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Amos 8

LE Seigneur Dieu me fit voir cette vision : Je voyais un crochet à faire tomber le fruit des arbres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

M’a montré, et or voici, etc. Voir Amos, 7, 1. ― Un crochet ; dans l’orignal : une corbeille de fruits.

Et le Seigneur me dit : Que voyez-vous, Amos ? Je vois, lui dis-je, un crochet à faire tomber les fruits. Et le Seigneur me dit : Le temps de la ruine de mon peuple d’Israël est venu : je ne dissimulerai plus ses fautes à l’avenir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je ne le traverserai plus ; littéralement, je n’ajouterai pas à le traverser (non adjiciam ut pertranseam eum) ; je le délaisserai, je l’abandonnerai à lui-même. Voir sur cet hébraïsme le 2° à la fin des Observations préliminaires des Psaumes. L’hébreu porte à la lettre : Je n’ajouterai pas à passer à lui ; à me déclarer pour lui, à le défendre contre ses ennemis ; ce qui revient à notre explication de la Vulgate. Cependant on interprète généralement ainsi ce passage : je ne le laisserai pas plus longtemps impuni, je ne dissimulerai pas ses fautes.

En ce temps-là, dit le Seigneur Dieu, on entendra un horrible bruit à la chute des principaux soutiens du temple ; il se fera un grand carnage d’hommes, et un silence affreux régnera de toutes parts.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Du temple érigé à Béthel, en l’honneur du veau d’or.

Écoutez ceci, vous qui réduisez en poudre les pauvres, et qui faites périr ceux qui sont dans l’indigence :

vous qui dites : Quand seront passés ces mois où tout est à bon marché, afin que nous vendions nos marchandises ? Quand finiront ces semaines ennuyeuses, afin que nous ouvrions nos greniers, que nous vendions le blé bien cher et à fausse mesure, et que nous pesions dans de fausses balances l’argent qu’on nous donnera :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le mois ; ou bien, le premier jour du mois ; la néoménie, selon saint Jérôme, Théodoret, etc. D’ailleurs le mot hébreu signifie l’un et l’autre. Quoique la loi n’ordonnât le repos que pour la néoménie du septième mois, on l’observait communément dans Israël pour toutes les autres. ― Alors (et). Voir sur ce mot, Osée, 11, 1. Les marchands animés par la soif du gain se plaignaient de ce que les fêtes les empêchaient de faire leur trafic ordinaire. ― Le sabbat ; signifie probablement ici, comme dans bien d’autres passages, l’année sabbatique, pendant laquelle il n’était pas permis de faire aucune récolte, ni de cultiver la terre. ― Afin que, etc. Ces marchands avares mesuraient ce qu’ils livraient avec de petites mesures, et en recevaient le prix au plus haut poids qu’ils pouvaient, l’argent monnayé n’étant pas encore en usage. Or l’inégalité des poids et des mesures était défendue par la loi mosaïque (voir Deutéronome, 25, 13-14), et le Sage dit que c’est une abomination aux yeux du Seigneur (voir Proverbes, 20, vv. 10, 23).

pour nous rendre par nos richesses les maîtres des pauvres, pour nous les assujettir sans qu’il nous en coûte presque rien, et pour leur vendre les criblures de notre blé ?

Le Seigneur a prononcé ce serment contre l’orgueil de Jacob : Je jure que je n’oublierai pas toujours toutes leurs œuvres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Si j’oublierai ; pour que je n’oublierai pas. Voir, sur les formules de serment chez les hébreux, Psaumes, note 94.11.

Après cela toute leur terre ne sera-t-elle pas renversée ? Elle le sera certainement. Tous ses habitants seront dans les larmes ; elle sera accablée de maux, comme une campagne inondée par un fleuve : ses richesses seront enlevées, et se dissiperont, comme les eaux du Nil s’écoulent après avoir couvert toute l’Égypte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tous entièrement (universus) ; c’est-à-dire tous les habitants. ― Monteront, etc. ; iront en captivité dans le vaste royaume d’Assyrie, comme le fleuve du Nil s’élève au-dessus de ses bords, et se dissipe après ses débordements. Tout ce que la Vulgate dit ici des habitants de la terre d’Israël, le texte hébreu le rapporte à la terre elle-même ; ce que fait aussi la Vulgate dans une phrase parallèle, voir Amos, 9, 5.

En ce jour-là, dit le Seigneur Dieu, le soleil se couchera en plein midi, et je couvrirai la terre de ténèbres, lorsqu’elle devrait être pleine de lumière.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le soleil, etc. La plupart des Pères expliquent ceci de l’obscurcissement qui arriva à la mort de Jésus-Christ.

Je changerai vos jours de fêtes en des jours de larmes, et vos chants de joie en plaintes lamentables : je vous réduirai tous à vous revêtir d’un sac, et à vous raser la tête : je plongerai Samarie dans les larmes, comme une mère qui pleure son fils unique, et sa fin ne sera qu’amertume et que douleur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Tobie, 2, 6 ; 1 Machabées, 1, 41. ― Je mettrai, etc. ; je vous réduirai tous à vous revêtir d’un sac, et à vous raser la tête. Cela se pratiquait dans le deuil.

Il viendra un temps, dit le Seigneur, où j’enverrai la famine sur la terre ; non la famine du pain, ni la soif de l’eau, mais la famine et la soif de la parole du Seigneur.

Et ils seront dans le trouble depuis une mer jusqu’à l’autre, et depuis l’aquilon jusqu’à l’orient : ils iront chercher de tous côtés la parole du Seigneur, et ils ne la trouveront point.

En ce temps-là les vierges d’une beauté extraordinaire mourront de soif, et avec elles les jeunes hommes,

qui jurent par le péché de Samarie, en disant : Ô Dan ! vive votre dieu ! vive la religion de Bersabée ! Et ils tomberont sans que jamais ils se relèvent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le péché de Samarie ; le faux dieu Baal. ― Il vit ! pour vive ! ― Ton Dieu, Dan. L’un des veaux d’or avait été placé à Dan, ville située près des sources du Jourdain. ― La voie ; hébraïsme pour la religion, le culte. ― Tomberont ; littéralement, et tomberont. Voir sur ce et purement pléonastique, Osée, 11, 1. ― Dan, Bersabée. Voir Juges, note 20.1.