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1 Samuel 22

DAVID sortit donc ainsi de Geth, et se retira dans la caverne d’Odollam. Ses frères et toute la maison de son père l’ayant appris, vinrent l’y trouver.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Odollam, probablement aujourd’hui Aid-el-ma. Près des ruines de l’ancienne cité, il y a une caverne suffisamment grande pour que David y ait habité.

Et tous ceux qui avaient de méchantes affaires, et ceux qui étaient accablés de dettes ou mécontents, s’assemblèrent auprès de lui. Il devint leur chef, et il se trouva avec lui environ quatre cents hommes.

Il s’en alla de là à Maspha, qui est au pays de Moab ; et il dit au roi de Moab : Je vous prie de permettre que mon père et ma mère demeurent avec vous, jusqu’à ce que je sache ce que Dieu ordonnera de moi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Maspha en Moab, site inconnu.

Il les laissa auprès du roi de Moab, et ils y demeurèrent tout le temps que David fut dans cette forteresse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans la forteresse de Maspha de Moab, selon les uns, d’Odollam, selon les autres.

Ensuite le prophète Gad dit à David : Ne demeurez point dans ce fort ; sortez-en, et allez en la terre de Juda. David partit donc de ce lieu-là, et vint dans le bois de Haret.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Haret, inconnu.

Saül aussitôt fut averti que David avait paru avec les gens qui l’accompagnaient. Pendant que Saül demeurait à Gabaa, un jour qu’il était dans un bois près de Rama, ayant une lance à la main, et étant environné de tous ses officiers,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gabaa, Tell el-Foul. Voir 1 Rois, 11, 4.

il dit à tous ceux qui étaient auprès de lui : Ecoutez-moi, enfants de Benjamin : Le fils d’Isaï vous donnera-t-il à tous des champs et des vignes, et vous fera-t-il tous tribuns et centeniers,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Enfants de Jémini ; c’est-à-dire Benjamites. ― Tribuns et centurions. Voir Exode, 18, 21.

pour que vous ayez tous conjuré contre moi, sans qu’il y ait personne qui me donne aucun avis de ce que fait David ; jusque-là même que mon fils s’est lié d’une étroite amitié avec le fils d’Isaï ? Il n’y en a pas un d’entre vous qui soit touché de mon malheur, ni qui m’avertisse de ce qui se passe ; à cause que mon propre fils a soulevé contre moi l’un de mes serviteurs, qui ne cesse jusqu’aujourd’hui de me tendre des pièges pour me perdre.

Doëg, Iduméen, qui était alors présent, et le premier d’entre les officiers de Saül, lui repondit : J’ai vu le fils d’Isaï à Nobé, chez le grand prêtre Achimélech, fils d’Achitob,

qui a consulté le Seigneur pour lui, qui lui a donné des vivres, et l’épée même de Goliath le Philistin.

Le roi envoya donc quérir le grand prêtre Achimélech, fils d’Achitob, avec tous les prêtres de la maison de son père, qui étaient à Nobé ; et ils vinrent tous trouver le roi.

Saül dit alors à Achimélech : Ecoutez, fils d’Achitob. Achimélech lui répondit : Que vous plaît-il, seigneur ?

Saül ajouta : Pourquoi avez-vous conjuré contre moi, vous et le fils d’Isaï ? Pourquoi lui avez-vous donné des pains et une épée ? et pourquoi avez-vous consulté Dieu pour lui, afin qu’il s’élevât contre moi, lui qui ne cesse point jusqu’aujourd’hui de chercher des moyens pour me perdre ?

Achimélech répondit au roi : Y a-t-il ; quelqu’un entre tous vos serviteurs qui vous soit aussi fidèle que David, lui qui est le gendre du roi, qui marche pour exécuter vos ordres, et qui a tant d’autorité dans votre maison ?

Est-ce d’aujourd’hui que j’ai commencé à consulter le Seigneur pour lui ? J’étais bien éloigné de prétendre rien faire en cela contre votre service ; et je prie le roi de ne pas concevoir un soupçon si désavantageux ni de moi, ni de toute la maison de mon père : car pour ce qui est de ce que vous dites présentement contre David, votre serviteur n’en a su quoi que ce soit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que le roi, etc. ; littéralement : Que le roi ne soupçonne point contre son serviteur une pareille chose, dans toute la maison de mon père.

Le roi lui dit : Vous mourrez présentement, Achimélech, vous et toute la maison de votre père.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tu mourras de mort ; hébraïsme, pour tu mourras infailliblement.

Et il dit ensuite aux gardes qui l’environnaient : Tournez vos armes contre les prêtres du Seigneur, et tuez-les : car ils sont d’intelligence avec David. Ils savaient bien qu’il s’enfuyait, et ils ne m’en ont point donné avis. Mais les officiers du roi ne voulurent point porter leurs mains sur les prêtres du Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gardes ; littéralement, émissaires ; c’est-à-dire ceux qui faisaient la fonction de messagers ou de coureurs. ― Leur main est avec David ; c’est-à-dire ils donnent la main à David ; ils l’aident, ils favorisent ses vues.

Alors le roi dit a Doëg : Vous, Doëg, allez et jetez-vous sur ces prêtres. Doeg, Iduméen, se tournant contre les prêtres, se jeta sur eux, et tua en ce jour-là quatre-vingt-cinq hommes qui portaient l’éphod de lin.

Il alla ensuite à Nobé, qui était la ville des prêtres, et il fit passer au fil de l’épée les hommes et les femmes, sans épargner les petits enfants, ni ceux mêmes qui étaient à la mamelle, ni les bœufs, ni les ânes, ni les brebis.

L’un des fils d’Achimélech, fils d’Achitoh, qui s’appelait Abiathar, s’étant échappé de ce carnage, s’enfuit vers David,

et vint lui dire que Saül avait tué les prêtres du Seigneur.

David répondit à Abiathar : Je savais bien que Doëg l’Iduméen s’étant trouvé là lorsque j’y étais, ne manquerait pas d’avertir Saül. Je suis cause de la mort de toute la maison de votre père.

Demeurez avec moi, et ne craignez rien. Il faudra entreprendre sur ma vie, pour entreprendre sur la vôtre ; et si je suis en sûreté, vous y serez aussi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cherche mon âme. Voir 1 Rois, 20, 1.