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1 Samuel 19

OR Saül parla à Jonathas, son fils, et à tous ses officiers pour les porter à tuer David ; mais Jonathas, son fils, qui aimait extrêmement David,

vint lui en donner avis, et lui dit : Saül, mon père, cherche le moyen de vous tuer : c’est pourquoi tenez-vous sur vos gardes, je vous prie, demain matin : retirez-vous en un lieu secret, où vous vous tiendrez caché.

Et pour moi, je sortirai avec mon père, et je me tiendrai auprès de lui dans le champ où vous serez. Je parlerai de vous à mon père, et je viendrai vous dire tout ce que j’aurai pu apprendre.

Jonathas parla donc favorablement de David à Saül, son père, et lui dit : Seigneur roi, ne faites point de mal à David, votre serviteur, parce qu’il ne vous en a point fait, et qu’il vous a rendu au contraire des services très-importants.

Il a exposé sa vie à un extrême péril ; il a tué le Philistin, et le Seigneur a sauvé tout Israël d’une manière pleine de merveilles. Vous l’avez vu, et vous en avez eu de la joie. Pourquoi donc voulez-vous maintenant faire une faute en répandant le sang innocent, et en tuant David qui n’est point coupable ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il a mis son âme en sa main ; c’est-à-dire, il a exposé sa vie aux plus grands dangers.

Saül ayant entendu ce discours de Jonathas, fut apaisé par ses raisons, et fit cette protestation : Vive le Seigneur, je vous promets qu’il ne mourra point !

Jonathas ensuite fit venir David, lui rapporta tout ce qui s’était passé, le présenta de nouveau à Saül ; et David demeura auprès de Saül, comme il y avait été auparavant.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Hier et avant-hier ; hébraïsme, pour auparavant.

La guerre ensuite recommença, et David marcha contre les Philistins, les combattit, en tailla en pièces un grand nombre, et mit le reste en fuite.

Alors le malin esprit envoyé par le Seigneur se saisit encore de Saül : il était assis dans sa maison une lance à la main. Et comme David jouait de la harpe,

Saül tâcha de le percer de sa lance d’outre en outre avec la muraille ; mais David qui s’en aperçut, se détourna, et la lance, sans l’avoir blessé, donna dans la muraille. Il s’enfuit aussitôt, et se sauva ainsi pour cette nuit-là.

Saül envoya donc ses gardes en la maison de David pour s’assurer de lui, et le tuer le lendemain dès le matin. Michol, femme de David, lui rapporta tout ceci, et lui dit : Si vous ne vous sauvez cette nuit, vous êtes mort demain au matin.

Elle le descendit aussitôt en bas par une fenêtre. David s’échappa, s’enfuit et se sauva.

Michol ensuite prit une statue qu’elle coucha sur le lit de David. Elle lui mit autour de la tête une peau de chèvre avec le poil, et sur le corps la couverture du lit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

On ne sait ce qu’était cette statue. L’hébreu porte les théraphim, mot qui désigne ordinairement des idoles ; dans tous les cas, il doit être pris ici au singulier. Deux savants rabbins, Abarbanel et Abendana, prétendent qu’anciennement les femmes avaient dans leur appartement des représentations à la ressemblance de leurs maris, afin de les avoir en quelque sorte toujours présents.

Saül envoya dès le matin des archers pour prendre David, et on leur dit qu’il était malade.

Il envoya encore d’autres gens avec ordre de le voir, et il leur dit : Apportez-le-moi dans son lit, afin qu’il meure.

Ces gens étant venus, on ne trouva sur le lit qu’une statue, qui avait la tête couverte d’une peau de chèvre.

Alors Saül dit à Michol : Pourquoi m’avez-vous trompé de la sorte, et pourquoi avez-vous laissé échapper mon ennemi ? Michol répondit à Saül : C’est qu’il m’a dit : Laissez-moi aller, ou je vous tuerai.

C’est ainsi que David s’enfuit, et se sauva ; et étant venu trouver Samuel à Ramatha, il lui rapporta la manière dont Saül l’avait traité, et ils s’en allèrent ensemble à Naïoth, où ils demeurèrent quelque temps.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ramatha, Ramathaïm-Sophim, voir 1 Rois, 1, 1. ― Naïoth signifie habitations et désigne les écoles de prophètes qui avaient été fondées par Samuel.

Quelques gens vinrent en donner avis à Saül, et lui dirent : David est à Naïoth auprès de Ramatha.

Saül donc envoya des archers pour prendre David : mais les archers ayant vu une troupe de prophètes qui prophétisaient, et Samuel qui présidait parmi eux, ils furent saisis eux-mêmes de l’Esprit du Seigneur, et ils commencèrent à prophétiser comme les autres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Prophétiser, prendre part aux exercices des écoles de prophètes et probablement surtout aux prières et aux louanges en l’honneur de Dieu.

Saül en ayant été averti, envoya d’autres gens, qui prophétisèrent aussi comme les premiers. Il en envoya pour la troisième fois, et ils prophétisèrent encore. Et alors entrant dans une grande colère,

il s’en alla lui-même à Ramatha, s’avança jusqu’à la grande citerne qui est à Socho, et demanda en quel lieu étaient Samuel et David ; on lui répondit : Ils sont à Naïoth de Ramatha.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Socho, lieu inconnu.

Aussitôt il s’y en alla, et fut saisi lui-même de l’Esprit du Seigneur ; et il prophétisait durant tout le chemin, jusqu’à ce qu’il fût arrivé à Naïoth près de Ramatha.

Il se dépouilla aussi lui-même de ses habits ; prophétisa avec les autres devant Samuel, et demeura nu par terre tout le jour et toute la nuit : ce qui donna lieu à ce proverbe : Saül est-il donc aussi devenu prophète ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 10, 12. ― Nu ; c’est-à-dire dépouillé de ses vêtements de dessus.