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Baruch 1
Ce livre fut lu devant les Juifs captifs à Babylone, et envoyé par eux à leurs frères de Jérusalem. VOICI les paroles du livre qu’écrivit Baruch, fils de Nérias, fils de Maasias, fils de Sédécias, fils de Sédéi, fils d’Helcias, lorsqu’il était à Babylone,
Le septième jour du mois de la cinquième année depuis que les Chaldéens eurent pris Jérusalem, et l’eurent brûlée.
Baruch lut les paroles de ce livre devant Jéchonias, fils de Joachim, roi de Juda, et devant tout le peuple qui venait l’entendre lire ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jéchonias ; prisonnier à Babylone.
Devant les grands, devant les enfants des rois, devant les anciens, et devant le peuple, depuis le plus petit jusqu’au plus grand de tous ceux qui demeuraient à Babylone, près du fleuve de Sod.
Et lorsqu’ils écoutaient cette lecture, ils pleuraient, ils jeûnaient, et ils priaient devant le Seigneur.
Ils amassèrent aussi de l’argent, selon que chacun d’eux put le faire,
Et ils l’envoyèrent à Jérusalem au prêtre Joachim, fils d’Helcias, fils de Salom, et aux prêtres, et à tout le peuple qui se trouva avec lui dans Jérusalem ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Joakim, fils d’Helcias, n’était pas le grand-prêtre, mais probablement celui qui en tenait la place à Jérusalem.
Dans le temps même qu’il recevait les vases du temple du Seigneur, qui avaient été emportés du temple, pour les reporter en la terre de Juda , le dixième jour du mois de sivan, lesquels étaient les vases d’argent que Sédécias, fils de Josias et roi de Juda, avait fait faire,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Du temple du Seigneur. Il faut entendre par là les ruines du temple sur lesquelles les Juifs avaient élevé un autel pour offrir leurs sacrifices (Comparer à Jérémie, 41, 5). Ainsi disparaît la prétendue contradiction que les incrédules trouvent dans ce chapitre. ― Sivan ; commençait à la nouvelle lune de juin.
Après que Nabuchodonosor, roi de Babylone, eut pris Jéchonias, les princes, et tous les grands, et le peuple du pays, et qu’il les eut emmenés liés de Jérusalem à Babylone ;
Et ils leur firent dire : Nous vous avons envoyé de l’argent, achetez-en des holocaustes et de l’encens ; et faites-en des offrandes et des sacrifices pour le péché, à l’autel du Seigneur notre Dieu :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des oblations ; selon la Vulgate et les Septante, manna. C’est le mot hébreu minhâ, qui a été modifié dans sa prononciation, et qui signifie proprement le sacrifice non sanglant, tel que les offrandes de pain, de liqueurs, de froment, de farine, de vin.
Et priez pour la vie de Nabuchodonosor, roi de Babylone, et pour la vie de Baltassar, son fils, afin que leurs jours sur la terre soient comme les jours du ciel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son fils ; c’est-à-dire son petit-fils et fils d’Evilmérodach, fils aîné lui-même de Nabuchodonosor et son successeur immédiat. Dans toutes les langues, le mot fils se prend souvent pour petit-fils, comme un aïeul est fréquemment qualifié de père. Selon une tradition des Juifs, Evilmérodach était alors en disgrâce, et Baltassar était considéré comme l’héritier présomptif du royaume. Ceci explique pourquoi l’écrivain sacré ne nomme pas ici Evilmérodach. ― Baltassar ne doit pas désigner ici celui du temps duquel Babylone fut prise. ― Comme les jours du ciel ; c’est-à-dire des jours sans fin. Comparer à Psaumes, 88, 27 (?).
Que le Seigneur nous donne la force, et qu’il éclaire nos yeux, afin que nous vivions en paix sous l’ombre de Nabuchodonosor, roi de Babylone, et sous l’ombre de Baltassar, son fils ; que nous les servions longtemps, et que nous trouvions grâce devant eux.
Priez aussi le Seigneur notre Dieu pour nous, parce que nous avons péché contre le Seigneur notre Dieu, et que sa fureur ne s’est point détournée de nous jusqu’à ce jour.
Lisez ce livre que nous vous avons envoyé afin qu’il soit lu publiquement dans le temple du Seigneur, au jour solennel, et au jour favorable ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le temple du Seigneur. Voir le verset 8. ― En un jour favorable (in die opportuno) ; selon les Grecs, dans des jours d’opportunité ; ce qu’on explique par dans les jours des fêtes fixes, déterminées.
Et vous direz : La justice est le partage du Seigneur notre Dieu ; mais le nôtre est la confusion dont notre visage est tout couvert, comme il parait en ce jour à l’égard de tout Juda, et des habitants de Jérusalem,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Baruch, 2, 6. ― Et vous direz, etc. Ici, suivant plusieurs, commence le livre même de Baruch, le livre mentionné aux versets 1, 3 et 14.
De nos rois, de nos princes, de nos prêtres, de nos prophètes, et de nos pères.
Nous avons péché devant le Seigneur notre Dieu, nous ne l’avons point cru, et nous n’avons eu aucune confiance en lui ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Daniel, 9, 5.
Nous ne lui avons point été assujettis, et nous n’avons point écouté la voix du Seigneur notre Dieu, pour marcher selon les préceptes qu’il nous a donnés :
Depuis le jour où il a tiré nos pères du pays d’Égypte , jusqu’à ce jour, nous avons été incrédules au Seigneur notre Dieu ; et, dans la dissipation et l’égarement de notre esprit, nous nous sommes retirés de lui pour ne point écouter sa voix ;
C’est pourquoi nous avons été accablés de plusieurs maux, et des malédictions que le Seigneur avait prédites par Moïse son serviteur, qui a fait sortir nos pères de l’Égypte pour nous donner une terre où coulaient des ruisseaux de lait et de miel, comme il paraît aujourd’hui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les malédictions, etc. Voir Lévitique, chapitre 26 ; Deutéronome, chapitres 28 et 29.
Et nous n’avons point écouté la voix du Seigneur notre Dieu, selon que nous y exhortaient toutes les paroles des prophètes qu’il nous a envoyés ;
Et chacun de nous s’est laissé aller au sens corrompu et à la malignité de son cœur, pour servir des dieux étrangers, et pour commettre le mal devant les yeux du Seigneur notre Dieu !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Du mois de nisan ; qui était le premier de l’année ; ou de sivan, le troisième, dont il est parlé au verset 8 ; ou enfin du cinquième, parce que l’auteur ayant désigné la cinquième année, sans déterminer le mois, donne à entendre qu’il s’agit du cinquième. ― La cinquième année après la prise de Jérusalem, en 583. Voir 4 Rois, 25, 8.