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Zacharie 11
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Ouvre tes portes, Liban, et que le feu dévore tes cèdres !
Lamente-toi, cyprès, car le cèdre est tombé, les arbres magnifiques ont été ravagés ! Lamentez-vous, chênes de Basan, car la forêt impénétrable est abattue !
On entend la lamentation des bergers, parce que leur gloire est ruinée ; on entend le rugissement des lionceaux, car ce qui faisait l’orgueil du Jourdain a été ruiné.
Ainsi parle Yahweh, mon Dieu : « Sois pasteur du troupeau de carnage
que leurs acheteurs tuent impunément, et dont les vendeurs disent : Béni soit Yahweh ! je m’enrichis, – et que leurs bergers n’épargnent point.
Car je n’épargnerai plus les habitants du pays, – oracle de Yahweh ; voici que moi-même je livrerai les hommes aux mains les uns des autres et aux mains de leur roi; ils dévasteront le pays, et je ne délivrerai pas de leur main. »
Alors je me fis pasteur du troupeau de carnage, et aussi des plus misérables du troupeau. Je pris deux houlettes ; je nommai l’une Grâce, et je nommai l’autre Lien, et je fis paître le troupeau.
Je retranchai les trois pasteurs en un seul mois. Et je perdis patience avec les brebis, et elles aussi étaient lasses de moi.
Et je dis : « Je ne vous paîtrai plus ; que celle qui meurt, meure ; que celle qui disparaît, disparaisse, et que celles qui restent se dévorent les unes les autres ! »
Je pris ma houlette Grâce et je la brisai, pour rompre mon alliance que j’avais faite avec tous les peuples.
Elle fut brisée en ce jour-là, et ainsi les plus misérables du troupeau, qui faisaient cas de moi, connurent que telle était la parole de Yahweh.
Et je leur dis : « Si vous le trouvez bon, donnez-moi mon salaire ; sinon, n’en faites rien. » Et ils pesèrent mon salaire, trente sicles d’argent.
Et Yahweh me dit : « Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel j’ai été estimé par eux ! « Et je pris les trente sicles d’argent et je les jetai dans la maison de Yahweh, au potier.
Je brisai ensuite ma seconde houlette Lien, pour rompre la fraternité entre Juda et Israël.
Yahweh me dit : « Prends maintenant l’attirail d’un nouveau pasteur.
Car voici que moi-même je vais susciter sur le pays un berger qui n’aura pas souci des brebis qui se perdent, qui ne cherchera pas ce qui est dispersé, qui ne guérira pas celle qui est blessée ; il ne nourrira pas celle qui est saine, il mangera la chair de celle qui est grasse et fendra leur sabot.
Malheur au pasteur de néant qui délaisse le troupeau ! Que le glaive soit sur son bras et sur son œil droit ! Que son bras se dessèche, et que son œil droit s’éteigne ! »
Commentaire (versets 1 à 17) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 17 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Un tableau de désolation succède, chapitre 11, au tableau de félicité, chapitre 10. La terre d’Israël est dévastée par les ennemis qui l’ont envahie, chapitre 11, versets 1 à 3. Zacharie reçoit l’ordre de soigner et de garder avec soin le troupeau destiné à la mort, (son peuple) qu’il avait abandonné aux Gentils, versets 4 à 6. Le Prophète, armé de deux bâtons, appelés l’un Beauté et l’autre Cordeau, protège avec le premier contre les nations les brebis confiées à ses soins, et avec le second il les tient réunies. Cependant Dieu, en un mois, c’est-à-dire 30 jours ou 30 x 7 = 210 ans, voir Daniel, 9, 2 et Jérémie, 25, 11 ; 29, 10 et Daniel, 9, 24, détruit trois pasteurs de peuples (de peuples), chapitre 11, versets 1 à 8, les Chaldéens, les Perses et les Grecs ; il abandonne les Juifs et les livre à leur malheureux sort, chapitre 11, versets 7 à 11. Dieu leur dit alors : Puisque je ne serai plus votre pasteur et que vous m’obligez à vous quitter, donnez-moi au moins mon salaire. Dieu continue : ils me traitent comme un vil esclave, ils m’offrent le salaire d’un esclave, trente sicles d’argent. Le Seigneur fait rejeter cette somme dans le temple, et son peuple cesse de lui appartenir, son alliance avec les Juifs est rompue, versets 12 à 14. L’histoire de Notre-Seigneur nous explique clairement ce passage. Le Messie, méconnu des siens, fut acheté trente sicles d’argent ; cette somme fut rapportée au temple par Juda, le traître qui l’avait reçue, et consacrée par les prêtres à acheter le champ du potier. ― Le peuple élu, désormais irrévocablement délaissé par Dieu, est livré à un pasteur insensé, les Romains qui consomment sa ruine, versets 15 à 17. O pasteur et idole, c’est-à-dire, fantôme de pasteur. ― Un glaive, etc. L’historien Josèphe assure (Antq., I, XIX, chapitre 1) que lorsque Caligula fut tué par Chéréas et par ses conjurés, on lui porta le premier coup au haut du bras entre le cou et l’épaule ; et que comme il voulait se sauver, un des conjurés le fit tomber à terre sur ses genoux, et qu’il fut achevé par les autres. Ce fut sans doute alors qu’il reçut sur l’œil droit le coup dont parle Zacharie. Ajoutons que l’œil droit et le bras peuvent être employés ici d’une manière figurée pour désigner la force et la lumière de l’homme, ce que l’homme a de plus cher de plus nécessaire.