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Malachie 2

VOICI donc, ô prêtres ! ce que j’ai maintenant ordre de vous dire :

Si vous ne voulez point m’écouter, dit le Seigneur des armées ; si vous ne voulez point appliquer votre cœur à ce que je vous dis, pour rendre gloire à mon nom ; j’enverrai l’indigence parmi vous : je maudirai vos bénédictions, et je les maudirai, parce que vous n’avez point imprimé mes paroles dans votre cœur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 26, 14-16 ; Deutéronome, 28, 15.

Je vous jetterai sur le visage l’épaule de vos cictimes, et les ordures de vos sacrifices solennels, et elles vous emporteront avec elles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’épaule des victimes était la portion destinée aux prêtres (voir Deutéronome, 18, 3).

Vous saurez alors que c’était moi qui vous avais fait dire ces choses, afin que l’alliance que j’avais faite avec Lévi demeurât ferme, dit le Seigneur des armées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Avec Lévi, c’est-à-dire, avec Aaron et ses enfants, exprimés ici sous le nom de Lévi, parce qu’ils étaient de la tribu et de la race de ce patriarche, et que c’était à cette tribu que Dieu avait attaché son sacerdoce. Quelques-uns pensent que Malachie parle ici, non de cette première Alliance qui fut faite entre le Seigneur et la tribu de Lévi dans le désert, mais du renouvellement de cette alliance après le retour de la captivité (voir 2 Esdras, 9, 38 ; 10, 1).

J’ai fait avec lui une alliance de vie et de paix, je lui ai donné pour moi une crainte respectueuse ; et il m’a respecté, et il tremblait de frayeur devant ma face.

La loi de la vérité a été dans sa bouche, et l’iniquité ne s’est point trouvée sur ses lèvres : il a marché avec moi dans la paix et dans l’équité, et il a détourné plusieurs personnes de l’injustice.

Car les lèvres du prêtre seront les dépositaires de la science ; et c’est de sa bouche que l’on recherchera la connaissance de la loi : parce qu’il est l’ange du Seigneur des armées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’on recherchera, etc. ; c’est lui qui fera connaître la loi, qui l’expliquera.

Mais pour vous, vous vous êtes éeartés de la droite voie ; vous avez été à plusieurs une occasion de scandale et de violement de la loi ; et vous avez rendu nulle l’alliance que j’avais faite avec Lévi, dit le Seigneur des armées.

C’est pourquoi comme vous n’avez point gardé mes voies, et que lorsqu’il s’agissait de ma loi vous avez eu égard à la qualité des personnes, je vous ai rendus vils et méprisables aux yeux de tous les peuples.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans la loi, quand il s’agissait de juger selon la loi.

N’avons-nous pas tous le même Père ? n’est-ce pas le même Dieu qui nous a tous créés ? Pourquoi donc chacun de nous traite-t-il son frère avec mépris, en violant l’alliance qui a été faite avec nos pères ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 23, 9 ; Ephésiens, 4, 6.

Juda a violé la loi, et l’abomination s’est trouvée dans Israël et dans Jérusalem : parce que Juda en prenant pour femme celle qui adorait des dieux étrangers, a souillé le peuple consacré au Seigneur, et qui lui était si cher.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La sanctification du Seigneur ; c’est-à-dire, la nation sainte, le peuple consacré au Seigneur. Comparer à Exode, 19, 6 ; Psaumes, 113, 2 ; Jérémie, 2, 3.

Le Seigneur perdra celui qui aura commis ce crime ; il l’exterminera des tentes de Jacob, soit qu’il soit maître ou disciple, et quelques dons qu’il puisse offrir au Seigneur des armées.

Voici encore une suite de ce que vous avez fait : Vous avez couvert l’autel du Seigneur de larmes et de pleurs, vous l’avez fait retentir de cris ; c’est pourquoi je ne regarderai plus vos sacrifices, et quoi que vous fassiez pour m’apaiser, je ne recevrai point de présent de votre main.

Et vous me dites : Pourquoi nous traiterez-vous de la sorte ? C'est parce que le Seigneur a été témoin de l’union que vous avez contractée avec la femme que vous avez épousée dans votre jeunesse : et qu’après cela vous l’avez méprisée, quoiqu’elle fût votre compagne et votre épouse par le contrat que vous aviez fait avec elle.

N’est-elle pas l’ouvrage du même Dieu, et n’est-ce pas son souffle qui l’a animée comme vous ? Et que demande cet auteur unique de l’un et de l’autre, sinon qu’il sorte de vous une race d’enfants de Dieu ? Conservez donc votre esprit pur, et ne méprisez pas la femme que vous avez prise dans votre jeunesse.

Vous direz peut-être : Le Seigneur, le Dieu d’Israël, a dit : Lorsque vous aurez conçu de l’aversion pour votre femme, renvoyez-la. Mais moi je vous réponds : Le Seigneur des armées a dit : Que l’iniquité de celui qui agira de la sorte, couvrira tous ses vêtements. Gardez donc votre esprit pur, et ne méprisez point vos femmes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’iniquité, etc. ; celui qui renverra sa femme, lorsqu’il aura conçu de l’aversion pour elle, se couvrira d’iniquités. La loi, en permettant le divorce aux Juifs, afin de prévenir les plus graves excès, ne les exemptait pas pour cela de péché, parce qu’ils s’éloignaient par cette conduite de la fin pour laquelle Dieu avait institué le mariage dès le commencement ; et le divorce de ces Juifs auxquels Malachie s’adresse était encore plus criminel, puisqu’ils quittaient leurs femmes légitimes pour épouser des idolâtres.

Vous avez fait souffrir le Seigneur par vos discours. Et en quoi, dites-vous, l’avons-nous fait souffrir ? En ce que vous avez dit : Tous ceux qui font le mal, passent pour bons aux yeux du Seigneur, et ces personnes lui sont agréables : ou si cela n’est pas, où est donc ce Dieu si juste ?