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2 Machabées 8
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Cependant Judas Machabée et ses compagnons, s’introduisant secrètement dans les villages, appelaient autour d’eux leurs parents, et, s’adjoignant ceux qui étaient restés fidèles au judaïsme, ils rassemblèrent ainsi une troupe d’environ six mille hommes.
Ils conjuraient le Seigneur de regarder son peuple que tout le monde foulait aux pieds, d’avoir aussi pitié de son temple profané par les impies,
d’avoir compassion de la ville dévastée qui allait se trouver au niveau du sol, et d’écouter la voix du sang qui criait vers lui,
de se souvenir du meurtre criminel des petits enfants innocents et des outrages faits à son nom, et de montrer sa haine contre les méchants.
Une fois à la tête d’une troupe nombreuse, Machabée devint invincible aux nations, car la colère du Seigneur s’était changée en miséricorde.
Tombant à l’improviste sur les villes et les villages, il les brûlait ; occupant les positions les plus favorables, il infligeait des défaites à de nombreux ennemis.
C’est surtout la nuit qu’il choisissait pour favoriser le succès de ces sortes d’expéditions. Le bruit de sa valeur se répandit en tous lieux.
Philippe ne fut pas longtemps à voir quels progrès faisait cet homme, et les succès de plus en plus fréquents qu’il remportait ; il écrivit donc à Ptolémée, chef militaire de la Coelé-Syrie et de la Phénicie, de venir en aide aux affaires du roi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Philippe. Voir 1 Machabées, 6, 14. ? Ptolémée. Voir 1 Machabées, 3, 38.
Ptolémée s’étant mis à l’œuvre sans tarder, fit partir Nicanor, fils de Patrocle, un des principaux favoris du roi, à la tête d’au moins vingt mille hommes de diverses nations, pour qu’il exterminât la race entière des Juifs ; il lui adjoignit Gorgias, général fort expérimenté dans les choses de la guerre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nicanor, Gorgias, voir 1 Machabées, 3, 38. ? Son ami, voir 1 Machabées, 2, 18.
Nicanor comptait bien procurer au roi, sur la vente des captifs pris en Judée, le tribut de deux mille talents dû aux Romains.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Antiochus le Grand, père d’Antiochus d’Epiphane, ayant été vaincu par les Romains, dut payer quinze mille talents pour les frais de la guerre ; les deux mille talents que devait alors Antiochus Epiphane, étaient le reste de cette somme. Or ce sont ces deux mille talents que Nicanor se flatta de fournir au roi, pour lui faire sa cour. ? Talents. Voir 1 Machabées, 11, 28.
Il s’empressa d’envoyer aux villes maritimes l’invitation à venir acheter des esclaves Juifs, promettant de leur en donner quatre-vingt-dix pour un talent : il ne songeait pas à la vengeance du Tout-Puissant qui allait tomber sur lui.
Dès que Judas eut appris la marche de Nicanor, il informa ses compagnons de l’approche de l’armée.
Alors les uns, frappés de crainte et manquant de foi en la justice de Dieu, prirent la fuite et passèrent en d’autres lieux ;
les autres vendirent tout ce qui leur restait et, en même temps, ils priaient le Seigneur de les délivrer de l’impie Nicanor, qui les avait vendus avant même que la bataille fût engagée :
sinon à cause d’eux, du moins en considération des alliances faites avec leurs pères, et parce que son nom saint et auguste avait été nommé sur eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De les délivrer, sinon à cause, etc.
Machabée ayant réuni ceux qui étaient restés avec lui, au nombre de six mille hommes, les exhorta à ne pas craindre les ennemis, et à ne pas se troubler devant la multitude des nations qui marchaient injustement contre eux, mais à combattre vaillamment,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sept mille ; selon le grec, six mille, ce qui s’accorde avec le verset 22.
ayant devant les yeux l’indigne profanation accomplie par elles contre le lieu saint, l’outrage de la ville ravagée, ainsi que la ruine des institutions des ancêtres.
« Eux, dit-il, se confient dans leurs armes et des charges hardies ; nous, c’est en Dieu, maître de toutes choses, qui peut d’un signe renverser ceux qui viennent nous attaquer et l’univers même, que nous mettons notre confiance. »
Il énuméra aussi devant eux les exemples antiques de la protection de Dieu ; et comment, sous Sennachérib, les cent quatre-vingt mille hommes avaient péri ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 4 Rois, 19, 35 ; Tobie, 1, 21 ; Ecclésiastique, 48, 24 ; Isaïe, 37, 36 ; 1 Machabées, 7, 41.
et comment, dans la bataille livrée aux Galates en Babylonie, ceux qui prenaient part à l’action étant en tout huit mille, avec quatre mille Macédoniens, et ceux-ci étant vivement pressés, les huit mille avaient détruit cent vingt mille ennemis, grâce au secours qui leur était venu du ciel, et avaient remporté un grand profit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la bataille. On ignore le temps et l’occasion de cette bataille. On sait seulement que sous le règne d’Antiochus le grand, les Galates étaient très puissants en Asie, et que les Juifs, depuis Alexandre le grand, servaient ordinairement dans les armées des rois de Syrie. ? Les Macédoniens, c’est-à-dire, les troupes grecques et syriennes auxquelles on avait confié la garde de la Babylonie, en y joignant un corps de Juifs. ? Six mille ; selon le grec, quatre mille. Voir le verset 16.
Après les avoir, par ces souvenirs, remplis de confiance et disposés à mourir pour les lois et pour la patrie, il divisa son armée en quatre corps.
À la tête de chaque corps, il mit ses frères Simon, Joseph et Jonathas, leur donnant à chacun quinze cents hommes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De l’un et de l’autre corps. Le grec pas plus que la Vulgate n’est susceptible d’aucun autre sens. Ce qui suppose que l’armée était divisée en deux corps ou régiments divisés eux-mêmes en quatre compagnies, dont une était commandée par Judas (voir cependant le verset suivant), et les autres par ses frères. Or, chacune de ces compagnies se composent de quinze cent hommes, on a le nombre de six mille, marqué au verset 16 du texte grec. ? Joseph ne se trouvant pas ailleurs au nombre des frères de Juda, les uns croient que c’est Jean (voir 1 Machabées, 2, 2), les autres prétendent que ce Joseph était simplement parent ou beau-frère de Judas.
En outre, il ordonna à Eléazar de faire la lecture du Livre saint ; puis, ayant donné pour mot d’ordre : Secours de Dieu ! Judas prit le commandement du premier corps et attaqua Nicanor.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le livre saint, c’est-à-dire, un ou plusieurs passages ; peut-être Deutéronome, 20, verset 2 et suivants. Comparer à 1 Machabées, 3, 56. ? Esdras ; le grec porte Eléazar, mis à l’accusatif, comme quatrième complément du verbe il établit (constituit) du verset précédent, et il présente Judas en lui-même comme ayant lu dans le livre saint. ? Le secours, etc. ; leur ayant donné pour signal un mot d’ordre du guet : Le secours de Dieu. Comparer à 2 Machabées, 13, 15. ? Esdras ou Eléazar était sans doute un prêtre attaché à l’armée.
Le Tout-Puissant leur étant venu en aide, ils tuèrent plus de neuf mille ennemis, blessèrent et mutilèrent la plus grande partie des soldats de Nicanor et les mirent tous en fuite.
Ils prirent aussi l’argent de ceux qui étaient venus pour les acheter. Ayant poursuivi assez loin les fuyards,
ils revinrent sur leurs pas, arrêtés par le temps, car c’était la veille du sabbat ; c’est pourquoi ils ne continuèrent pas leur poursuite.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Avant, etc. ; la veille du sabbat, qui commençait au coucher du soleil.
Ayant donc ramassé les armes des ennemis et recueilli leurs dépouilles, ils célébrèrent le sabbat, bénissant mille fois et louant le Seigneur qui les avait délivrés pour ce jour, ayant résolu de leur montrer un commencement de miséricorde.
Après le sabbat, ils distribuèrent une part du butin à ceux qui avaient souffert de la persécution, aux veuves et aux orphelins ; eux-mêmes et leurs enfants se partagèrent le reste.
Cela fait, ils se mirent à prier tous ensemble, conjurant le Seigneur miséricordieux de se réconcilier entièrement avec ses serviteurs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Enfin (in finem) ; ou bien par hébraïsme, entièrement, pour toujours.
Ils tuèrent aussi plus de vingt mille hommes des troupes qui combattaient sous les ordres de Timothée et de Bacchidès, et s’emparèrent vaillamment de hautes forteresses. Ils divisèrent leur immense butin, en faisant deux parts égales, l’une pour eux-mêmes, l’autre pour les persécutés, les orphelins et les veuves, ainsi que pour les vieillards.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Timothée. Voir 1 Machabées, 5, 6. ? Bacchide est consid?ré communément comme le même que celui dont il est parlé à 1 Machabées, 7, 8.
Ils recueillirent les armes et les déposèrent toutes avec soin en des lieux convenables, et transportèrent à Jérusalem le reste du butin.
Ils mirent à mort Phylarque, qui accompagnait Timothée ; c’était un homme très pervers, qui avait fait beaucoup de mal aux Juifs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Philarque, connu seulement par ce passage.
Pendant qu’ils fêtaient leur victoire dans leur capitale, Callisthène et quelques autres, qui avaient livré aux flammes les saintes portes du temple, s’étant réfugiés dans une petite maison, ils les y brûlèrent et leur rendirent ainsi le juste salaire de leurs profanations.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Callisthène, partisan de Nicanor.
Le triple scélérat Nicanor, qui avait fait venir les mille marchands pour leur vendre les Juifs,
humilié, grâce au secours du Seigneur, par ceux qu’il croyait plus faibles que lui, se dépouilla de ses vêtements d’honneur et, prenant à travers champs comme un fuyard, sans escorte, il rentra seul à Antioche, au désespoir d’avoir perdu son armée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par le milieu des terres, par le chemin le plus direct et le plus court.
Et lui qui avait promis de parfaire le tribut aux Romains avec le prix des captifs de Jérusalem, il publiait maintenant que les Juifs avaient Dieu pour défenseur et qu’ainsi ils étaient invulnérables, parce qu’ils obéissaient aux lois qu’il leur avait prescrites.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Villages. C’est le sens du mot castella de la Vulgate, expliqué par le texte grec.