis de la main gauche, les coupent de la main droite avec une faucille, ou bien les arrachent les avec la main par la racine ; on les lie en gerbes avec un lien fait de la paille même qu’on vient de couper et on les laisse, ainsi liés, sur place. Hommes et femmes travaillent aujourd’hui, comme du temps de Ruth, à cette opération. Ils avancent en diagonale à travers le champ qu’ils moissonnent. Ce ne sont pas les cultivateurs ordinaires qui moissonnent, ce sont des hommes pris à gage pour la journée.

Ruth s’en alla et vint glaner dans un champ derrière les moissonneurs ; et il se rencontra qu’elle arriva dans la pièce de terre qui appartenait à Booz, qui était de la famille d’Élimélech.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Elle recueillait les épis derrière les moissonneurs. Aujourd’hui comme du temps de Ruth, « les plus pauvres parmi le peuple, la veuve et l’orphelin, se voient souvent à la suite des moissonneurs, recueillant les épis qui ont été laissés en arrière. » (VAN LENNEP.)

Et voilà que Booz vint de Bethléem, et il dit aux moissonneurs : « Yahweh soit avec vous ! » Ils lui répondirent : « Yahweh te bénisse ! »

Et Booz dit à son serviteur établi sur les moissonneurs : « À qui est cette jeune fille ? »

Le serviteur établi sur les moissonneurs répondit : « C’est une jeune Moabite, qui est revenue avec Noémi des champs de Moab.

Elle nous a dit : Laissez-moi glaner et ramasser des épis entre les gerbes, derrière les moissonneurs, Et, depuis ce matin qu’elle est arrivée, jusqu’à présent, elle a été debout, et ce repos qu’elle prend dans la maison est court. »

Booz dit à Ruth : « Ecoute, ma fille, ne va pas glaner dans un autre champ ; ne t’éloigne pas d’ici, et reste ainsi avec mes servantes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mes jeunes filles ; c’est-à-dire les jeunes filles qui me servent.

Regarde le champ que l’on moissonnera, et va derrière elles. N’ai-je pas défendu aux serviteurs de te toucher ? Et quand tu auras soif, tu iras aux cruches, et tu boiras de ce que les serviteurs auront puisé. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et même si tu as soif, va où sont les vases et bois de l’eau dont mes serviteurs eux-mêmes boivent. Les moissonneurs sont toujours très altérés, aussi vont-ils boire souvent à une cruche d’eau qu’on garde cachée à l’ombre d’un arbre ou dans des broussailles. Les peintures égyptiennes représentant la moisson nous montrent presque toujours des outres d’eau destinées aux ouvriers. Tantôt une femme les leur apporte, tantôt on les voit boire à longs traits.

Alors, tombant sur sa face, elle se prosterna contre terre et lui dit : « Comment ai-je trouvé grâce à tes yeux, pour que tu t’intéresses à moi, qui suis une étrangère ? »

Booz lui répondit : « On m’a rapporté tout ce que tu as fait pour ta belle-mère après la mort de ton mari, et comment tu as quitté ton père et ta mère et le pays de ta naissance, et tu es venue vers un peuple que tu ne connaissais pas auparavant.

Que Yahweh te rende ce que tu as fait, et que ta récompense soit pleine, de la part de Yahweh, le Dieu d’Israël, sous les ailes duquel tu es venue te réfugier ! »

Et elle dit : « Oh ! que je trouve grâce à tes yeux, mon seigneur ! Car tu m’as consolée, et tu as parlé au cœur de ta servante, bien que je ne sois pas même comme l’une de tes servantes. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui ne suis pas semblable ; qui suis au-dessous.

Au moment du repas, Booz dit à Ruth : « Approche, mange du pain et trempe ton morceau dans le vinaigre. » Elle s’assit à côté des moissonneurs ; Booz lui donna du grain rôti ; elle mangea et se rassasia, et elle garda le reste ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chez les anciens, le vinaigre figurait ordinairement dans les repas des gens de la campagne. ― Quand le moment du repas est venu, les moissonneurs se réunissent tous ensemble, à l’ombre d’un arbre, autour d’un plat fourni par le propriétaire du champ. Les mets préférés sont le leben ou le lait aigre, des grains rôtis, la salade ou des mets vinaigrés, nourriture peu substantielle mais rafraîchissante, et par là même très agréable au milieu de la chaleur qui dévore les travailleurs. Sur les épis rôtis, voici ce que dit un voyageur : « Je rencontrai entre Acre et Seyde un berger qui conduisait le lus grand troupeau de chèvres que j’eusse encore vu dans le pays. Il dînait avec des épis de froment à moitié mûrs, qu’il mangeait, après les avoir fait rôtir, d’aussi bon appétit que les Turcs font leur pillaus. Il nous régala du même mets et nous offrit à boire du lait tout chaud. Il est parlé de ces épis ainsi rôtis dans le livre de Ruth, preuve que cette nourriture est fort ancienne dans l’Orient. Elle est pareillement en usage en Egypte, avec cette différence que les pauvres gens substituent aux épis de froment ceux du blé de Turquie et du millet. Les premiers hommes qui usèrent de cette nourriture, ignoraient les raffinements de l’art, et vraisemblablement ceux qui s’en servent les ignorent encore. Cependant je mets beaucoup de différence entre du bon pain de froment et ces épis rôtis. » (FR. HASSELQUIST.)

ensuite elle se leva pour glaner. Et Booz donna cet ordre à ses serviteurs : « qu’elle glane aussi entre les gerbes, et ne lui faites pas de honte ;

et même vous tirerez pour elle quelques épis des javelles, que vous laisserez par terre, afin qu’elle les ramasse, et vous ne lui ferez point de reproches. »

Elle glana dans le champ jusqu’au soir, et elle battit ce qu’elle avait glané ; il y eut environ un épha d’orge.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’éphi contenait environ trente pintes. ― En litres : 38 litres 88. ― Quand la quantité d’orge ou de froment est petite, on sépare le grain de l’épi en le battant avec un bâton et on le vanne au moyen d’un courant d’air qui emporte le chaume.

Elle l’emporta et revint à la ville, et sa belle-mère vit ce qu’elle avait glané. Elle tira aussi ce qu’elle avait gardé de reste après son repas, et le donna.

Sa belle-mère lui dit : « Où as-tu glané aujourd’hui, et où as-tu travaillé ? Béni soit celui qui s’est intéressé à toi ! » Et Ruth fit connaître à sa belle-mère chez qui elle avait travaillé, en disant : « L’homme chez qui j’ai travaillé aujourd’hui s’appelle Booz. »

Noémi dit à sa belle-fille : « Qu’il soit béni de Yahweh de ce qu’il n’a pas cessé d’être miséricordieux envers les vivants, aussi bien qu’envers ceux qui sont morts ! » Noémi lui dit encore : « Cet homme est pour nous un proche parent et l’un de ceux qui ont sur nous droit de rachat. »

Ruth, la Moabite, dit : Il m’a dit encore : « Reste avec mes serviteurs jusqu’à ce qu’ils aient achevé toute ma moisson. »

Et Noémi dit à Ruth, sa belle-fille : « Il est bon, ma fille, que tu sortes avec ses servantes, afin qu’on ne te maltraite pas dans un autre champ. »

Elle resta donc avec les servantes de Booz pour glaner, jusqu’à la fin de la moisson des orges et de la moisson du froment ; et elle demeurait avec sa belle-mère.