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Jacques 1
JACQUES, serviteur de Dieu et de notre Seigneur Jésus-Christ : aux douze tribus qui sont dispersées : Salut !
Mes frères, considérez comme le sujet d’une très-grande joie les diverses afflictions qui vous arrivent ;
sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’épreuve produit la patience ; saint Paul dit au contraire que c’est la patience qui produit l’épreuve (voir Romains, 5, 3). Mais outre que deux choses peuvent être mutuellement cause l’une de l’autre, le mot épreuve n’est pas pris dans le même sens dans les deux passages. La patience, c’est-à-dire la souffrance des afflictions, produit l’épreuve, et nous rend éprouvés et agréables à Dieu. Et l’épreuve, c’est-à-dire les maux et les tribulations par lesquels Dieu nous éprouve, produit la patience, et nous rend plus humbles, plus soumis, plus patients. C’est par l’exercice des souffrances que nous acquérons la patience.
Or la patience doit être parfaite dans ses œuvres, afin que vous soyez vous-mêmes parfaits et accomplis en toute manière, et qu’il ne vous manque rien.
Si quelqu’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous libéralement sans reprocher ses dons ; et la sagesse lui sera donnée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La sagesse pratique, qui envisage au point de vue chrétien les adversités et les fait servir au salut.
Mais qu’il la demande avec foi, sans aucun doute. Car celui qui doute est semblable au flot de la mer, qui est agité et emporté ça et là par la violence du vent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, 7 ; 21, 22 ; Marc, 11, 24 ; Luc, 11, 9 ; Jean, 14, 13 ; 16, 23-24.
Il ne faut donc pas que celui-là s’imagine qu’il obtiendra quelque chose du Seigneur.
L’homme qui a l’esprit partagé, est inconstant en toutes ses voies.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’homme double d’esprit ; c’est-à-dire qui en a un pour la foi, et l’autre pour l’incrédulité ; l’homme qui est partagé entre la foi et l’incrédulité, entre Dieu et le monde. L’homme animé de sentiments contraires.
Que celui d’entre nos frères qui est d’une condition basse, se glorifie de sa véritable élévation.
Et au contraire, que celui qui est riche, se confonde dans son véritable abaissement, parce qu’il passera comme la fleur de l’herbe.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 14, 18 ; Isaïe, 40, 6 ; 1 Pierre, 1, 24.
Car comme au lever d’un soleil brûlant, l’herbe se sèche, la fleur tombe, et perd toute sa beauté ; ainsi le riche séchera et se flétrira dans ses voies.
Heureux celui qui souffre patiemment les tentations et les maux, parce que, lorsque sa vertu aura été éprouvée, il recevra la couronne de vie que Dieu a promise à ceux qui l’aiment.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Job, 5, 17.
Que nul ne dise, lorsqu’il est tenté, que c’est Dieu qui le tente : car Dieu est incapable de tenter, et de pousser personne au mal.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quoique Dieu ait tenté autrefois Abraham, quoique Moïse ait dit aux anciens Hébreux : Le Seigneur votre Dieu vous tente (voir Deutéronome, 13, 3), l’apôtre saint Jacques a pu dire avec vérité que Dieu ne tente personne, parce que le mot tenter a deux sens bien différents : dans l’un, il signifie séduire pour porter au mal ; et dans l’autre, éprouver, pour porter au bien, pour affermir dans la vertu et pour procurer des occasions de mériter. Or c’est dans le premier sens que Dieu ne tente personne, et c’est dans le second qu’il a pu tenter Abraham et les anciens Hébreux, et qu’il peut tenter tous les hommes.
Mais chacun est tenté par sa propre concupiscence, qui l’emporte et qui l’attire dans le mal.
Et ensuite quand la concupiscence a conçu, elle enfante le péché ; et le péché étant accompli, engendre la mort.
Ne vous y trompez donc pas, mes chers frères.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne vous y trompez donc pas, « en vous imaginant que Dieu est l’auteur du mal ; il est, au contraire, la source suprême de tout bien. » (CRAMPON)
Toute grâce excellente et tout don parfait vient d’en haut, et descend du Père des lumières, qui ne peut recevoir ni de changement, ni d’ombre, par aucune révolution.
C’est lui qui par sa volonté nous a engendrés par la parole de la vérité ; afin que nous fussions comme les prémices de ses créatures.
Ainsi, mes chers frères, que chacun de vous soit prompt à écouter, lent à parler, et lent à se mettre en colère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 17, 27.
Car la colère de l’homme n’accomplit point la justice de Dieu.
C’est pourquoi, renonçant à toutes productions impures et superflues du péché, recevez avec docilité la parole qui a été entée en vous, et qui peut sauver vos âmes.
Ayez soin d’observer cette parole, et ne vous contentez pas de l’écouter en vous séduisant vous-mêmes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, vv. 21, 24 ; Romains, 2, 13.
Car celui qui écoute la parole sans la pratiquer, est semblable à un homme qui jette les yeux sur son visage naturel, qu’il voit dans un miroir ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans un miroir. Les miroirs étaient communs chez les anciens. Ils étaient en métal poli.
et qui après y avoir jeté les yeux, s’en va, et oublie à l’heure même quel il était.
Mais celui qui considère exactement la loi parfaite, qui est celle de la liberté, et qui s’y rend attentif, celui-là n’écoutant pas seulement pour oublier aussitôt, mais faisant ce qu’il écoute, trouvera son bonheur dans ce qu’il fait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C’est la loi évangélique que l’apôtre appelle la loi de la liberté, parce qu’elle nous affranchit de la servitude des cérémonies, en opposition avec la loi de l’Ancien Testament, dont saint Paul dit qu’elle n’était propre qu’à former des esclaves (voir Galates, 4, 24).
Si quelqu’un d’entre vous se croit être religieux, et ne retient pas sa langue comme avec un frein, mais séduit lui-même son cœur, sa religion est vaine et infructueuse.
La religion et la piété pure et sans tache aux yeux de Dieu, notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, et à se conserver pur de la corruption du siècle présent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui sont dans la dispersion ; c’est-à-dire qui sont dispersés. Le mot dispersion se trouve quelquefois dans l’Ecriture pour désigner les Juifs dispersés par suite de la captivité. Voir Jean, 7, 35.