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2 Samuel 12
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Yahweh envoya Nathan vers David ; et Nathan vint à lui et lui dit : « Il y avait dans une ville deux hommes, l’un riche et l’autre pauvre.
Le riche avait des brebis et des bœufs en très grand nombre,
et le pauvre n’avait rien, si ce n’est une petite brebis qu’il avait achetée ; il l’élevait et elle grandissait chez lui avec ses enfants, mangeant de son pain, buvant de sa coupe et dormant sur son sein, et elle était pour lui comme une fille.
Une visite arriva chez l’homme riche ; et le riche s’abstint de prendre de ses brebis ou de ses bœufs, pour préparer un repas au voyageur qui était venu chez lui ; il prit la brebis du pauvre et l’apprêta pour l’homme qui était venu chez lui. »
La colère de David s’enflamma violemment contre cet homme, et il dit à Nathan : « Aussi vrai que Yahweh est vivant ! l’homme qui a fait cela mérite la mort ;
et il rendra quatre fois la brebis, pour avoir fait une pareille chose et pour avoir été sans pitié. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 22, 1.
Et Nathan dit à David : « Tu es cet homme-là ! Ainsi parle Yahweh, le Dieu d’Israël : Je t’ai oint pour roi sur Israël, et je t’ai délivré de la main de Saül ;
je t’ai donné la maison de ton maître, et j’ai mis sur ton sein les femmes de ton maître ; et je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda, et, si cela était trop peu, j’y aurais encore ajouté ceci ou cela.
Pourquoi as-tu méprisé la parole de Yahweh, en faisant ce qui est mal à ses yeux ? Tu as frappé par l’épée Urie le Héthéen ; tu as pris sa femme pour en faire ta femme, et tu l’as tué par l’épée des fils d’Ammon.
Et maintenant, l’épée ne s’éloignera jamais de ta maison, parce que tu m’as méprisé et que tu as pris la femme d’Urie le Héthéen, pour en faire ta femme.
Ainsi parle Yahweh : Voici que je vais faire lever, de ta maison même, le malheur sur toi, et je prendrai sous tes yeux tes femmes pour les donner à ton voisin, et il couchera avec tes femmes à la vue de ce soleil.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Rois, 16, 22.
Car toi, tu as agi en secret ; et moi, je ferai cela en présence de tout Israël et à la face du soleil. »
David dit à Nathan : « J’ai péché contre Yahweh. » Et Nathan dit à David : « Yahweh a pardonné ton péché, tu ne mourras point.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 47, 13. ― A transféré, éloigné, c’est-à-dire pardonné.
Mais, parce que tu as fait, par cette action, mépriser Yahweh par ses ennemis, le fils qui t’est né mourra. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mourra de mort ; hébraïsme, pour : mourra infailliblement, sans rémission ;
Et Nathan s’en alla dans sa maison. Yahweh frappa l’enfant que la femme d’Urie avait enfanté à David, et il devint gravement malade.
David pria Dieu pour l’enfant, et jeûna ; et, étant entré dans sa chambre, il passa la nuit couché par terre.
Les anciens de sa maison insistèrent auprès de lui pour le faire lever de terre ; mais il ne voulut point et ne mangea pas avec eux.
Le septième jour, l’enfant mourut. Les serviteurs de David craignaient de lui annoncer que l’enfant était mort, car ils disaient : « Lorsque l’enfant vivait encore, nous lui avons parlé, et il n’a pas écouté notre voix ; comment lui dirons-nous : L’enfant est mort ? Il fera pis encore. »
David s’aperçut que ses serviteurs parlaient tout bas entre eux, et David comprit que l’enfant était mort. David dit à ses serviteurs : « L’enfant est donc mort ? » Ils dirent : « Il est mort. »
Alors David, s’étant levé de terre, se baigna, s’oignit et changea de vêtements ; puis il alla dans la maison de Yahweh et se prosterna. Revenu chez lui, il demanda qu’on lui servît à manger, et il mangea.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Se lava, s’oignit, etc. C’était l’usage à la fin du deuil. David n’avait pas contracté d’impureté légale, parce qu’il n’était pas entré dans la chambre du mort, et qu’il n’avait pas assisté aux funérailles ; par conséquent il pouvait se rendre au tabernacle du Seigneur sans une purification proprement dite. ― Du pain ; hébraïsme, pour nourriture en général, aliments. ― Dans la maison du Seigneur, le Tabernacle.
Ses serviteurs lui dirent : « Qu’est-ce que tu fais là ? Lorsque l’enfant vivait, tu jeûnais et tu pleurais, et maintenant que l’enfant est mort, tu te lèves et tu manges du pain ! »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu’est-ce que vous avez fait ? Voir 2 Rois, 11, 15.
Il dit : « Quand l’enfant vivait encore, je jeûnais et je pleurais, car je disais : Qui sait ? Yahweh aura peut-être pitié de moi, et l’enfant vivra ?
Maintenant qu’il est mort, pourquoi jeûnerais-je ? Puis-je encore le faire revenir ? J’irai vers lui ; mais il ne reviendra pas vers moi. »
David consola Bethsabée, sa femme ; il s’approcha d’elle et coucha avec elle, et elle enfanta un fils, qu’il appela Salomon ; et Yahweh l’aima,
et il envoya dire par l’intermédiaire de Nathan, le prophète, qui lui donna le nom de Jedidiah, à cause de Yahweh.
Joab, qui assiégeait Rabba des fils d’Ammon, s’empara de la ville royale ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Paralipomènes, 20, 1. ― Rabbath-Ammon. Voir Deutéronome, 3, 11 et 2 Rois, 11, 1.
et Joab envoya des messagers à David pour lui dire : « J’ai assiégé Rabba et je me suis déjà emparé de la ville des eaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La ville des eaux, la partie basse de Rabbath-Ammon qui était sur le bord du Nahr-Amman.
Maintenant, rassemble le reste du peuple, viens camper contre la ville et prends-la, de peur que je ne prenne moi-même la ville, et qu’on ne l’appelle de mon nom. »
David rassembla tout le peuple et, ayant marché sur Rabba, il l’attaqua, et s’en rendit maître.
Il enleva la couronne de leur roi de dessus sa tête : son poids était d’un talent d’or ; et il y avait sur elle une pierre précieuse, et elle fut mise sur la tête de David. Et il emporta de la ville un très grand butin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pesant, etc. ; littéralement : talent d’or par le poids. Le mot talent est un appositif de diadème et par conséquent représente l’accusatif, comme complément du verbe ôta. Ce genre de construction n’est pas rare dans la Vulgate. Il est probable qu’il s’agit ici, non du talent hébraïque, mais du syriaque, qui avait cours à Rabbath, ou Rabba, capitale des Ammonites, et qui pesait tout au plus le quart du premier. On sait généralement d’ailleurs que chez les anciens le poids du talent était différent selon les divers pays où l’on s’en servait. Ainsi ce diadème qui fut mis sur la tête de David pendant la cérémonie de son sacre pouvait ne peser que 22 livres ; ce qui, certes, ne surpassait les forces de ce prince. Les savants ont fait d’autres hypothèses plus ou moins probables pour expliquer cette difficulté. ― L’une de ces hypothèses les plus vraisemblables, c’est que le diadème n’avait pas le poids matériel d’un talent, mais avait une valeur d’un talent, étant orné de pierres précieuses (environ 130 000 francs (en 1 900 ?)), le mot qui est traduit par poids dans la Vulgate signifiant aussi valeur.
Quant au peuple qui s’y trouvait, il l’en fit sortir et le mit aux scies, aux pics de fer et aux haches de fer, et il les fit passer au moule à briques ; il traita de même toutes les villes des fils d’Ammon. Puis David retourna à Jérusalem avec tout le peuple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le moule des briques ; c’est-à-dire, selon la plupart des interprètes, dans des fours à briques.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C’est un fils de mort. Voir 1 Rois, 20, 31.