Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← Jérémie 47 Jérémie 48 sur 52 chapitres Jérémie 49 →

Jérémie 48

Écouter

Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

À Moab. Ainsi parle Yahweh des armées, Dieu d’Israël : Malheur à Nabo, car elle est ravagée ; Cariathaïm est couverte de honte, elle est prise ; la forteresse est couverte de honte, elle est abattue ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Moab (ad Moab) ; ainsi les Septante ; la particule hébraïque correspondante signifie proprement à, vers (ad) ; mais elle a aussi quelquefois le sens de sur, touchant, au sujet de ; c’est vraisemblablement celui qui faut lui donner ici. ― Voici, etc. Cette prophétie regarde l’expédition contre les Moabites pendant le siège de Tyr, quelques années après la prise de Jérusalem. ― Nabo ; ville. Voir Isaïe, 15, 2. ― Cariathaïm ; ville qui appartenait anciennement aux Israélites. Voir Nombres, 32, 37 ; Josué, 13, 19 ; Ezéchiel, 25, 9.

elle n’est plus, la gloire de Moab ! À Hésebon on médite contre lui le mal : Allons et exterminons-le d’entre les nations ! Toi aussi, Madmen, tu seras réduite au silence, l’épée marche derrière toi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Hésébon ; ville. Voir Isaïe, 15, 4.

Des cris partent de Horonaïm ; dévastation et grande ruine !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Oronaïm ; ville. Voir Isaïe, 15, 5.

Moab est brisé ; ses petits enfants font entendre des cris.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Moab, etc. Le mot Moab est considéré tantôt comme un nom de peuple, nom collectif, et tantôt comme un nom de ville ; voilà pourquoi il est employé alternativement comme masculin, comme féminin et comme pluriel, tant dans l’hébreu que dans la Vulgate.

Oui ! à la montée de Luith il y a des pleurs, on la gravit en pleurant ; oui ! à la descente de Horonaïm, on entend les cris de détresse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Luith. Voir Isaïe, 15, 5.

Fuyez, sauvez vos vies ! Qu’elles soient comme une bruyère dans la lande !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 17, 6. ― Vos âmes ; c’est-à-dire vos personnes, vous.

Car, puisque tu as mis ta confiance en tes ouvrages et en tes trésors, toi aussi tu seras conquis ; et Chamos ira en exil, avec ses prêtres et ses princes, tous ensemble.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chamos ; était la principale divinité des Moabites.

Le dévastateur viendra contre toutes les villes, et pas une ville n’échappera ; la vallées sera ruinée, et le plateau saccagé, comme l’a dit Yahweh.

Donnez des ailes à Moab, car il faut qu’il s’envole ; ses villes seront dévastées, sans qu’il y ait d’habitant.

Maudit soit celui qui fait mollement l’œuvre du Seigneur ! Maudit celui qui refuse le sang à son épée !

Moab a été tranquille depuis sa jeunesse ; il a reposé sur sa lie ; il n’a pas été vidé d’un vase dans un autre, et il n’est pas allé en captivité. Aussi son goût lui est-il resté, et son parfum ne s’est pas altéré.

C’est pourquoi voici que des jours viennent, — oracle Yahweh, où je lui enverrai des transvaseurs qui le transvaseront ; ils videront ses vases, et ils briseront ses cruches.

Et Moab aura honte de Chamos, comme la maison d’Israël a eu honte de Béthel, en qui était sa confiance.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chamos. Voir le verset 7. ― Béthel ; ville sur les confins des tribus d’Ephraïm et de Benjamin, et dans laquelle Jéroboam introduisit un culte idolâtrique (voir 3 Rois, 12, 29).

Comment pouvez-vous dire : « Nous sommes des guerriers, des hommes vaillants au combat ? »

Moab est ravagé, ses villes montent en fumée, l’élite de ses jeunes gens descend pour la boucherie ; — oracle du roi, dont le nom est Yahweh des armées.

La ruine de Moab approche, son malheur vient en grande hâte.

Consolez-le, vous tous, ses voisins, et vous tous qui connaissez son nom, dites : « Comment a été brisé un bâton si fort, un sceptre si magnifique ? »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Verge, bâton ; c’est-à-dire sceptre. C’est par ironie que Jérémie emploie les mots puissant ou fort (fortis) et glorieux ; car les Moabites étaient le peuple le plus vain et le plus orgueilleux. Comparer au verset 29.

Descends de ta gloire et assieds-toi sur la terre aride, habitante, fille de Dibon ; car le dévastateur de Moab est monté contre toi, il a renversé tes remparts.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Habitante ; littéralement et par métonymie habitation. ― La fille de Dibon. Les Orientaux appellent filles les villes d’un pays ; nous en avons déjà fait la remarque. Dibon avait de très belles eaux ; mais comme ces belles eaux devaient être remplies de sang, d’après une prophétie d’Isaïe (voir Isaïe, 15, 9), Jérémie lui prédit qu’elle sera obligée de se sauver dans le désert, dans des lieux secs et arides, où elle souffrira la soif.

Tiens-toi sur le chemin, et observe, habitante d’Aroër ; interroge celui qui fuit et celle qui s’échappe ; dis : « Qu’est-il arrivé ? » —

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Habitante. Voir le verset précédent. ― Aroër ; ville située sur l’Arnon à l’extrémité méridionale du pays de Moab. ― Aroër sur l’Arnon, aujourd’hui Araîr, appartenait à la tribu de Ruben, dont l’Arnon formait la frontière méridionale. Nous voyons par ce passage que Moab s’était rendu maître de cette ville, qui était située vis-à-vis d’Ar Moab.

« Moab est confus, car il est renversé. Poussez des gémissements et des cris ! Annoncez sur l’Arnon que Moab est ravagé ! »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Arnon ; fleuve sur la frontière septentrionale de Moab, entre les Moabites et les Amorrhéens (voir Nombres, 21, 13).

Un jugement est venu sur le pays de la plaine, sur Hélon, sur Jasa,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Hélon, Jasa, Méphaath ; villes de Moab, qui appartenaient autrefois à la tribu de Ruben.

sur Méphaath, sur Dibon, sur Nabo, sur Beth-Deblathaïm,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Déblathaïm ; en hébreu Beth-Déblathaïm ; c’est-à-dire maison de Déblathaïm, est peut-être la même que Helmon-Déblathaïm (voir Nombres, 33, 46).

sur Cariathaïm, sur Beth-Gamul, sur Beth-Maon,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cariathaïm. Voir le verset 1. ― Bethgamul ; inconnue d’ailleurs. ― Bethmaon ; peut-être la même que Béelméon, près de l’Arnon (voir 1 Paralipomènes, 5, 8 ; Ezéchiel, 25, 9).

sur Carioth, sur Bosra et sur toutes les villes du pays de Moab, éloignées et proches.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Carioth ; selon plusieurs la même que Carioth, mentionnée plus bas, voir verset 41. Voir Josué, 15, 25 et Amos, 2, 2. ― Bosra. C’est, selon les uns, la même que Bosra, ville célèbre de l’Idumée dont il est question plus loin, voir Jérémie, 49, 13 ; Genèse, 36, 33, etc., par la raison qu’elle était située sur les confins de Moab et de l’Idumée, et qu’elle avait été occupée par les Moabites et par les Iduméens ; mais, selon les autres, c’était une ville différente de celle-là. ― Bosra ou Bostra, dans le Hauran, est identifiée par plusieurs savants avec Astaroth-Carnaïm.

La corne de Moab est abattue, et son bras est brisé, — oracle de Yahweh.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La corne ; chez les Hébreux, symbole de la force.

Enivrez-le ; car il s’est élevé contre Yahweh ! que Moab se vautre dans son vomissement, et qu’il devienne un objet de risée, lui aussi !

Israël n’a-t-il pas été pour toi un objet de risée ? L’a-t-on surpris avec des voleurs, pour que, chaque fois que tu parles de lui, tu hoches la tête ?

Abandonnez les villes ; demeurez dans les rochers, habitants de Moab, et soyez comme la colombe qui fait son nid au-dessus du précipice béant.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Habitez dans la pierre ; dans les cavernes qui sont nombreuses dans le pays de Moab comme en Palestine et où l’on cherchait un refuge en temps de guerre.

Nous avons entendu l’orgueil de Moab, le très orgueilleux, sa hauteur, son orgueil, sa fierté, et la fierté de son cœur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 16, 6.

Moi aussi je connais, — oracle de Yahweh, sa jactance, et ses vains discours, et ses œuvres vaines.

C’est pourquoi je me lamente sur Moab ; sur tout Moab je pousse des cris ; on gémit sur les gens de Qir-Hérès.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Hommes, c’est-à-dire habitants. ― Mur de briques ; est la traduction du nom de la ville de Kirkhérés, aujourd’hui Kerak, une des places les plus fortes de Moab.

Plus encore que sur Jazer, je pleure sur toi, vigne de Sabama. Tes sarments dépassaient la mer, ils touchaient à la mer de Jazer. Sur ta récolte et sur ta vendange le dévastateur s’est jeté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Du pleur, etc. Voir sur ce verset, Isaïe, 16, 9. ― Jazer. Voir Nombres, note 21.32.

La joie et l’allégresse ont disparu des vergers et de la terre de Moab ; j’ai fait tarir le vin des cuves ; on ne le foule plus au bruit des hourrahs ; le hourrah n’est plus le hourrah.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au Carmel ; c’est-à-dire aux campagnes les plus fertiles. Comparer, sur ce verset, à Isaïe, 16, 10.

À cause du cri de Hésébon jusqu’à Eléalé ; jusqu’à Jasa, ils font entendre leur cri ; de Segor jusqu’à Horonaïm, jusqu’à Eglath-Sélisia ; Car même les eaux de Nemrim seront taries.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par un cri, etc. Ce verset a été expliqué dans Isaïe, 15, 5.

Je veux, en finir avec Moab, — oracle de Yahweh, avec celui qui monte à son haut-lieu, et offre de l’encens à son dieu.

C’est pourquoi mon cœur au sujet de Moab, gémit comme une flûte, oui, mon cœur au sujet des gens de Qir-Hérès, gémit comme une flûte. C’est pourquoi le gain qu’ils avaient fait est perdu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un son de flûte. Chez les Hébreux, comme chez d’autres peuples de l’antiquité, on jouait de la flûte aux funérailles et dans le deuil aussi bien que dans les fêtes et les réjouissances. ― Hommes. Voir le verset 31. ― Parce qu’il a fait, etc. ; c’est-à-dire parce que dans son orgueil et sa présomption, Moab a entrepris une chose très périlleuse pour lui, en s’opposant aux Chaldéens et en voulant mesurer ses forces avec ces vainqueurs de l’Asie.

Car toute tête est rasée, et toute barbe coupée ; sur toutes les mains il y a des incisions, et sur les reins des sacs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 15, 2 ; Ezéchiel, 7, 18. ― Enumération des signes de deuil et de désolation.

Sur tous les toits de Moab et sur ses places, ce ne sont que lamentations ; car j’ai brisé Moab comme un vase dont on ne veut plus, — oracle de Yahweh.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur tous les toits. Les toits étaient en plate-bande, on y montait dans les calamités publiques.

Comme il est brisé ! Gémissez ! Comme Moab a honteusement tourné le dos ! Moab est devenu un objet de risée, et d’épouvante pour tous ses voisins.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ont-ils ; par hébraïsme, Moab est prise ici pour les Moabites.

Car ainsi parle Yahweh : Voici qu’il prend son vol comme l’aigle, il étend ses ailes sur Moab.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il volera, il étendra ; c’est-à-dire l’ennemi, Nabuchodonosor.

Carioth est prise, les forteresses sont emportées, et le cœur des guerriers de Moab est, en ce jour, comme le cœur d’une femme en travail.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Carioth. Voir le verset 24.

Moab est exterminé du rang des peuples, parce qu’il s’est élevé contre Yahweh.

Épouvante, fosse et filet, sont sur toi, habitant de Moab ! — oracle de Yahweh.

Celui qui fuit devant l’objet d’épouvante tombera dans la fosse, et celui qui remontera de la fosse sera pris au filet ; car je vais faire venir sur lui, sur Moab, l’année de sa visitation, — oracle de Yahweh.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 24, 18. ― Leur visite ; leur châtiment, leur punition.

À l’ombre de Hésébon ils s’arrêtent, les fuyards à bout de forces ; mais il est sorti un feu de Hésébon, et une flamme du milieu de Séhon ; elle a dévoré les flancs de Moab, et le crâne des fils du tumulte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De Séhon ; c’est-à-dire, de la vallée de Séhon, d’Hésébon. Jérémie applique ici un ancien proverbe qui se lit dans le livre des Nombres (voir Nombres, 21, 27), et qui était fondé sur ce que Séhon, roi des Amorrhéens, dont la capitale était Hésébon, avait fait la guerre aux Moabites, et avait pris une partie de leur pays. Remarquons que dans le passage des Nombres, la Vulgate et les Septante lisent le mot ville, aussi bien que l’hébreu. ― Le sommet (verticem) ; l’élite. ― Des fils du tumulte ; des soldats.

Malheur à toi, Moab ! Il est perdu, le peuple de Chamos ; car tes fils sont emmenés en exil, et tes filles en captivité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Peuple de Chamos ; c’est-à-dire, adorateurs de Chamos. Voir le verset 7.

Mais je ramènerai les captifs de Moab ; à la fin des jours, — oracle de Yahweh. Jusqu’ici le jugement de Moab.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mais je ramènerai, etc. Après la captivité de Babylone, comme on le croit assez généralement, les Moabites revinrent, comme les Juifs, dans leur patrie. Encore du temps de Jésus-Christ ils avaient un pays à eux, mais dans la suite ils se sont perdus dans les tribus arabes.