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2 Machabées 13
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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L’an cent quarante-neuf, Judas et ses compagnons apprirent qu’Antiochus Eupator marchait contre la Judée avec des troupes nombreuses,
et que Lysias, son tuteur et son ministre, l’accompagnait, chacun d’eux à la tête d’une armée grecque de cent dix mille fantassins, cinq mille trois cents cavaliers, vingt-deux éléphants et trois cents chars armés de faux.
Ménélas aussi se joignit à eux et, avec une grande fourberie, il excitait Antiochus, non pour le salut de sa patrie, mais espérant être rétabli dans sa dignité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ménélaüs. Voir 2 Machabées, 4, 23.
Cependant le Roi des rois éveilla contre ce scélérat la colère d’Antiochus, et Lysias ayant démontré au roi que Ménélas était la cause de tous les maux, Antiochus ordonna de le conduire à Bérée, et de l’y mettre à mort selon la coutume du lieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le même lieu, ou, selon le grec, comme c’est la coutume de ce lieu-là.
Or il y avait à Bérée une tour de cinquante coudées, remplie de cendres, et couronnée d’une machine tournante qui de tous côtés fait glisser dans la cendre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De cendres chaudes. Les Perses, pour qui le feu était un élément sacré, auraient cru le profaner un y jetant les condamnés à la peine capitale ; c’est pourquoi ils les précipitaient dans la cendre chaude.
C’est là que le peuple de Bérée précipite, pour le faire périr, l’homme coupable de vol sacrilège, ou encore celui qui a commis certains autres grands crimes.
Ainsi mourut Ménélas, ce violateur de la loi, et c’est très justement qu’il ne fut pas déposé dans la terre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne fût pas, etc., c’est-à-dire, qu’il fût privé des honneurs de la sépulture.
Car il avait maintes fois péché contre l’autel, dont le feu et la cendre étaient purs, et c’est dans la cendre qu’il trouva la mort.
Le roi s’avançait donc, l’esprit tout rempli de pensées barbares, disposé à traiter les Juifs plus cruellement que n’avait fait son père.
Dès que Judas le sut, il ordonna au peuple d’invoquer nuit et jour le Seigneur, pour que cette fois encore, il vînt au secours de ceux
qui allaient être privés de la loi, de leur patrie et du saint temple, et qu’il ne permît pas que ce peuple qui commençait seulement à respirer, tombât sous la puissance des nations impies.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Car, etc., est une réflexion que l’auteur fait à part et qui se détache du récit principal ; c’est pour cela que nous avons cru devoir la renfermer dans des parenthèses.
Lorsque tous eurent ainsi prié ensemble et imploré le Seigneur miséricordieux avec larmes et avec jeûnes, se tenant continuellement à genoux pendant trois jours, Judas leur adressa une exhortation et leur commanda de se tenir prêts.
Puis, s’étant entretenu à part avec les anciens, il résolut de ne pas attendre que le roi eût fait entrer son armée en Judée et se fût rendu maître de Jérusalem, mais de se mettre incontinent en marche et de tout terminer avec l’aide du Seigneur.
Abandonnant donc au Créateur du monde le sort des armes, il exhorta ses compagnons à combattre bravement jusqu’à la mort pour les lois, pour le temple, pour la ville sainte, pour la patrie et les institutions, et il conduisit son armée aux environs de Modin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Modin. Voir 1 Machabées, 2, 1.
Après avoir donné aux siens ce mot d’ordre : « Victoire par Dieu ! » il choisit les plus braves parmi les jeunes guerriers et attaqua pendant la nuit la tente du roi ; il tua dans le camp quatre mille hommes, en y ajoutant le plus grand des éléphants, avec la troupe qu’il portait dans une tour.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La victoire de Dieu, etc. Voir 2 Machabées, 8, 23. ? Le plus grand des éléphants. Indication sommaire de l’exploit d’Eléazar raconte à 1 Machabées, 6, 43-46.
Enfin ils remplirent le camp d’épouvante et de confusion, et se retirèrent avec un plein succès.
Quand le jour commença à poindre, tout était achevé, grâce à la protection dont le Seigneur couvrait Judas.
Après avoir ainsi éprouvé l’audace des Juifs, le roi essaya de s’emparer des places par ruse.
Il marcha contre Bethsur, forte citadelle des Juifs ; mais il était repoussé, il subissait des échecs, il avait le dessous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Bethsura. Voir 1 Machabées, 4, 61.
Or Judas fit passer aux assiégés ce qui leur était nécessaire.
Cependant Rhodocus, de l’armée des Juifs, dévoilait à l’ennemi les secrets ; on fit une enquête, on le surprit et on le mit en prison.
Pour la seconde fois le roi parlementa avec les assiégés, leur tendit la main, prit la leur, se retira,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Donna sa main droite. Voir 1 Machabées, 11, 50.
attaqua les guerriers de Judas et fut battu. Mais ayant appris que Philippe, laissé par Épiphane à la tête des affaires, s’était révolté à Antioche, il en fut consterné ; il donna aux Juifs de bonnes paroles, se soumit et jura toutes conditions équitables ; il se réconcilia et offrit un sacrifice, il honora le temple, traita humainement le saint lieu,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il engagea le combat ; auparavant. Comparer à 1 Machabées, 6, verset 43 et suivants. ? Philippe, qui était resté à la tête des affaires. Antiochus IV Epiphane lui avait confié le pouvoir en mourant. Voir 1 Machabées, 6, 55.
et fit bon accueil à Machabée ; il le laissa comme gouverneur militaire depuis Ptolémaïs jusqu’aux Gerrhéniens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les Gerréniens habitaient le pays où était l’ancienne Gérara (voir Genèse, 20, 1), le même que Gerrus, frontière d’Egypte. ? Ptolémaïde. Voir 1 Machabées, 5, 15.
Mais lorsque le roi vint à Ptolémaïs, les habitants témoignèrent leur mécontentement au sujet du traité, dont ils s’indignaient et ne voulaient point exécuter les conditions.
Lysias monta sur le tribunal, défendit les conventions autant que possible, persuada, disposa favorablement les esprits et partit pour Antioche. Ce fut ainsi qu’eurent lieu l’attaque et la retraite du roi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’année cent quarante-neuvième du règne des Grecs, la cent soixante-deuxième avant Jésus-Christ. ? Pour cette campagne, voir 1 Machabées, 6, 28-62.