Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Daniel 9
Écouter
Crédits
Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :
- aucune utilisation commerciale ;
- aucune modification du contenu des fichiers ;
- paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.
Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.
La première année de Darius, fils d’Assuérus, de la race des Mèdes, qui fut établi roi sur le royaume des Chaldéens ;
la première année de son règne, moi, Daniel, je portai mon attention, en lisant les livres, sur le nombre des années au sujet desquelles la parole de Yahweh avait été adressée au prophète Jérémie, et qui devaient s’accomplir sur les ruines de Jérusalem, soixante-dix ans.
Et je tournai ma face vers le Seigneur Dieu, me disposant à la prière et à la supplication par le jeûne, et avec le sac et la cendre.
Je priai Yahweh, mon Dieu, et je fis confession, et je dis : « Ah ! Seigneur, Dieu grand et redoutable, qui gardez l’alliance et la miséricorde à ceux qui vous aiment et qui gardent vos commandements,
nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons été méchants et rebelles, nous nous sommes détournés de vos commandements et de vos lois.
Nous n’avons pas écouté vos serviteurs les prophètes, qui ont parlé en votre nom à nos rois, à nos chefs, à nos pères et à tout le peuple du pays.
À vous, Seigneur, la justice, à nous la confusion de visage, comme c’est le cas aujourd’hui, aux hommes de Juda, aux habitants de Jérusalem et à tout Israël, à ceux qui sont près et à ceux qui sont loin, dans tous les pays où vous les avez chassés, à cause de leurs iniquités qu’ils ont commises contre vous.
Seigneur, à nous la confusion de visage, à nos rois, à nos chefs, et à nos pères, parce que nous avons péché contre vous.
Au Seigneur, notre Dieu, les miséricordes et les pardons, car nous nous sommes révoltés contre vous.
Nous n’avons pas obéi à la voix de Yahweh, notre Dieu, pour suivre ses lois qu’il a mises devant nous par l’intermédiaire de ses serviteurs les prophètes.
Tout Israël a transgressé votre loi et s’est détourné pour ne pas écouter votre voix ; alors se sont répandues sur nous la malédiction et l’imprécation qui sont écrites dans la loi de Moïse, serviteur de Dieu, parce que nous avons péché contre lui.
Il a tenu ses paroles qu’il a prononcées contre nous et contre nos juges qui nous jugeaient, en faisant venir sur nous une calamité si grande, qu’il n’en est jamais arrivé sous le ciel de pareille à celle qui est arrivée à Jérusalem.
Comme il est écrit dans la loi de Dieu, toute cette calamité est venue sur nous, et nous n’avons pas cherché à apaiser Yahweh, notre Dieu, en nous détournant de nos iniquités et en nous rendant attentifs à votre Vérité.
Et Yahweh a veillé sur le mal, et il l’a fait venir sur nous ; car Yahweh, notre Dieu, est juste dans toutes ses œuvres qu’il a faites, et nous n’avons pas écouté sa voix.
Maintenant, Seigneur, notre Dieu, qui avez tiré votre peuple du pays d’Égypte par votre main puissante, et qui vous êtes fait un nom, comme il est aujourd’hui, nous avons péché, nous avons été méchants.
Seigneur, puissent, selon toutes vos justices, votre colère et votre indignation se détourner de votre ville de Jérusalem, votre montagne sainte ; car c’est à cause de nos péchés et des iniquités de nos pères que Jérusalem et votre peuple sont en opprobre à tous ceux qui nous entourent.
Maintenant, écoutez, ô notre Dieu, la prière de votre serviteur et ses supplications, et faites briller votre visage sur votre sanctuaire dévasté, pour l’amour du Seigneur.
Mon Dieu, prêtez l’oreille et écoutez ; ouvrez vos yeux et voyez nos désolations et la ville sur laquelle votre nom a été prononcé. Car ce n’est pas à cause de nos justices que nous déposons devant vous nos supplications, mais à cause de vos grandes miséricordes.
Seigneur, entendez ; Seigneur, pardonnez ; Seigneur, soyez attentif et agissez ; ne tardez pas, à cause de vous-même, ô mon Dieu ; car votre nom a été prononcé sur votre ville et votre peuple ! »
Comme je parlais encore, priant, confessant mon péché et le péché de mon peuple d’Israël, et déposant ma supplication devant Yahweh, mon Dieu, pour la sainte montagne de mon Dieu ;
comme je parlais encore dans ma prière, cet homme, Gabriel, que j’avais vu auparavant en vision, s’approcha de moi d’un vol rapide vers le temps de l’oblation du soir.
Il m’instruisit, me parla et dit : « Daniel, je suis venu en ce moment pour t’ouvrir l’intelligence.
Dès le commencement de ta prière, une parole est sortie, et moi je suis venu pour te la faire connaître, car tu es un homme favorisé de Dieu.
Sois donc attentif à la parole et comprends la vision. Soixante-dix semaines ont été déterminées sur ton peuple et sur ta ville sainte pour enfermer la prévarication, pour sceller les péchés et pour expier l’iniquité, et pour amener la justice éternelle, pour sceller vision et prophète et pour oindre le Saint des saints.
Sache donc et comprends : depuis la sortie d’une parole ordonnant de rebâtir Jérusalem jusqu’à un oint, un chef, il y a sept semaines, et soixante-deux semaines ; elle sera rebâtie, places et enceinte, dans la détresse des temps.
Et après soixante-deux semaines, un oint sera retranché, et personne pour lui. Et le peuple d’un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et sa fin sera dans l’inondation, et jusqu’à la fin il y aura guerre, ce qui est décrété touchant la dévastation.
Il conclura une alliance ferme avec un grand nombre pendant une semaine ; et, au milieu de la semaine, il fera cesser le sacrifice et l’oblation, et sur l’aile des abominations viendra un dévastateur, et cela jusqu’à ce que la destruction et ce qui a été décrété se répandent sur le dévasté.
Commentaire (versets 1 à 27) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 27 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
3° Prophétie des 70 semaines d’années, chapitre 9. ― La troisième vision développe la prophétie messianique contenue dans les chapitres 2 et 7. La première année de Darius le Mède, Daniel pensait aux soixante-dix ans que devait durer la captivité, d’après la prophétie de Jérémie, et priait Dieu de pardonner ses péchés à son peuple. L’ange Gabriel lui apparaît alors, et lui annonce à quelle époque viendra le Messie. Daniel désirait connaître à quel moment finiraient les soixante-dix ans de la captivité ; Dieu lui révèle une délivrance bien plus importante, dont celle que Jérémie avait prédite n’était que la figure. Voici la traduction de cette importante prophétie d’après le texte original : « Soixante-dix semaines, dit-il, ont été fixées pour ton peuple et pour ta ville sainte, afin que la prévarication soit abolie, que le péché finisse et que l’iniquité soit effacée [par la mort de Jésus-Christ] ; afin que la justice éternelle [le Messie, voir Jérémie, 23, 6 ; 33, 16 ; Isaïe, 45, 8 ; 1 Corinthiens, 1, 30], vienne [sur la terre], que les visions et les prophéties soient accomplies [en Jésus-Christ qu’elles ont annoncé], et que le Saint des saints [le Verbe de Dieu fait chair] soit oint [ou rempli de la vertu du Saint-Esprit, voir Actes des Apôtres, 10, 38 ; Isaïe, 61, 1 ; Luc, 4, 18]. ― Sache-le donc et remarque-le bien : Depuis la publication de l’ordre qui sera donné pour rebâtir Jérusalem jusqu’au prince Messie [ou Christ], il y aura sept semaines, et soixante-deux semaines, et les places et les murailles de la ville seront rebâties dans des temps difficiles. Et après soixante-deux semaines, le Christ sera mis à mort, et le peuple qui doit le renier ne sera plus son peuple. Un peuple, avec son chef qui doit venir [Vespasien ou Titus, avec l’armée romaine], détruira la ville de Jérusalem et le sanctuaire ; elle finira par une ruine entière ; quand la guerre sera terminée, arrivera la désolation qui lui a été prédite. ― [Alors le Christ] fera une alliance ferme [et stable, comme l’avait prédit Jérémie, 31, 31], avec un grand nombre, [avec tous ceux qui voudront embrasser sa foi et participer ainsi à ses mérites, car il est mort pour tous], dans une semaine, [par l’effusion de son sang et la prédication de l’Evangile] ; et au milieu de la semaine, [quand le Messie sera immolé], les oblations et les sacrifices cesseront, [ils seront rendus inutiles et sans valeur par la mort de Jésus-Christ, de qui ils tiraient leur vertu]. Et l’abomination de la désolation sera dans le temple, et la désolation durera jusqu’à la consommation et à la fin. » Cette dernière partie de la prophétie est obscure dans le texte original. « L’hébreu à la lettre : Et sur l’aile, l’abomination de désolation, dit Calmet. Cette aile marque le temple, du consentement des anciens interprètes. On peut donner ce nom principalement au toit et à la hauteur du temple, voir Matthieu, 9, 5 (?)… L’abomination se vit dans le temple, lorsque les Romains l’ayant pris, y plantèrent leurs enseignes chargées des figures de leurs dieux et des images des Césars ; ou bien cette abomination marque les infamies, les meurtres et les autres sacrilèges qui furent commis dans ce lieu saint par les Juifs mêmes, pendant le dernier siège. Le Prophète ajoute que l’abomination y demeurera, usque ad consummationem et finem…, ou plutôt, suivant l’hébreu, jusqu’à la ruine déterminée, jusqu’à ce que le temple soit entièrement ruiné. C’est le sens le plus naturel ; les termes de l’orignal marquent ordinairement une perte entière et l’exécution des plus sévères jugements de Dieu. » Il faut remarquer que la profanation du temple par Antiochus est aussi prédite, voir Daniel, 11, 31, mais la profanation commise par le roi Séleucide n’est pas l’accomplissement de la prophétie que nous avons ici ; cette dernière se rapporte incontestablement aux temps messianiques. La profanation du temple par le roi syrien ne fut que partielle et temporaire, celle des Romains fut complète et définitive. Quant aux chiffres que nous donne cette prophétie, en voici la valeur : les soixante-dix semaines d’années font 490 ans. L’ange Gabriel les divise en trois parties : la première est de sept semaines ou de 49 ans, après lesquels les murs de Jérusalem seront achevés ; la seconde est de soixante-deux semaines, ou 434 ans, à la fin desquels le Christ sera oint ; la troisième comprend la soixante-dixième semaine, au milieu de laquelle le Messie sera mis à mort. La détermination de ces dates n’est pas sans offrir des difficultés. La plupart des commentateurs font partir les soixante-dix semaines de l’édit d’Artaxerxès, vers l’an 445. Depuis cette date jusqu’à la 15e année de Tibère, qui est l’année du baptême du Notre-Seigneur, il s’est écoulé 475 ans ; nous arrivons ainsi à peu de chose près à la 70e semaine, au milieu de laquelle la Sauveur fut crucifié. Voir Matthieu, 24, 15. ― La désolation. La fin de cette désolation fut une entière ruine commencée par Titus et achevée par Adrien. ― Pour suivre l’ordre des temps, il semble qu’il faut passer d’ici au chapitre 14, qui, ne se trouvant pas dans les exemplaires hébreux, a été renvoyé à la fin du livre dans les exemplaires grecs et latins.