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Amos 9
J’AI vu le Seigneur qui était debout sur l’autel, et qui a dit : Frappez le gond, et ébranlez le haut de la porte ; parce qu’ils ont tous l’avarice dans la tête et dans le cœur. Je ferai mourir par l’épée jusqu’au dernier d’entre eux : nul n’en échappera ; et celui qui voudra fuir, ne se sauvera point par la fuite.
Quand ils descendraient jusqu’aux enfers, ma main les en retirerait ; et quand ils monteraient jusqu’au ciel, je les en ferais tomber.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 138, 8.
S’ils se cachent sur le haut du mont Carmel, j’irai les y chercher et les en faire sortir ; et s’ils vont au plus profond de la mer pour se dérober à mes yeux, je commanderai à un serpent qu’il les morde au fond des eaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un serpent ; c’est-à-dire, un monstre marin.
S’il en reste quelques-uns que leurs ennemis emmènent captifs en une terre étrangère, je commanderai là à l’épée, et elle les tuera ; et j’arrêterai mes yeux sur eux, non pour leur faire du bien, mais pour les accabler de maux.
Le Seigneur, le Dieu des armées, est celui qui frappe la terre, et la terre sèche de frayeur, et tous ceux qui l’habitent sont dans les larmes : elle sera comme inondée d’un fleuve de maux, et toutes ses richesses se dissiperont comme les eaux du Nil s’écoulent après avoir couvert toute l’Egypte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Elle montera, etc. Voir, pour le sens de ce passage, Amos, 8, 8.
C’est lui qui a établi son trône dans le ciel, et qui soutient sur la terre la société qu’il s’est unie ; qui appelle les eaux de la mer, et les répand sur la face de la terre. Son nom est Le Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Amos, 5, 8. ― Son élévation (ascensionem suam) ; son trône. ― Son faisceau (fasciculum suum) ; la réunion, l’ensemble des divers éléments qui composent l’univers, selon les uns, la voûte des cieux, selon les autres, qui expliquent le mot hébreu par le terme arabe correspondant, lequel signifie une voûte solidement construite.
Enfants d’Israël, vous êtes à moi, dit le Seigneur : mais les enfants des Ethiopiens ne m’appartiennent-ils pas aussi ? J’ai tire Israël de l’Egypte : mais n’ai-je pas tiré aussi les Philistins de la Cappadoce, et les Syriens de Cyrène ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la Cappadoce. Voir Jérémie, 47, 4. ― De Cyrène, voir plus haut, Amos, 1, 5.
Les yeux du Seigneur Dieu sont ouverts sur tous les royaumes qui s’abandonnent au péché : je les exterminerai de dessus la terre, dit le Seigneur ; néanmoins je ne ruinerai pas entièrement la maison de Jacob.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Détruisant, je ne détruirai pas ; hébraïsme pour, je ne détruirai pas entièrement.
Car je vais donner mes ordres, et je ferai que la maison d’Israël sera agitée parmi toutes les nations, comme le blé est remué dans le crible, sans néanmoins qu’il en tombe à terre un seul grain.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une petite pierre (lapillus) ; un grain de terre. Ce qu’Amos dit ici par une figure, Ezéchiel l’exprime en propres termes (voir Ezéchiel, 20, 38).
Je ferai mourir par l’épée tous ceux de mon peuple qui s’abandonnent au péché ; tous ceux qui disent : Ces maux qu’on nous prédit ne viendront pas jusqu’à nous, et ils n’arriveront jamais.
En ce jour-là je relèverai le tabernacle de David, qui sera tombé ; je refermerai les ouvertures de ses murailles ; je rebâtirai ce qui était tombé, et je le rétablirai comme il était autrefois,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je relèverai, etc. l’apôtre saint Jacques cite ces paroles (voir Actes des Apôtres, 15, 16), qui ont eu un commencement d’accomplissement par Cyrus, mais qui n’ont été complètement accomplies que par Jésus-Christ.
afin que mon peuple possède les restes de l’Idumée, et toutes les nations du monde ; parce qu’il a été appelé de mon nom, dit le Seigneur qui fera ces choses.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les restes de l’Idumée, rivale et ennemie de la maison de Jacob, peuvent représenter les Juifs mêmes charnels, d’entre lesquels Dieu sauva par sa grâce des restes précieux qu’il réunit à son peuple, c’est-à-dire, à son Eglise, en répandant le don de foi sur eux (voir Romains, 11, 5), comme sur les gentils qui furent alors appelées de toutes les nations du monde. ― Mon nom, etc. Voir, sur cette locution, Daniel, 9, 18.
Il viendra un temps, dit le Seigneur, où les ouvrages du laboureur et du moissonneur, de celui qui foule les raisins, et de celui qui sème la terre, s’entresuivront : la douceur du miel dégouttera des montagnes, et toutes les collines seront cultivées.
Je ferai revenir les captifs de mon peuple d’Israël : ils rebâtiront les villes désertes, et ils les habiteront ; ils planteront des vignes, et ils en boiront le vin ; ils feront des jardins, et ils en mangeront le fruit.
Je les établirai dans leur pays, et je ne les arracherai plus à l’avenir de la terre que je leur ai donnée, dit le Seigneur, votre Dieu.
Commentaire (versets 13 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 13 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Comme il n’y eut qu’un très petit nombre d’Israélites des dix tribus qui revinrent de la captivité, et que dans la suite leurs descendants furent arrachés de leur pays par les Romains, il semble qu’il ne s’agit ici que d’une promesse mystérieuse des biens spirituels que Dieu réserve aux enfants d’Israël pour le temps de leur dernière conversion. Ton Dieu ; ô Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’autel ; sans doute celui du temple de Jérusalem, d’où le Seigneur devait exercer ses jugements contre le royaume des dix tribus. ― Frappe, etc. Cet ébranlement de la porte du temple est le signe de la colère du Seigneur, de même que le rugissement dont il est parlé au chapitre 1, verset 2.