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Esther 11
La quatrième année du règne de Ptolémée et de Cléopâtre, Dosithée, qui se disait prêtre et de la race de Lévi, et Ptolémée son fils, apportèrent cette épître de phurim, qu’ils disaient avoir été traduite dans Jérusalem par Lysimaque, fils de Ptolémée.
La seconde année du règne du très-grand Artaxerxès, le premier jour du mois de nisan, Mardochée, fils de Jaïr, fils de Séméi, fils de Cis, de la tribu de Benjamin, eut une vision en songe.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Artaxerxès très grand. Le nom d’Artaxerxès qui se lit ici et dans tous les Appendices, vient des Septante ; il est certain qu’il répond là, comme dans les chapitres précédents, à Xerxès. La version grecque a traduit à tort Akhaschvérosch par Artaxerxès, dans tout le cours de ce livre, et comme cette partie de notre traduction latine est faite sur les Septante, elle porte le nom d’Artaxerxès au lieu de celui d’Assuérus que nous lisons dans les chapitres précédents traduits directement par saint Jérôme sur l’original hébreu.
Il était Juif, et il demeurait dans la ville de Suse. C’était un homme puissant, et des premiers de la cour du roi.
Il était du nombre des captifs que Nabuchodonosor, roi de Babylone, avait transférés de Jérusalem avec Jéchonias, roi de Juda.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 4 Rois, 24, 15 ; Esther, 2, 6.
Voici la vision qu’il eut en songe. Il lui semblait qu’il entendait des voix, un tumulte, un tonnerre, et que la terre tremblait, et était agitée d’un grand trouble ;
Et en même temps il vit paraître deux grands dragons, prêts à combattre l’un contre l’autre.
Toutes les nations s’émurent aux cris qu’ils jetèrent, et elles se disposèrent à combattre contre la nation des justes.
Ce jour fut un jour de ténèbres, de périls, d’affliction, de serrement de cœur, et d’une grande épouvante sur la terre.
La nation des justes fut saisie de trouble, appréhendant les maux qu’on lui avait préparés, et se disposant à la mort.
Ils crièrent à Dieu ; et, au bruit de leurs cris et de leurs plaintes, une petite fontaine devint un grand fleuve, et répandit une grande abondance d’eaux.
La lumière parut, et le soleil se leva ; les humbles furent élevés de la bassesse, et ils dévorèrent ceux qui étaient dans l’éclat.
Mardochée ayant eu cette vision en songe, et s’étant levé de son lit, pensait en lui-même à ce que Dieu voulait faire : il grava cette vision dans son cœur, ayant grande envie de savoir ce que ce songe lui pouvait marquer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commencement ; c’est-à-dire depuis le verset 2 de ce chapitre 11 jusqu’au chapitre 12, verset 6. ― Ce verset forme le titre du livre d’Esther dans la version grecque, où il est placé en tête. Le Ptolémée mentionné ici est Ptolémée VI Philométor qui régna de 181 à 146 avant Jésus-Christ. C’est sous le règne de ce prince qu’on porta en Egypte la traduction grecque du livre d’Esther, mais le livre lui-même existait en hébreu depuis longtemps.