Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← Deutéronome 32 Deutéronome 33 sur 34 chapitres Deutéronome 34 →

Deutéronome 33

VOICI la bénédiction que Moïse, homme de Dieu, donna aux enfants d’Israël avant sa mort.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

On s’accorde assez généralement à regarder ce chapitre et le suivant comme appartenant au livre de Josué. Autrefois, les livres saints étaient ordinairement sans titres et sans sommaires ; ils se suivaient, sans aucune division par sections. Cependant les bénédictions contenues dans ce 33° chapitre sont incontestablement l’œuvre de Moïse.

Il dit : Le Seigneur est venu de Sinaï, il s’est levé sur nous de Séir, il a paru sur le mont Pharan, et des millions de saints avec lui. Il porte en sa main droite la loi de feu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le mont Séir était en Idumée, et celui de Pharan dans une région du pays des Ismaélites, à laquelle il donnait son nom. Pour expliquer la difficulté que semble offrir ce passage, il suffit de remarquer que Moïse nomme les trois montagnes de Sinaï, de Séir et de Pharan, non point par rapport à leur situation, car Pharan est plus près du Sinaï que Séir, quand on vient d’Egypte ; mais relativement à la route que les Israélites firent avant d’entrer sur les confins du pays de Chanaan. Remarquons encore que Moïse a pu réunir ces trois lieux, parce qu’ils furent illustrés tous les trois par les merveilles que Dieu y opéra.

Il a aimé les peuples, tous les saints sont dans sa main, et ceux qui se tiennent à ses pieds recevront ses instructions et sa doctrine.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Sagesse, 3, 1 ; 5, 5. ― Le mot peuples doit d’entendre ici comme on l’entend en bien d’autres passages, d’une collection, d’une réunion nombreuse d’individus. Nous dirons donc avec les meilleurs interprètes, que Moïse veut exprimer ici les douze tribus, les Israélites. ― Dans sa main ; c’est-à-dire sous sa garde, sous sa protection toute particulière. ― Ceux qui s’approchent de ses pieds, ses disciples, qui viennent recevoir ses instructions. Anciennement, comme aujourd’hui encore dans plusieurs pays de l’Orient, les écoliers étaient assis aux pieds de leurs maîtres. Comparer à Actes des Apôtres, 22, 3. Cependant cette locution pourrait signifier ceux qui lui sont soumis, comme porte la version grecque.

Moïse nous a donné une loi pour être l’héritage de tout le peuple de Jacob.

Elle tiendra lieu de roi dans Jacob, tant qu’il aura le cœur droit, les princes du peuple étant unis avec les tribus d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il sera roi ; l’hébreu porte et il fut roi ; ce que la plupart des interprètes juifs et chrétiens entendent de Moïse, qui, sans porter le nom de roi, en eut toute l’autorité et toutes les prérogatives. D’ailleurs le terme traduit dans la Vulgate pour roi, signifie aussi gouverneur, chef, qui commande. Plusieurs traduisent : Elle (la loi) sera roi, tiendra lieu de roi ; mais le texte original s’oppose à cette interprétation. ― Chez le peuple très juste. Voir Deutéronome, 32, 15.

Que Ruben vive, et qu’il ne meure pas, mais qu’il soit en petit nombre.

Voici la bénédiction de Juda : Seigneur ! écoutez la voix de Juda, et donnez-lui parmi son peuple la part que vous lui avez destinée : ses mains combattront pour Israël, et il sera son protecteur contre ceux qui l’attaqueront.

Il dit aussi à Lévi : O Dieu ! votre perfection et votre doctrine a été donnée à l’homme que vous vous êtes consacré, que vous avez éprouvé dans la tentation, et que vous avez jugé aux eaux de contradiction ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Votre perfection et votre doctrine. Comparer à Exode, 28, 30. ― A l’homme, etc. ; c’est-à-dire à Aaron. ― Que vous avez éprouvé, etc. L’hébreu porte : Que vous avez éprouvé par épreuve, ou en l’éprouvant ; genre de pléonasme qu’on rencontre à chaque page de la Bible. ― Eaux de contradiction. Voir Nombres, 20, 13.

qui a dit à son père et à sa mère : Je ne vous connais point ; et à ses frères : Je ne sais qui vous êtes. Et ils n’ont point connu leurs propres enfants. Ce sont ceux-là qui ont exécuté votre parole, et qui ont gardé votre alliance ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils n’ont pas connu leurs enfants ; ils n’ont pas été touchés de compassion pour eux, lorsqu’il s’est agi de venger l’outrage fait au Seigneur. (voir Exode, 32, 27-28).

qui ont observé vos ordonnances, ô Jacob ! et votre loi, ô Israël ! Ce sont ceux-là, Seigneur ! qui offriront de l’encens dans le temps de votre fureur, et qui mettront l’holocauste sur votre autel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vos ordonnances, etc. Ces mots forment évidemment un des compléments du verbe ont observé du verset précédent, et sont en apposition avec parole et alliance du même verset 9 ; d’où le sens est : Ceux-là ont gardé votre parole, et ont observé votre alliance, qui ne sont autre chose que vos ordonnances, ô Jacob, et votre loi, ô Israël. Quelques traducteurs, abandonnant la Vulgate, ont rendu conformément à l’hébreu : Ils ont enseigné vos ordonnances à Jacob et votre loi à Israël.

Bénissez sa force, Seigneur ! et recevez les œuvres de ses mains. Chargez à dos ses ennemis, et que ceux qui le haïssent, tombent sans pouvoir se relever.

Moïse dit aussi à Benjamin : Celui qui est le bien-aimé du Seigneur demeurera en lui avec confiance. Le Seigneur habitera au milieu de lui tout le jour, comme dans sa chambre nuptiale ; et il se reposera entre ses bras.

Moïse dit aussi à Joseph : Que la terre de Joseph soit remplie des bénédictions du Seigneur, des fruits du ciel, de la rosée, et des sources d’eaux cachées sous la terre ;

des fruits produits par la vertu du soleil et de la lune ;

des fruits qui croissent sur le haut des montagnes anciennes, et sur les collines éternelles ;

de tous les grains, et de toute l’abondance de la terre. Que la bénédiction de celui qui a paru dans le buisson, vienne sur la tête de Joseph ; sur le haut de la tête de celui qui a été comme un nazaréen entre ses frères.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 3, 2.

Sa beauté est semblable au premier-né du taureau ; ses cornes sont semblables à celle du rhinocéros ; il en élèvera en l’air tous les peuples jusqu’aux extrémités de la terre. Telles seront les troupes innombrables d’Ephraïm, et les millions de Manassé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les cornes du rhinocéros sont ses cornes. Les montagnes d’Ephraïm, héritage des enfants de Joseph, leur donnèrent la force prédite par Moïse. Juda devait garder le sud, comme un lion caché dans sa forteresse de Sion ; Ephraïm, son rival, devait défendre le nord, semblable au taureau et au rhinocéros (ou plutôt au buffle), moins belliqueux mais non moins puissant. Les chemins de communication entre le nord et le sud de la Palestine par la plaine d’Esdrelon, passaient par les défilés appartenant à Manassé.

Moïse dit ensuite à Zabulon : Réjouissez-vous, Zabulon, dans votre sortie ; et vous, Issachar, dans vos tentes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans ta sortie ; c’est-à-dire tes excursions, ta navigation.

Vos enfants appelleront les peuples sur la montagne de Sion, où ils immoleront des victimes de justice. Ils suceront comme le lait les richesses de la mer, et les trésors cachés dans le sable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les trésors, le verre fabriqué par les Phéniciens, cachés dans le sable du Bélus.

Moïse dit à Gad : Gad a été comblé de bénédictions ; il s’est reposé comme un lion, il a saisi le bras et la tête de sa proie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme un lion. Gad eut quelque chose du caractère du lion de Juda. Il habita, comme un lion, dans les forêts, au sud du Jaboc, à l’est du Jourdain. Du temps de David, il est mentionné pour sa vaillance.

Il a reconnu sa principauté en ce que le docteur d’Israël devait être mis dans son partage. Il a marché avec les princes de son peuple, et a observé à l’égard d’Israël les lois du Seigneur, et les ordres qu’on lui avait prescrits.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce docteur est, selon l’opinion commune, Moïse, qui fut enterré au-delà de Jourdain, où la tribu de Gad avait son partage.

Moïse dit ensuite à Dan : Dan est comme un jeune lion : il se répandra de Basan, et il s’étendra bien loin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Basan. Voir Nombres, 21, 33.

Moïse dit aussi à Nephthali : Nephthali jouira en abondance de toutes choses ; il sera comblé des bénédictions du Seigneur ; il possédera la mer et le midi.

Il dit ensuite à Aser : Qu’Aser soit béni entre tous les enfants d'Israël, qu’il soit agréable à ses frères, et qu’il trempe son pied dans l’huile.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans l’huile. Voir Genèse, note, 49.20.

Sa chaussure sera de fer et d’airain. Les jours de ta vieillesse, ô Aser ! seront comme ceux de ta jeunesse.

Il n’y a point d’autre Dieu qui soit comme le Dieu de votre père, qui a eu le cœur si droit. Votre protecteur est celui qui est monté au-dessus des cieux. C’est par sa haute puissance qu’il règle le cours des nuées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Du peuple très juste. Voir Deutéronome, 32, 15.

Sa demeure est au plus haut des cieux, et au-dessous il fait sentir les effets de son bras éternel. Il fera fuir devant vous vos ennemis, et il leur dira : Soyez réduits en poudre.

Israël habitera sur la terre dans une pleine assurance, et il y habitera seul. L’œil de Jacob verra sa terre pleine de blé et de vin ; et l’air sera obscurci par l’eau de la pluie et de la rosée.

Tu es heureux, ô Israël ! qui est semblable à toi, ô peuple qui trouves ton salut dans le Seigneur ? Il te sert de bouclier pour te défendre, et d’épée pour te procurer une glorieuse victoire. Tes ennemis refuseront de te reconnaître ; mais tu fouleras leurs têtes sous tes pieds.