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Esther 9
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Au douzième mois, qui est le mois d’Adar, le treizième jour du mois, où devaient s’exécuter l’ordre et l’édit du roi, jour où les ennemis des Juifs avaient espéré dominer sur eux, ce fut le contraire qui arriva, et les Juifs dominèrent sur leurs ennemis.
Les Juifs se rassemblèrent dans leurs villes, dans toutes les provinces du roi Assuérus, pour frapper ceux qui cherchaient leur perte, et personne ne put leur résister, car la crainte qu’ils inspiraient s’était répandue chez tous les peuples.
Tous les chefs des provinces, les satrapes, les gouverneurs, les fonctionnaires du roi soutinrent les Juifs, car la crainte de Mardochée pesait sur eux.
Car Mardochée était puissant dans la maison du roi, et sa renommée se répandait dans toutes les provinces, car cet homme, Mardochée, allait toujours grandissant.
Les Juifs frappèrent donc à coup d’épée tous leurs ennemis ; ce fut un massacre et une destruction ; ils traitèrent comme il leur plut ceux qui leur étaient hostiles.
Dans Suse, la capitale, les Juifs tuèrent et firent périr cinq cents hommes,
et ils massacrèrent Pharsandatha, Delphon, Esphatha,
Phoratha, Adalia, Aridatha,
Phermestha, Arisaï, Aridaï et Jézatha,
les dix fils d’Aman, fils d’Amadatha, l’ennemi des Juifs. Mais ils ne mirent pas la main au pillage.
Le jour même, le nombre de ceux qui avaient été tués dans Suse, la capitale, parvint à la connaissance du roi.
Et le roi dit à la reine Esther : « Les Juifs ont tué et fait périr dans Suse, la capitale, cinq cents hommes et les dix fils d’Aman ; que n’auront-ils pas fait dans le reste des provinces du roi ?… Quelle est ta demande ? Elle te sera accordée. Quel est ton désir ? Il sera accompli. »
Esther répondit : « Si le roi le trouve bon, qu’il soit permis aux Juifs qui sont à Suse d’agir encore demain selon le décret d’aujourd’hui, et que l’on pende au bois des dix fils d’Aman. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Esther pouvait avoir un motif suffisant de faire cette demande : elle pouvait croire en effet que soixante-quinze mille personnes devaient être sacrifiées à la conservation de trois ou quatre millions de Juifs répandus dans tout l’empire, et que cette mesure était nécessaire à la sûreté de son peuple, qui s’était trouvé à la veille d’une extinction totale, et qui pouvait encore y être exposé.
Le roi ordonna de faire ainsi, et l’édit fut publié dans Suse. On pendit les dix fils d’Aman,
et les Juifs qui se trouvaient à Suse, s’étant rassemblés de nouveau le quatorzième jour du mois d’Adar, tuèrent dans Suse trois cents hommes. Mais ils ne mirent pas la main au pillage.
Les autres Juifs qui étaient dans les provinces du roi se rassemblèrent pour défendre leur vie et obtenir que leurs ennemis les laissassent en repos ; ils tuèrent soixante-quinze mille de ceux qui leur étaient hostiles. Mais ils ne mirent pas la main au pillage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Défendirent leur vie. Voir Esther, 8, 11. ― Soixante-quinze mille de tués. Ce nombre n’a rien d’incroyable, réparti sur l’étendue de l’empire perse. Mithridate, roi de Pont, fit massacrer, en un seul jour, dans son royaume, 80 000 Romains. On a reproché aux Juifs de s’être laissé entraîner en cette circonstance par la cruauté et la vengeance ; on a, en particulier, blâmé Esther d’avoir demandé pour eux, à son époux, la permission de continuer à Suse le massacre, pendant un autre jour, voir Esther, 9, 13. Mais on oublie que les coreligionnaires de Mardochée, dans la capitale comme ailleurs, ne faisaient que se défendre : la reine sollicite l’autorisation de faire le lendemain ce qui a été fait le même jour, voir Esther, 9, 13 ; c’est-à-dire de défendre leur vie, voir Esther, 8, 11 ; sa prière suppose que les habitants de Suse voulaient le lendemain renouveler leurs attaques contre ceux qu’ils haïssaient, non seulement sans doute à cause de leur nationalité, mais aussi à cause de leur religion.
Ces choses arrivèrent le treizième jour du mois d’Adar. Les Juifs se reposèrent le quatorzième, et ils en firent un jour de festin et de joie.
Les Juifs qui se trouvaient à Suse, s’étant rassemblés le treizième et le quatorzième jour, se reposèrent le quinzième, et ils en firent un jour de festin et de joie.
C’est pourquoi les Juifs de la campagne, qui habitent des villes sans murailles, font du quatorzième jour du mois d’Adar un jour de joie, de festin et de fête, où l’on s’envoie des portions les uns aux autres.
Mardochée écrivit ces choses, et il envoya des lettres à tous les Juifs qui étaient dans toutes les provinces du roi Assuérus, à ceux qui étaient près comme à ceux qui étaient loin,
pour leur enjoindre de célébrer chaque année les quatorzième et quinzième jours du mois d’Adar,
comme étant les jours où ils avaient obtenu d’être laissés en repos par leurs ennemis, et le mois où avaient été changés leur tristesse en joie et leur deuil en jour de fête ; on devait donc faire de ces jours des jours de festin et de joie, où l’on s’envoie des portions les uns aux autres, et où l’on distribue des dons aux indigents.
Les Juifs adoptèrent pour usage, ce qu’ils avaient déjà commencé à faire et ce que Mardochée leur écrivit.
Car Aman, fils d’Amadatha, du pays d’Agag, ennemi de tous les Juifs, avait formé contre les Juifs le projet de les perdre et il avait jeté le PUR, c’est-à-dire le sort, afin de les exterminer et de les détruire.
Mais Esther s’étant présentée devant le roi, celui-ci ordonna par écrit de faire retomber sur la tête d’Aman le méchant projet qu’il avait formé contre les Juifs, et on le pendit au bois avec ses fils.
C’est pourquoi on appela ces jours PURIM, du nom de PUR. Ainsi, d’après tout le contenu de cette lettre, d’après ce qu’ils en avaient eux-mêmes vu et ce qui leur était arrivé,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ces jours ont été appelés Phurim, c’est-à-dire la fête des Phurim. La fête des Phurim est encore célébrée dans les synagogues. Le 13 adar, veille de la fête, est un jour de jeûne. Le soir de ce jour, la fête commence, et le livre d’Esther est lu en entier. Le lecteur prononce très rapidement le passage Esther, 9, 7-9, dans lequel on trouve les noms d’Aman et des ses fils, et, autant que possible, sans reprendre haleine, pour signifier qu’ils furent pendus tous à la fois. Pendant ce temps les assistants font du bruit. Cette lecture est répétée de la même manière le matin du 14 adar. La soirée se passe dans de grandes réjouissances. ― Les manuscrits hébreux reproduisent les versets 7 à 9 du chapitre 9 sous forme de trois colonnes perpendiculaires, comme pour représenter les dix fils d’Aman, pendus à trois cordes parallèles, au nombre de 3, 3 et 4.
les Juifs établirent et adoptèrent pour eux, pour leurs descendants et pour tous ceux qui s’attacheraient à eux, la coutume irrévocable de célébrer chaque année ces deux jours, selon le rite prescrit et au temps fixé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cet écrit ; la lettre de Mardochée. ― Et qui demandent, etc. ; c’est-à-dire, que ces jours de fête devront se renouveler tous les ans, sans jamais y manquer, à l’époque fixée, qui est le quatorze et le quinze du mois d’Adar.
Ces jours devaient être rappelés et célébrés, de génération en génération, dans chaque famille, dans chaque province et dans chaque ville, et ces jours des PURIM ne devaient jamais être abolis au milieu des Juifs, ni le souvenir s’en effacer dans leur postérité.
La reine Esther, fille d’Abihaïl, et le Juif Mardochée écrivirent une seconde fois, de la manière la plus pressante, pour confirmer cette lettre sur les PURIM.
On envoya des lettres à tous les Juifs, dans les cent vingt-sept provinces du royaume d’Assuérus : des paroles de paix et de fidélité,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le langage ordinaire de l’Ecriture, les mots paix et vérité signifient, l’un toute sorte de prospérité, et l’autre, la fidélité à s’acquitter de ses promesses.
et la recommandation de maintenir ces jours des PURIM au temps fixé, comme le Juif Mardochée et la reine Esther les avaient établis pour eux, et comme ils les avaient établis pour eux-mêmes et pour leurs descendants, avec les jeûnes et leurs lamentations.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les cris vers le Seigneur ; c’est-à-dire les prières faites à haute voix. La fête des sorts se célèbre encore aujourd’hui chez les Juifs avec la plus grande solennité.
Ainsi l’ordre d’Esther établit ces observances des PURIM, et cela fut écrit dans le livre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’Agagite. Voir Esther, 8, 3.