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2 Chroniques 33
MANASSÉ avait douze ans quand il commença à régner, et il en régna cinquante-cinq à Jérusalem.
Mais il fit le mal devant le Seigneur, suivant les abominations des peuples que le Seigneur avait exterminés devant les enfants d’Israël.
Il rebâtit les hauts lieux que son père Ézéchias avait démolis, il dressa des autels à Baal, il planta des bois profanes, et il adora toute la milice du ciel, et lui sacrifia.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Baalim. Voir Juges, 2, 11. ― Des bois sacrés, des aschéra, des symboles du culte de la déesse Astarté.
Il bâtit aussi des autels profanes dans la maison du Seigneur, de laquelle le Seigneur avait dit : Mon nom demeurera éternellement dans Jérusalem.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Rois, 7, 10. ― Le nom de Dieu se prend souvent pour la majesté divine, Dieu lui-même.
Et il les éleva en l’honneur de toute l’armée du ciel, dans les deux parvis du temple du Seigneur.
Il fit aussi passer ses fils par le feu dans la vallée de Ben-Ennom ; il observait les songes, il suivait les augures, il s’adonnait à l’art de magie, il avait auprès de lui des magiciens et des enchanteurs, et commit beaucoup de maux devant le Seigneur, qui en fut irrité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la vallée de Bénennom, appelée aussi Géennom, Ghé-ben-Hinnomon, vallée des fils d’Hennom, située au sud-ouest et au sud de Jérusalem, laquelle, par sa profondeur et son escarpement, rend la ville imprenable de ce côté. Elle sépare le mont Sion du mont du Mauvais Conseil.
Il mit aussi une idole, ou statue de fonte, dans la maison du Seigneur, de laquelle Dieu avait dit, parlant à David et a Salomon, son fils : J’établirai mon nom pour jamais dans cette maison et dans Jérusalem, que j’ai choisie entre toutes les tribus d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 3 Rois, 8, 18.
Et je ne ferai plus sortir Israël de la terre que j’ai donnée à leurs pères ; pourvu seulement qu’ils aient soin d’accomplir ce que je leur ai commandé, toute la loi, les cérémonies et les préceptes que je leur ai donnés par l’entremise de Moïse.
Manassé séduisit donc Juda et tous les habitants de Jérusalem, les porta à faire plus de mal que toutes les autres nations que le Seigneur avait détruites en présence des enfants d’Israël.
Et Dieu lui parla, à lui et à son peuple, et ils ne voulurent point l’écouter.
C’est pourquoi Dieu fit venir sur eux les princes de l’armée du roi des Assyriens, qui après avoir pris Manassé, lui mirent les fers aux pieds et aux mains, et l’emmenèrent à Babylone.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les princes de l’armée et du roi des Assyriens, le roi de Ninive Assurbanipal, fils d’Asaraddon et petit-fils de Sennachérib. Il monta sur le trône en 668 avant Jésus-Christ, et mourut vers l’an 626. Il fit conduite Manassé à Babylone, parce qu’il en était aussi roi et y avait réprimé la révolte d’un de ses frères qu’il en avait établi gouverneur.
Manassé réduit à cette grande extrémité pria le Seigneur, son Dieu, et il conçut un très-vif repentir en la présence du Dieu de ses pères.
Il lui adressa ses gémissements et ses instantes supplications : et le Seigneur exauca sa prière, et le ramena à Jérusalem dans son royaume ; et Manassé reconnut que le Seigneur était le vrai Dieu.
Après cela il fit travailler à la muraille qui est hors de la ville de David, à l’occident de Gihon dans la vallée, depuis l’entrée de la porte des poissons, continuant l’enceinte jusqu’à Ophel ; et il éleva fort cette muraille. Il mit aussi des officiers de l’armée dans toutes les places fortes de Juda.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Gihon, au sud-est de Jérusalem. ― La porte des Poissons était à l’extrémité orientale du mur méridional de la ville.
Il ôta les dieux étrangers et l’idole de la maison du Seigneur. Il détruisit les autels qu’il avait fait faire sur la montagne de la maison du Seigneur et en Jérusalem, et il fit jeter tout hors de la ville.
Il rétablit aussi l’autel du Seigneur, et il y immola des victimes et des hosties pacifiques et d’action de grâces ; et il ordonna à tous les peuples de Juda de servir le Seigneur, le Dieu d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De louange ; c’est-à-dire d’action de grâces. Voir, pour la construction grammaticale, 2 Paralipomènes, 32, 23.
Cependant le peuple immolait encore sur les hauts lieux au Seigneur, son Dieu.
Le reste des actions de Manassé, la prière qu’il fit à son Dieu, et les remontrances qui lui furent faites par les prophètes qui lui parlaient de la part du Seigneur, le Dieu d’Israël, sont rapportées dans le livre des Rois d’Israël.
La prière aussi qu’il fit à Dieu, et la manière dont Dieu l’exauça, tous les crimes qu’il commit, et le mépris qu’il eut pour Dieu, les hauts lieux qu’il fit construire, les bois profanes qu’il planta, et les statues qu’il y érigea avant sa pénitence, sont écrits dans le livre d’Hozaï.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Parmi les paroles, etc. ; dans le livre du prophète Hozaï. Au lieu d’Hozaï, le grec porte des Voyants ; le terme hébreu vient, en effet, du verbe voir et représente dans la forme grammaticale le participe présent avec une des terminaisons plurielles.
Manassé s’endormit donc avec ses pères, et il fut enseveli dans sa maison ; son fils Amon régna au lieu de lui.
Amon avait vingt-deux ans quand il commenca à régner, et il régna deux ans dans Jerusalem.
Il fit le mal en la présence du Seigneur, comme Manassé, son père, et il sacrifia à toutes les idoles que Manassé avait fait faire, et il les adora.
Il ne respecta point le Seigneur, comme son père Manassé l’avait respecté ; mais il commit des crimes beaucoup plus grands.
Ses serviteurs conspirèrent contre lui, et le tuèrent dans sa maison.
Mais le reste du peuple ayant fait mourir tous ceux qui avaient tué Amon, établit roi Josias, son fils, au lieu de lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 4 Rois, 21, 1.