Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Baruch 3
Maintenant donc, Seigneur tout-puissant, Dieu d’Israël, l’âme dans la douleur qui la presse, et l’esprit dans l’inquiétude qui l’agite crie vers vous :
Écoutez, Seigneur, et ayez compassion, parce que vous êtes un Dieu compatissant ; faites-nous miséricorde, parce que nous avons péché en votre présence :
Car vous qui subsistez éternellement dans une paix souveraine, souffrirez-vous que nous périssions pour jamais ?
Seigneur tout-puissant, Dieu d’Israël , écoutez maintenant la prière des morts d’Israël, et des enfants de ceux qui ont péché devant vous, et qui, n’ayant point écouté la voix du Seigneur leur Dieu, nous ont attiré ces maux qui se sont attachés inséparablement à nous.
Daignez ne plus vous souvenir des iniquités de nos pères ; mais souvenez-vous plutôt en ce temps-ci de votre main et de votre nom :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De votre main ; de votre puissance. Le sens de ce verset est : Nous ne méritons pas nous-mêmes que vous nous sauviez ; mais cependant sauvez-nous, afin de faire éclater par là votre puissance, et d’empêcher vos ennemis de blasphémer votre nom. Comparer à Josué, 7, 9 ; 3 Rois, 8, 41 ; Psaumes, 22, 3 ; Ezéchiel, 20, 14, etc.
Car vous êtes le Seigneur notre Dieu ; et nous vous louerons, Seigneur,
Parce que c’est pour cela même que vous avez répandu votre crainte dans nos cœurs, afin que nous invoquions votre nom, et que nous publiions vos louanges dans notre captivité, en nous convertissant et en nous retirant de l’iniquité de nos pères, qui ont péché devant vous.
Vous nous voyez aujourd’hui dans cette captivité, où vous nous avez dispersés pour être la fable et l’exécration des hommes, et un exemple de la peine due au péché, selon toutes les iniquités de nos pères, qui se sont retirés de vous, A Seigneur notre Dieu !
Écoutez, ô Israël ! les ordonnances de la vie ; prêtez l’oreille, pour apprendre les règles de la prudence.
D’où vient, ô Israël ! que vous êtes présentement dans le pays de vos ennemis ;
Que vous vieillissez dans une terre étrangère, que vous vous souillez avec les morts, et que vous êtes regardé comme ceux qui descendent sous la terre ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tu t’es souillé avec les morts ; tu es au milieu des Chaldéens, peuple idolâtre, dans un état de souillure et d’impureté semblable à celui de quiconque touche un corps mort, ou demeure dans une maison où il y a un mort (voir Lévitique, 5, 2 ; 11, 25 ; 22, 4 ; Nombres, 19, 14). ― Dans l’enfer, dans le scheôl, séjour des morts.
C’est parce que vous avez quitté la source de la sagesse.
Car si vous eussiez marché dans la voie du Seigneur, vous seriez assurément demeuré dans une éternelle paix.
Apprenez où est la prudence, où est la force, où est l’intelligence, afin que vous sachiez en même temps où est la stabilité de la vie, où est la nourriture , où est la lumière des yeux, et la paix.
Qui a trouvé le lieu où réside la sagesse ? et qui est entré dans ses trésors ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son lieu ; le lieu de la sagesse, le lieu où elle réside.
Où sont maintenant ces princes des nations, qui dominaient sur les bêtes de la terre,
Qui se jouaient des oiseaux du ciel,
Qui amassaient dans leurs trésors l’argent et l’or dans lequel les hommes mettent leur confiance, et qu’ils désirent avec une passion qui n’a point de bornes ; qui faisaient mettre l’argent en œuvre avec un art et un soin extrême , et qui en faisaient faire des ouvrages rares ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui travaillent, etc. Avec l’argent extrait des mines, ces princes des nations faisaient faire, en y mettant le plus grand soin, toute espèce d’ouvrages riches et précieux, dont le grand nombre et la parfaite exécution ne pouvaient guère se concevoir. C’est cette dernière pensée que la Vulgate a rendue conformément au grec des Septante, par : Nec est inventio operum illorum, et que nous croyons avoir exprimé fidèlement nous-mêmes dans notre traduction.
Ils ont été exterminés, ils sont descendus dans les enfers, et d’autres sont venus prendre leur place.
On a vu des jeunes gens dans la lumière, ils ont habité sur la terre ; mais ils ont ignoré la voie de la vraie science ;
Ils n’en ont point compris les sentiers : leurs enfants ne l’ont point reçue, et ils se sont écartés bien loin d’elle.
On n’a point entendu parler d’elle dans la terre de Chanaan, et elle n’a point été vue dans Théman.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Théman ; ville célèbre de l’Idumée.
Les enfants d’Agar, qui recherchent une prudence qui vient de la terre, les négociateurs de Merrha et de Théman, ces conteurs de fables et ces inventeurs d’une prudence et d’une intelligence nouvelle, n’ont point connu la voie de la vraie sagesse, et n’ont pu en découvrir les sentiers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Merrha ; ville d’Arabie. Il y avait en Arabie plusieurs villes d’un nom à peu près semblable. ― Théman ; autre ville d’Arabie, différente de celle du verset précédent. ― Les fils d’Agar, mère d’Ismaël ; les Ismaélites, les Arabes.
O Israël ! que la maison de Dieu est grande, et combien est étendu le lieu qu’il possède !
Il est vaste, et n’a point de bornes ; il est élevé, il est immense.
C’est la qu’ont été ces géants si célèbres, qui étaient dès le commencement, ces géants d’une si haute taille, qui savaient la guerre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ces géants. Voir Genèse, 6, 4.
Cependant le Seigneur ne les a point choisis, et ils n’ont point trouvé la voie de la sagesse ; c’est pour cela aussi qu’ils se sont perdus :
Et comme ils n’ont point eu de sagesse, leur propre folie les a précipités dans la mort.
Qui est monté au ciel pour y aller prendre la sagesse, ou qui l’a fait descendre du haut des nues ?
Qui a passé la mer, et l’a trouvée, et a mieux aimé l’apporter avec lui que l’or le plus pur ?
Il n’y a personne qui puisse connaître ses voies, ni qui se mette en peine d’en rechercher les sentiers :
Mais celui qui sait tout la connaît, et il l’a trouvée par sa propre prudence, lui qui a affermi la terre pour jamais, et qui l’a remplie de bêtes et d’animaux ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toutes sortes d’animaux ; littéralement et par hébraïsme, de bêtes et de quadrupèdes.
Qui envoie la lumière, et elle part ; qui l’appelle, et elle lui obéit avec tremblement.
Les étoiles ont répandu leur lumière chacune en son temps, et elles ont été dans la joie :
Dieu les a appelées, et elles ont dit : Nous voici ; et elles ont jeté leur clarté pour celui qui les a créées.
C’est lui qui est notre Dieu ; et nul autre ne subsistera devant lui, si on le compare avec ce qu’il est.
C’est lui qui a trouvé toutes les voies de la vraie science, et qui l’a donnée à Jacob son serviteur, et à Israël son bien-aimé.
Après cela il a été vu sur la terre, et il a conversé avec les hommes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il a demeuré, etc. Les Pères et les interprètes expliquent communément ce passage de l’Incarnation du Verbe divin. Il est certain qu’on le peut lui donner un sens plus clair et plus naturel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des morts d’Israël ; c’est-à-dire des enfants d’Israël, que les maux qu’ils souffrent dans leur captivité ont rendus semblables aux morts ensevelis dans le tombeau (voir Ezéchiel, 37, 12) ; ou bien des saints patriarches, Abraham, Jacob, Isaac, etc., qui, de leur vivant et depuis leur mort, n’ont cessé de prier pour le salut du peuple.