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Daniel 10

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

La troisième année de Cyrus, roi de Perse, une parole fut révélée à Daniel, qui avait été nommé Baltassar ; cette parole est véritable, et elle annonçait une grande guerre. Il comprit la parole et il eut l’intelligence de la vision :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une parole véritable ; une vraie prophétie. ― Force ; selon la Vulgate et la version grecque de Théodotion ; armée, suivant l’hébreu.

En ces jours-là, moi, Daniel, je fus dans le deuil pendant trois semaines de jours.

Je ne mangeai aucun mets délicat ; il n’entra dans ma bouche ni viande, ni vin, et je ne m’oignis point jusqu’à ce que les trois semaines de jours fussent accomplies.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pain désirable (panem desiderabilem) ; délicat, recherché. On l’a déjà remarqué, par le nom de pain, les Hébreux désignaient souvent la nourriture en général.

Le vingt-quatrième jour du premier mois, j’étais sur le bord du grand fleuve, qui est le Tigre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Premier mois. Voir Ezéchiel, 29, 17.

Je levai les yeux et je regardai : et voici un homme vêtu de lin, les reins ceints d’une ceinture d’or d’Uphaz.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un homme, etc. ; probablement l’ange Gabriel qui avait déjà apparu à Daniel.

Son corps était comme le chrysolithe, son visage avait l’aspect de l’éclair, ses yeux étaient comme des torches de feu, ses bras et ses pieds avaient l’aspect de l’airain poli, et sa voix, quand il parlait, était comme la voix d’une multitude.

Moi, Daniel, je vis seul l’apparition, et les hommes qui étaient avec moi ne virent pas l’apparition, mais une grande frayeur tomba sur eux, et ils s’enfuirent pour se cacher.

Et moi, je restai seul et je vis cette grande apparition, et il ne resta plus en moi de force ; mon visage changea de couleur et se décomposa sans conserver aucune force.

J’entendis le son de ses paroles et, en entendant le son de ses paroles, je tombai assoupi, la face contre terre.

Et voici qu’une main me toucha et me fit dresser sur mes genoux et sur les paumes de mes mains.

Puis il me dit : « Daniel, homme favorisé de Dieu, comprends les paroles que je vais te dire et tiens-toi debout ; car je suis maintenant envoyé vers toi. » Quand il m’eut parlé en ces termes, je me tins debout en tremblant.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Homme de désirs. Voir Daniel, 9, 23.

Il me dit : « Ne crains point, Daniel, car dès le premier jour où tu as appliqué ton cœur à comprendre et à t’humilier devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues, et moi, je suis venu à cause de tes paroles.

Mais le chef du royaume de Perse s’est tenu devant moi vingt et un jours, et voici que Michel, un des premiers chefs, est venu à mon secours, et je suis resté là auprès des rois de Perse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le prince du royaume des Perses ; c’est-à-dire, selon saint Jérôme, Théodoret, saint Chrysostome, saint Grégoire le Grand, plusieurs autres Pères et la plupart des interprètes, l’ange protecteur du royaume des Perses. Il est appelé prince, comme l’archange saint Michel lui-même. Ce prince des Perses désirait que les Juifs demeurassent dans la Perse, le plus longtemps possible, afin d’y propager la connaissance et le culte du vrai Dieu, tandis que Gabriel et Michel souhaitaient de les voir retourner dans leur patrie pour y rétablir la ville et le temple. Le concours de l’archange Michel a pour objet d’une part de faire connaître à l’ange protecteur des Perses la volonté prise de Dieu, et de l’autre, de persuader au roi des Perses de laisser partir les Juifs, ce en quoi néanmoins il ne réussit qu’après que Gabriel eut achevé sa mission.

Et je suis venu pour te faire comprendre ce qui doit arriver à ton peuple à la fin des jours ; car c’est encore une vision pour des jours lointains.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La vision, etc. ; c’est-à-dire, ne s’accomplira que dans ces derniers jours. ― Le mot ces de notre traduction est suffisamment justifié par l’article déterminatif qui dans le texte hébreu se trouve attaché au mot jours.

Pendant qu’il parlait avec moi en ces termes, je tournais la face vers la terre et je restais muet.

Et voici : comme une ressemblance de fils de l’homme toucha mes lèvres, et j’ouvris la bouche et je parlai ; je dis à celui qui se tenait devant moi : « Mon seigneur, à cette apparition, les angoisses m’ont saisi et je n’ai conservé aucune force.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme la ressemblance, etc. C’est l’ange Gabriel. ― Du fils d’un homme. Voir sur cette expression, Daniel, 2, 38. ― Mes jointures ; les jointures de mes lombes. Voir Daniel, 5, 6.

Comment le serviteur de mon seigneur que voici pourrait-il parler à mon seigneur que voilà ? En ce moment, il n’y a plus de force en moi et il ne reste plus de souffle en moi. »

Alors celui qui avait la ressemblance d’un homme me toucha de nouveau et me fortifia.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme la vision, etc. C’est encore le même ange Gabriel.

Puis il me dit : « Ne crains point, homme favorisé de Dieu ; que la paix soit avec toi ! Courage ! courage ! » Pendant qu’il parlait avec moi, je repris des forces et je dis : « Que mon seigneur parle, car tu m’as fortifié. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Homme de désirs. Voir Daniel, 9, 23.

Il me dit : « Sais-tu pourquoi je suis venu vers toi ? Maintenant, je vais retourner combattre le chef de la Perse ; et, au moment où je m’en irai, voici le chef de Javan qui viendra.

Mais je te déclarerai ce qui est écrit dans le livre de vérité ; et il n’y en a pas un qui se tienne avec moi contre ceux-là, sinon Michel, votre chef.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une écriture de vérité ; hébraïsme, pour une écriture très véritable ; c’est-à-dire le livre où sont écrit les décrets divins dont l’accomplissement ne peut manquer. Comparer à Exode, 32, 32-33 ; Psaumes, 86, 6 ; 138, 16 ; Apocalypse, 3, 5. ― Michel votre prince. Toute l’antiquité a reconnu saint Michel comme l’ange protecteur de la synagogue ; l’Eglise chrétienne l’honore en la même qualité.