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Esther 2
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Après ces choses, quand la colère du roi Assuérus se fut calmée, il se rappela Vasthi, ce qu’elle avait fait et la décision qui avait été prise à son sujet.
Alors les serviteurs du roi, qui étaient en fonctions près de lui, dirent : « Qu’on cherche pour le roi des jeunes filles, vierges et belles de figure ;
que le roi établisse dans toutes les provinces de son royaume des officiers chargés de rassembler toutes les jeunes filles, vierges et belles de figure, à Suse, la capitale, dans la maison des femmes, sous la surveillance d’Egée, eunuque du roi et gardien des femmes, qui pourvoira à leur toilette ;
et que la jeune fille qui plaira au roi devienne reine à la place de Vasthi. « Le roi approuva cet avis, et il fit ainsi.
Il y avait à Suse, la capitale, un Juif nommé Mardochée, fils de Jaïr, fils de Séméï, fils de Cis, de la race de Benjamin,
qui avait été emmené de Jérusalem parmi les captifs déportés avec Jéchonias, roi de Juda, par Nabuchodonosor, roi de Babylone.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 4 Rois, 24, 15 ; Judith, 11, 4.
Il élevait Edissa, qui est Esther, fille de son oncle ; car elle n’avait ni père ni mère. La jeune fille était belle de forme et d’un gracieux visage ; à la mort de son père et de sa mère, Mardochée l’avait adoptée pour fille.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Esther. Sur le nom d’Esther, voir l’Introduction.
Lorsqu’on eut publié l’ordre du roi et son édit, et que de nombreuses jeunes filles furent rassemblées à Suse, la capitale, sous la surveillance d’Egée, Esther fut prise aussi et amenée dans la maison du roi, sous la surveillance d’Egée, gardien des femmes.
La jeune fille lui plut et gagna sa faveur ; il s’empressa de lui fournir les choses nécessaires à sa toilette et à sa subsistance, de lui donner sept jeunes filles choisies dans la maison du roi, et il la fit passer avec elles dans le meilleur appartement de la maison des femmes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses portions ; c’est-à-dire tout ce qui concernait sa nourriture, sa table, ou bien, selon d’autres interprètes, tout ce qu’il était convenable de lui donner selon son rang.
Esther ne fit connaître ni son peuple ni sa naissance, car Mardochée lui avait défendu d’en parler.
Chaque jour Mardochée se promenait devant la cour de la maison des femmes, pour savoir comment se portait Esther et comment on la traitait.
Et quand arrivait pour chaque jeune fille le tour d’aller vers le Roi Assuérus, après avoir passé douze mois à accomplir ce qui était prescrit aux femmes, — et voici ce que comportait le temps de leur purification : pendant six mois, elles se purifiaient avec de l’huile de myrrhe, et pendant six mois avec des aromates et des parfums en usage parmi les femmes, —
et que la jeune fille allait vers le roi, on lui permettait de prendre avec elle ce qu’elle voulait, pour aller de la maison des femmes dans la maison du roi.
Elle s’y rendait le soir, et le lendemain matin elle passait dans la seconde maison des femmes, sous la surveillance de Susagaz, eunuque du roi et gardien des concubines. Elle ne retournait plus vers le roi, à moins que le roi ne la désirât et qu’elle ne fût appelée nommément.
Lorsque son tour d’aller vers le roi fut arrivé, Esther, fille d’Abihaïl, oncle de Mardochée qui l’avait adoptée pour fille, ne demanda pas autre chose que ce que désigna Egée, eunuque du roi et gardien des femmes ; mais Esther plut aux yeux de tous ceux qui la virent.
Esther fut conduite auprès du roi Assuérus, dans sa maison royale, le dixième mois, qui est le mois de Tébeth, la septième année de son règne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le dixième mois commençait à la nouvelle lune de septembre.
Le roi aima Esther plus que toutes les femmes, et elle obtint grâce et faveur auprès de lui plus que toutes les jeunes filles. Il mit le diadème royal sur sa tête, et la fit reine à la place de Vasthi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et la fit régner. On objecte que suivant Hérodote, après la mort du mage Smerdis, il fut arrêté solennellement que le roi ne pourrait prendre de femme que dans la maison des sept prétendants au trône. On objecte encore qu’il n’est nullement probable qu’Assuérus ait voulu choisir pour reine une femme juive. Mais d’abord est-il bien sûr que l’obligation de n’épouser qu’une femme appartenant à la maison des sept prétendants ne regardait pas uniquement le successeur de Smerdis ? Il n’est pas plus sûr que, lors même que la convention eut été générale et sans restriction, les princes qui vinrent après lui la crurent obligatoire pour eux et consentirent à s’y soumettre. Enfin on sait que les souverains d’Asie, entièrement plongés dans la volupté, ne consultaient que leurs passions et que, par conséquent, ils ne pouvaient être qu’indifférents sur leur famille et leur religion. Cette considération explique encore comme Assuérus a pu épouser une Juive, d’autant plus qu’Esther cherchait elle-même à cacher son extraction, ainsi que le lui avait prescrit Mardochée, son oncle (voir verset 20).
Le roi donna un grand festin à tous ses princes et à ses serviteurs, le festin d’Esther ; il accorda du repos aux provinces et fit des largesses avec une munificence royale.
La seconde fois qu’on rassembla des jeunes filles, Mardochée était assis à la porte du roi.
Esther n’avait fait connaître ni sa naissance ni son peuple, selon que Mardochée le lui avait ordonné ; et Esther suivait les ordres de Mardochée, comme lorsqu’elle était élevée par lui.
En ces jours-là, comme Mardochée était assis à la porte du roi, Bagathan et Tharès, deux eunuques du roi, gardes du palais, poussés par la colère, voulurent porter la main sur le roi Assuérus.
Mardochée eut connaissance du complot et il en informa la reine Esther, qui le redit au roi de la part de Mardochée.
Le fait ayant été examiné et trouvé exact, les deux eunuques furent pendus à un bois, et cela fut écrit dans le livre des Chroniques en présence du roi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Esther, 11, 2. ― Mardochée, à l’époque où commence notre histoire, était déjà très âgé, selon plusieurs interprètes, qui entendent les versets 5 et 6 en ce sens qu’il avait été transporté de Jérusalem du temps de Jéchonias, c’est-à-dire en 599 ; il aurait eu ainsi alors plus de 120 ans. Mais il est plus naturel de rapporter le verset 6, lequel avait été transféré, à Cis, son arrière grand-père. Son nom de Mardochée, qui est babylonien et non palestinien, semble indiquer qu’il était né en Babylonie.